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Revue de l'Orient chr etien
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REVUE
DE
L'ORIENT CHRETIEN
DIRIGEE
Par R. GRAFFIN et F. NAU
r>£;xjxiEM:jE série Tome X (XX)
20^ volume. — 1915-1917
RÉSUMÉ DE MONOGRAPHIES SYRIAQUES :
Barsau.ma, Abraham de la Haute Montagne, Siméon de Kefar 'Abdin, Yaret l'alflxandrin, Jacques le reclus, Romanus, Tall\, Asia, Pantaléon, Candida, Sergis et Abraham de Cascar.
{Fin) (1)
V. — Histoire de Jacques le reclus (2).
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(1) Voyez ROC, 1913, p. 270, 379; 1911, p. 113, 278, 114.
(•2) Manuscrit du British Muséum, Add. 12174, foL411% écrit en li;>7.
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Ensuite, histoire des belles actions de saint Mar Jacques, moine soli- taire, égyptien et reclus {\).
Puisque nous nous sommes adonnés à écrire de nombreux discours, avec le secours des saints et l'appui de la grâce de Notre-Seigneur Jésus- Christ... Après la mort de Constantin, empereur fidèle, fils de Constantin, empereur fidèle et victorieux, et le décès de Mar Eusèbe de Césarée, chef des évèques, et de tous les évéques qui étaient avec lui; alors régna Ju- lien, l'ennemi de la vérité.
Il y avait à la porte d'Alexandrie la Grande un petit monastère où il y avait cinq moines solitaires; le premier était le bienheureux Jacques, pifis Marc, Elisée, Joseph et Isaïe.
Quand ils apprennent les mesures prises par Julien contre les chrétiens, ils songent à s'enfuir. Ils consultent le Seigneur et un ange leur dit d'aller au désert.
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Il y avait une voie désertique qui conduisait d'Alexandrie à Mârià, le chemin était d'environ cinq jours. Au milieu de ce désert, il y avait une tour construite par un moine nommé Gabriel, dont la hauteur dépassait trente coudées, et il l'avait nommée « la tour des reclus ». La porte était au milieu et, lorsqu'un homme voulait y monter, (Gabriel) lui jetait une
(1) Cf. P. 0., X, 80, 112, 131 (au 18 septembre).
RESUME DE MONOGRAPHIES SYRIAQUES. 5
éclielle et l'introduisait ainsi. Comme des caravanes passaient par cette route déserte et qu'il n'y avait pas d'eau, elles creusèrent trois puits aux environs de cette tour pour abreuver les hommes et les troupeaux. Lors- que les bienheureux eurent quitté leur monastère et marché durant trois jours et trois nuits dans cette solitude, ils arrivèrent près de la tour et s'assirent.
Gabriel leur jette réchelle et les fait monter près de lui. 11 leur montre le tombeau qu'il s'est creusé et leur dit qu'ils sont envoyés pour l'enterrer. Il meurt. Ils re.stent là trois ans, ils boivent l'eau du puits et le lait des animaux sauvages qui venaient boire sans se nuire entre eux. Il passait aussi des caravanes (i»--,^), mais ils n'en acceptaient que ce qui servait aux saints mystères.
Un jour ils ont le désir de voir un saint homme d'Alexandrie nommé Moyse (|j»a^), et aussitôt Satan prend la l'orme de Moyse et vient les trouver. Il leur dit :
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Si vous étiez vraiment des moines, vous ne me demanderiez pas ainsi, parce que les œuvres du moine le font voler en un instant d'une extré- mité à l'autre de la terre. Maintenant, si vous êtes des moines, levez-vous pour aller où vous voulez.
Satan s'informe de ce qu'ils font, leur apprend quels psau- mes ils doivent réciter, et ils l'écoutent dans l'espoir d'arriver aussi à pouvoir voler. Jacques s'aperçoit qu'ils ont eu affaire au tentateur et il le dit aux frères. Satan vient et dit qu'il va leur montrer tout ce qu'il y a de beau au monde : « Voici que je vous amène Mar Cosme (i.^û^cLi>) patriarche d'Egypte, et tout son concile (^oj-^cm») avec lui » (I).
(l) Des idées analogues avaient cours chez les moines euchites d'Édesse, voir Pliiloxène, lettre à Patricius, éditée et traduite par Ms' Rahmani, Studia syriaca, IV, 1908 et 1909. Cette lettre a été traduite en grec et éditée parmi les œuvres d'Isaac doNinive, Leipzig, 1770, p. 540. — Le premier patriarche égyptien
6 REVUE DE L ORIENT CHRETIEN.
Et il commença à faire passer une illusion devant eux et ils virent le désert et les patriaréhes et les évoques revêtus de leurs habits avec leurs ornements et leurs mitres, devant des tables chargées de tous les mets délicats de l'univers, et des disciples et un peuple nombreux les servaient.
Le patriarche prend la parole. Ils font'un signe de croix et tout disparaît. D'autres visions suivent : un roi et sa cour, des animaux effrayants; des femmes; des mets; des fleuves; des arbres; la mer; des poissons; des chars; des animaux mons- trueux ; les hommes repoussants qu'Alexandre a vaincus dans le nord. Jacques ramène les moines à leurs anciennes pratiques de prière et ils sont deux ans sans revoir le démon. Un ange or- donne alors à Jacques d'aller à Amid. Il quitte ses compagnons et part. Il marche sur la mer et voit un navire, il y entre et demande aux matelots où ils vont. Ils lui répondent qu'ils vont à Tarse (-tcoix.^,) et un vent violent les porte aussitôt dans cette ville. Il y avait là un jeune homme jeté hors de la ville parce qu'il souffrait d'un ulcère fétide; Jacques le guérit. Le jeune homme se nommait Antoine (vq-^j/), il se joint à lui.
Quand ils arrivent à Amid, le chef U'^^Ji) de cette ville, un romain nommé Anthime (^Q^^to/), qui était parent (©vt*-/) de l'empereur fidèle Théodose, avait un fils possédé du démon qui errait dans les villages et les montagnes. Jacques et Antoine le rencontrent, le guérissent et le conduisent à Amid. Anthime les reçoit; ils font de nombreux prodiges.
du nom de Cosme semble avoir vécu vers 727, cf. Fabricius, Bibl. graeca, t. IX, p. 499, ce qui donne un terminus a quo pour la rédaction de la présente histoire.
RÉSUMÉ DE MONOGRAPHIES SYRIAQUES. 7
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Après que l'empereur Constantin, fils de Constantin le Grand, eut bâti Amid, il l'aima plus que toutes les villes de son empire et lui soumit de nombreux pays depuis Ris 'aïnâ jusqu'à Nisibe et aussi le pays de Mayfer- qat et d'Arzoun et jusqu'aux confins de Qardou. Parce que ces pays étaient à la frontière persane, des voleurs perses faisaient constamment irruption dans ces contrées et les ravageaient. Le Tour 'Abdin était au milieu de ces pays et (l'empereur) y fit deux grands châteaux pour pro- téger ces pays contre les voleurs perses: il bâtit l'un d'eux à la frontière du Beit 'Arbaïé, au sommet de la montagne, et l'autre sur le Tigre, et il le nomma château de la Pierre (Hesn-Kîfà), et il en fit le chef-lieu du pays d'Arzoun. Il y avait à Amid même un archimandrite d'Arzoun, nommé Barsabbà et il avait un monastère nomme Sourgin, où se trouvaient vingt disciples.
Barsabbà demande à Anthime de persuader à Jacques d'aller à son monastère.
Rufus (^asoj), frère d'Anthime, était chef (v<"5/) du château deKîfà (i^hj y^-'^] et le monastère n'était pas loin de ce château;
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ils se préparent à y aller, sont bénis par les prêtres et par Mar Sergis (>.m.s^-^) métropolitain d'Amicl. Ils partent et arrivent à riiôtellerie qui est appelée Qen 'Ourba (io<» i^otoo. iid^ t...^ a^uLio© i^îoi. ^) où un enfant nomme Halà (>i-) demande à être son dis- ciple. Antoine meurt en route, on Tenlerre et on bâtit « un tombeau, c'est-à-dire un temple (nommé) de Mar Antoine [ys^i] jusqu'aujourd'hui ».
Ils arrivent « à un village nommé Agoursâ {)^i<^i), peu éloigné du monastère » de Barsabbâ; un fidèle nommé Habib (ou.^) les reçoit chez lui. Il avait un fils, nommé Daniel, qui était paralytique depuis sa naissance. Jacques le guérit et Daniel les accompagne.
Rufus (^«cLsoî), chef (v«"'/) de cette place, et févêque Benjamin (v»v>.i-.) vinrent demander à être bénis. Cela dura deux mois.
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RKSUME DE MONOGRAPHIES SYRIAQUES. 9
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Et voilà que Samîr, général du roi des Perses, se mit en mouvement de Torient pour monter en ces pays. Sa renommée se répandit par tout le pays des Romains, et les chefs de ces pays s'éloignèrent et entrèrent dans les châteaux forts. Quant à Daniel et Halâ, disciples du bienheureux Jacques, leur mère les prit et ils descendirent avec elle au château fort... Lorsque le général Samîr monta, il assiégea ce château fort, et (ses troupes) se répandirent par tout le pays. Il y avait en dessous un village nommé Sillouh près duquel était un oratoire des mages, bâti depuis les anciens temps à Héraclès dieu des Perses. Il y avait dans cette maison grande illusion causée par le diable, et chaque fois que les Perses mon- taient en ce pays, ils venaient y faire une fête et ils y offraient des sacrifices à Héraclès leur dieu. Samîr aussi, lorsqu'il assiégea le château fort durant de nombreux jours, monta, selon la coutume, pour faire une fcte et offrir des sacrifices dans cette maison. Quand il y arriva, il planta sa tente — il conduisait avec lui dix bœufs gras pour le sacrifice — et, comme ses troupes s'étaient répandues par tout le pays, il y en eut qui montèrent à ce monastère (de Barsabbà).
Les bienheureux décident en tin de rester et de s'en remettre à Dieu. On arrête Barsabbà avec dix disciples, et Samir lui de- mande pourquoi il trompe les enfants par ses opérations magi- ques, il le somme de sacrifier à Héraclès (1) dieu des Perses. Un serviteur de Samîr voit un ange qui vient couronner les ( lisciples à mesure qu'on les met à mort, il se joint à eux et meurt aussi. Lorsque les disciples ont été mis à mort, on ne retrouve plus le corps du serviteur de Samir. Celui-ci ordonne donc de brûler les corps, mais un orage de pluie et de grêle noie et tue tous les Perses. Les gens du pays sortent de la place forte et ramassent un grand butin; depuis ce jour la troupe {i=°^ des Perses ne revint plus dans cette région.
Jacques ne voulut pas quitter le pays. On lui fit un monas- tère qui est appelé monastère du reclus (1-^^-=-! i^-») jusqu'au- jourd'hui, non parce qu'il s'enferma là, mais parce qu'il sortit, de cette habitation (k!^'<"), des reclus.
(1) Écrit aussi .m,.\f>j^/.
10 REVUE DE l/ORIENT CHRÉTIEN.
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Il y a, par le monde, beaucoup de monastères qui sont nommés « monastères des reclus » parce qu'ils sont sortis de cette habitation, et partout où il y a un monastère nommé < du reclus », ils sont sortis de cette habitation.
Il y demeure avec Halà et Daniel et sa renommée se répand en Arménie et en Syrie, il fait de sa maison une hôtellerie pour les voyageurs. Il fait bâtir un petit temple à l'endroit où Bar- sabbâ et ses disciples avaient été couronnés et on rappelle jus- qu'aujourd'hui le temple du saint archimandrite Mar Barsabbâ et de ses onze disciples. Ils avaient été mis à mort le 18 du mois d'Ab (août) (1).
Le bienheureux reclus demeurait dans sa cellule et on l'y servait.
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La renommée du saint parvint à Etienne, roi des Arméniens, et il lui envoya un de ses serviteurs pour lui demander de prier pour lui.
Une peste (ii-ai.pt; po,;a3) tombe sur le pays, on recourt au saint. Il donne à Daniel un encensoir et de l'encens. Il prend de la poussière et la jette vers le ciel et dit à ses visiteurs : « Allez en paix, il sera fait selon votre foi. » Ils retournent chez eux et apprennent que la peste a cessé.
Il y avait dans le village voisin un soldat romain (i-iooî i-^s),
(1) C'est sans doute « Sabas et ses disciples •> mentionnés au 18 août dans le martyrologe de Rabban Sliba, Anal. BolL, t. XXYII (1908), p. 192. Cependant notre calendrier XII distingue Sabas et onze mille avec lui au 16 août de Mar Barsabbâ et ses onze disciples au 28 août (lire sans doute 18), Palrul. Or., t. X, p. 131. Ailleurs (iind., p, 7.5) on trouve au 10 avril « Mar Barhadbesabba et ses onze disciples » rapproché de Mar Saba (ou Goustazad) martyr perse au 13 avril. Il s'est encore produit une confusion entre Barsabbâ et Jacques, cf. Anal. BolL, loc. cit., p. 193 (au 18 sept.). Nous verrons plus loin qu'au 20 sept, est mort (sans être martyr) Jacques le reclus.
RÉSUMi:; DE MONOGRAPHIES SYRIAQUES. 11
nommé Gousan (^<h.^ qui était très riche et n'avait qu'une fille unique. Celle-ci s'éprend de Halà et lui demande de la prendre pour femme. Il résiste ;\ toutes ses instances. Elle a commerce avec un serviteur de son père, elle conçoit un fils qu'elle cherche à faire périr, mais elle n'y réussit pas. Elle l'enfante et dit qu'il est de Halà. Le père emmène ses serviteurs pour mettre à mort les solitaires. Tout le monde se réunit, y compris le chef (v<"5/) Rufus (^aso;) et l'évêque Benjamin. Jac- ques prend l'enfant et l'adjure de parler. Celui-ci dit à son grand- père : « Ta fille a dormi avec Décius (^cl^o.) ton serviteur et c'est de lui que je suis. » L'enfant révèle encore l'endroit où se trouve caché l'argent que la fille a volé et donné à Décius.
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Le chef Rufus ordonna d'amener la jeune fille et Décius et il les fit jeter dans une citerne vide qui était au-dessus du monastère et on les la- pida avec de grosses pierres et on la nomme « citerne de Décius » jus- qu'aujourd'hui. On chassa Gousan du village et il descendit dans la plaine qui est au nord et il y construisit un village et il y demeura.
La renommée de .Jacques se répandit partout. I.Ialà fit vœu de ne plus jamais parler à une femme. Il quitta son maître et bâtit un monastère qu'on nomme jusqu'aujourd'hui monastère de Mar Halà. Après avoir été reclus pendant trente-deux ans, Jacques tomba malade. Il fit ses recommandations à Daniel, puis « sortit et s'assit sur la porte de sa cellule selon sa coutume d-e chaque jour »; il adressa la parole à la foule qui s'était réunie; il demanda à Dieu de bénir quiconque prierait, veillerait et prendrait une bénédiction de ses os (--iû-^ ^ icoîo^). Il mourut le 20 Elul (septembre) l'an 732 d'Alexandre (121).
On le veille trois jours et trois nuits et on l'enterre dans le
12 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
temple. 11 opère des prodiges, on apporte des présents et Daniel en profite pour embellir le monastère.
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Lorsque le bienheureux Daniel vit que les dons et les présents étaient nombreux, il commença à orner le monastère, il y fit de nombreuses cons- tructions et lui acquit de nombreux biens : des serviteurs, des servantes, des bêtes de soifime, des ânes, des brebis, des bœufs innombrables. Il y mit avant sa mort cent frères pour porter les fardeaux ; il y planta de nombreuses vignes, et le monastère s'enrichit beaucoup et sa renommée se répandit; il acquit de nombreux villages, et beaucoup de prodiges eurent lieu par les mains de saint Mar Daniel.
... Que Dieu, par les prières et les supplications de tous les saints, fasse régner la paix et le salut par tout le monde ainsi que dans les égli- ses et dans ses saints monastères. Que cela ait lieu en perfection, par les prières de tous les saints. Amen...
Fin de Vhistoire de saint Mar Jacques le reclus. Que sa prière soit avec nous. Amen.
RÉSUME DE MONOGRAPHIES SYRIAQUES. 13
VI. — Histoire de Romanus et de l'enfant
QUI FUT martyrisé AVEC LUI (1).
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Ensuite histoire — c'est-à-dire martyre — de saint Mar Bomanux V illustre, et de V enfant qui fut martyrisé avec lui. Aux jours de l'empereur Dioclétien et de son gendre Maximien, l'épar-
(1) Add. ms. 12174, énorme manuscrit écrit en 1197, au monastère de 15ar- sauma près de Mélitène, sous la direction de Michel le Syrien, toi. 299'. — Romanus figure au 18 novembre dans la plupart des calendriei's syriens, cf. P. 0., X, p. 148, au mot Romanus. — Il figure aussi à cette date dans le marty- rologe romain.
14 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
que (gouverneur d'Antioche) se nommait Asclépiade et voulait entrer à l'église et persécuter les chrétiens. Le bienheureux Romanus commença par faire des recommandations aux fils de l'église et aux sous-diacres qui se tenaient aux portes, et il leur dit : «Levons-nous et soyons fermes comme des hommes courageux, et ne permettons par que l'éparque Asclé- piade entre à l'église. » Lorsque l'éparque Asclépiade l'apprit, il commanda aussitôt d'amener Romanus devant lui ; il s'assit sur son tribunal et il fit comparaître Romanus. La cohorte dit : « Voici Romanus. » L'éparque Asclé- piade dit à Romanus : « Mauvais coupable, quelle était ta mauvaise pensée quand tu as donné ces ordres à l'église? » Romanus dit : «Une convient pas que tu entres dans l'église du Christ, non parce que le temple du Sei- gneur serait souillé, mais de crainte que, dans ton audace, tu ne tentes de faire quelque chose d'inconvenant dans le temple du Seigneur. »
Ils discutent longuement, puis Romanus dit de faire venir un enfant et de lui demander quelle est la vérité ; il fera ce que l'enfant dira. On amène un enfant pris sur la place publique.
L'enfant dit qu'il faut adorer Celui qui a créé le ciel et la terre par le moyen de son fils unique. Sa mère, qui était chré- tienne, le lui avait appris. On torture l'enfant ainsi que Roma- nus, on les mène en prison et le juge ordonne d'allumer un feu pour brûler Romanus, mais la pluie éteint le feu.
On tue l'enfant, on fait venir de force le médecin Ariston (^Q^^jj) pour couper la langue de Romanus; celui-ci n'en con- tinue pas moins à parler. Le juge reproche à Ariston de n'avoir pas coupé la langue à l'intérieur. Le médecin répond qu'il l'a fait et qu'un homme ordinaire serait déjà mort. Il le montre en coupant de la même manière la langue d'un porc (i^^^-) qui meurt aussitôt. Le juge annonce tout cela à Maximien qui ordonne d'étrangler Romanus en prison ; ce qu'on fait.
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Desinit : Le couronnement du bienheureux Romanus eut lieu le 18 du second Tichri (novembre) ; des hommes justes l'enterrèrent en secret. Que sa prière soit avec nous. Amen.
RKSUMÉ DE MONOGRAPHIES SYRIAQUES. 15
Fin de Vhistoive de saint Mar Romaniis. Que sa prière nous soit un mur dans les deux mondes.
■ VIL — Histoire de Mar Talia (1).
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Ensuite, histoire du saint aux belles actions : Mar Taliâ. Que sa prière soit avec nous.
Incipit : Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, une nature, une essence, un vrai Dieu non créé et non fait
En l'an 732 (421) dans la ville de Cyr, au pays de Syrie (Scham) où régna le roi David, il y avait un homme nommé Sabelliâ ; sa femme se nommait Schafirâ (belle), et tous deux craignaient Dieu.
Ils n'avaient pas d'enfant et en demandaient un au temple du martyr Mar Talil (^^O-
Après cinquante-deux ans, ils ont un fils et une révélation leur apprend qu'à l'âge de deux ans il tuera les rois impies et détruira leurs idoles. On le nomme Talià, et les parents racon- tent cette vision.
Le bruit en arriva au gouverneur Alexandre, qui arrêta Talicâ et ses pa- rents, et les conduisit à la ville de Djebel (Byblos) qui est sur le rivage de la mer.
On emprisonne les parents et on mène l'enfant devant le
(1) Ms. add. 1217-1, écrit en 1197, loi. 420 à 430. Talià signifie « enfant -'.
16 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
juge; aussitôt soixante idoles, qui étaient clans un grand temple, tombent. Le juge et l'enfant dialoguent. On jette Taliâ dans une fournaise et aussitôt la fournaise et la maison sont remplis d'eau. Le juge lui dit : « Tu es un magicien ! » Taliâ fait semblant de vouloir sacrifier aux dieux ; on l'annonce par- tout, on se réunit, et Taliâ fait tomber les idoles et elles se •réduisent en poudre. Le juge l'envoie en prison et fait lapider ses parents. Les portes de la prison s'ouvrent et Taliâ en sort pour aller braver le juge jusque dans sa chambre à coucher. On constate que les portes n'ont pas été ouvertes et le juge ordonne de scier Taliâ en trois morceaux. On le jette en dehors de la ville. Des pêcheurs le trouvent et disent : «N'est-ce pas celui-là que le juge a fait scier aujourd'hui? » Ils se convertis- sent; ils se nommaient Lîqôs (^otla) et Malîs {-^a^^). On les conduit au juge. Dès leur entrée, le juge est aveuglé. On va chercher des médecins à Tarse {-^o^-ri) et à Antioche {^^a.w^J/), qui ne peuvent le guérir.
On torture encore Taliâ en vain. On coupe la tête des deux pêcheurs et on jette leurs corps dans la mer le 7 du mois de Ab. On prépare de nouvelles tortures pour Taliâ; il prédit que tous les pays qui l'honoreront seront bénis par Dieu. On lui donne six coups d'épée du côté droit et six du côté gauche. Il meurt, et on jette ses os hors de la ville ; mais un fidèle nommé Hakimà (i-v^.-.-.) les porte chez lui, dans la ville nommée Rômaniâ (j-^jl^oo;); il bâtit un, temple en l'honneur du saint. Taliâ fut couronné le 8 ab; ses os sont conservés jusqu'aujourd'hui dans la ville de Remania.
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Fin de r/iistoire de saint Mar Taliâ, martyr illustre, et de ce qu'on peut écrire de ses souffrances.
Que, par ses prières, quiconque lira ce livre trouve miséri- corde. Amen.
RÉSUMÉ DE MONOGRAPHIES SYRIAQUES. 17
VIII. — Histoire de Mar Asia (I). yà* ^\ .j^QJL^o .)'f..«.^CL^ |^f>«i.,.yi^o ).iL^t°^; jK^^iii ooi
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Ensuite, histoire du saint, du solitaire parfait et ascète revêtu de Dieu, Mar Asia. Que sa prière soit avec nous. Seigneur, bénis(-nous).
Incipit : Mes frères, venez louanger le maître des louanges, celui qui a créé le monde dans sa Providence
Mar Asia était d'illustre famille. Ses parents habitaient la grande ville d'Elipidia. Il était renommé près de l'empereur Théodose, l'empereur
fidèle et grand et craignant Dieu Son père se nommait Panthèros et
.sa mère Gorgonia; et ils étaient justes devant Dieu.
Ils n'avaient pas d'enfant; ils ont enfin l'idée d'aller « prier au saint temple (n^oi) de Mar Jean-Baptiste ». Ils s'y rendent avec des dons et des présents, sont bien reçus par « le saint qui faisait le service dans ce temple » et adressent de longues prières à saint Jean-Baptiste, pendant trois jours, puis ils retournent à leur ville. Ils ont un fils et veulent le porter à
(1) Ms. du British Muséum, add. 1-2174, écrit en 1197, fol. 78'. — Ce nom signifie • médecin ». — Cf. P. 0., X, p. 53, 64, 93, 108, 128 (au 15 octobrej. Sa légende a des traits de celle de saint Alexis et de saint Paul de Thèbes, En tout cas, il est inexact qu'Asia soit Pantaléon (Pantaléémon) comme le porte un texte sjriaque, ib'uL, p. 64, note 21. Nous le montrerons en résumant i)lus loin la légende de Pantaléon. La légende d'Asia (le médecin) est de tournure syrienne; celle de Pantaléon est grecque.
ORIENT CiinÉTIEN. 2 *
18 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
nouveau au temple de saint Jean-Baptiste pour lui donner le signe du baptême et le sceau du |xjpov. Un anacliorète du mont Si naï, nommé Marc, reçoit l'ordre, par révélation, d'aller lui donner la paix et de le nommer Asia, parce qu'il fera beaucoup de guérisons. Il s'instruit. Quand il a quinze ans, on lui choisit pour femme, suivant l'ordre de l'Église, la fille d'un éparque; elle se nommait Oronia (i-«o5;). Le Saint-Esprit se révèle alors à lui sous forme de feu ardent, et il quitte la maison de ses pa- rents, vêtu de soie, ceint d'une ceinture d'or ornée de pierres précieuses. Il descend au rivage de la mer et demande à la traver-ser. A la vue de son costume, le nautonier (iva.^) le prend pour un fils de roi. Il donne son vêtement pour prix du passage. Ils vont vers Jérusalem. Ses parents viennent le réclamer, mais le nautonier, comme il en a reçu l'ordre, dit qu'il ne l'a pas vu. Asia prie à l'endroit où le Christ avait été crucifié et prend l'habit monacal. Il passe là cinq mois.
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Il parcourait ces saints lieux et il y priait. Il alla encore où (le Sei- gneur) bénit les sept pains, et il alla à cette chambre élevée (cénacle) où Notre-Seigneur fit le repas (la Cène) avec ses disciples. Après qu'il eut prié dans tous ces lieux, il voulut en partir pour aller au mont Siiiaï et prier à l'endroit où la gloire du Seigneur était descendue sur la montagne.
Il vient à un monastère où il y a dix frères, y reste quelque temps, puis veut aller au désert. II va alors au Sinaï et y trouve une caverne dans laquelle demeurait un bienheureux nommé Mar Dmiit (-è^i^î -Pô) que des lions venaient servir. Ils prient ensemble et Asia y demeure dix jours; puis il va se faire une habitation dans un trou {u>-^^ p-j-" ov^ r^o) à une parasange de Dimit. Il demeure dix ans sur cette montagne, et Dimit l'appelle alors pour qu'il l'enterre après sa mort. Il n'avait pas d'outil.
RKSUMÉ DE MONOGRAPHIES SYRIAQUES. 19
mais les deux lions qui venaient constamment près de Mar Dimit arrivèrent à la caverne, se lamentèrent et creusèrent une fosse. Asia veille Dimit pendant trois jours et Tenterre. Les démons viennent le tenter. Il demeure encore quinze ans en cet endroit. Il se rend ensuite à un village nommé ^r^^ (Sandaq). Sa renommée s'était d'ailleurs répandue tout autour du Sinaï. On le reçoit avec joie. Les habitants avaient subi la grêle et le chef du village (n^v^» o,;io) était mauvais. Asia le reprend et il se fait chrétien.
Il va àla ville nommée Apamée(u:>=^oi). L'évêque de cette ville le reçoit volontiers. Il y avait un temple d'idoles avec 170 prêtres. Asia prie, et le temple brûle; il baptise les prêtres des idoles et leur famille, soit près de 500 personnes.
Il se dirige vers Antioche. En route, il guérit un aveugle et d'autres malades dans le village de Gandris (.iû^î^jl.^). Près d'un autre village il guérit un jeune homme qui demeurait constam- ment dans le cimetière.
II rencontre un messager du roi des Perses qui allait con- clure la paix avec l'empereur des Romains. Le messager tombe comme mort. Asia bénit du baume (puu.), le met dans de l'eau, oint le messager et le guérit. Celui-ci raconte tout cela au roi des Perses dont le fils, nommé Hormizçla (i.^^ioîoo,), avait reçu de nombreuses blessures. Les Perses conduisent Hormizda près d'Asia. Tout le pays d'Antioche s'effraie, mais le saint empêche les guerres et il guérit le jeune homme avec du puu. mis dans l'eau dont il l'oint ensuite. Il ne veut rien accepter, « sinon une pomme d'or et un vêtement (r- pi-^° m^iî? i'°>-)) et il les envoya pour qu'ils fussent sur la table de vie (l'autel), à Jérusalem ».
Asia circula au pays d'Antioche (/-é^/)- Une femme avait bu du vin et, pendant qu'elle dormait, un serpent lui était entré dans la bouche. Le saint lui fait boire de Teau dans laquelle il avait mis du baume (m^) et le serpent sort.
Dans un autre pays [w] nommé Tagra (1^5,1-)» un animal causait des ravages. Asia dit aux habitants de faire une croix avec l'eau mélangée de |j-l- du côté par où vient l'animal. Ils le font et trouvent le monstre déchiré de bout en bout.
Il guérit une femme hydropique, en lui faisant boire de l'eau mélangée de p^-.
20 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
Il forme ensuite le projet de se rendre au pays éloigné de i..;Qi^ (Qlodia), qui était alors dévasté et désert. On n'y trouvait que des moines qui y avaient de grands couvents. Il y demeura longtemps; puis l'empereur fidèle Théodose le fit appeler à l'occasion de sa fille qui était possédée du démon (1).
Quand ils viennent au pays des Romains, à une ville nommée Nicomédie, on lui apporte des malades de tout genre qu'il guérit. Il se remet en route. L'empereur et toute la ville sortent au-devant de lui. Il guérit la jeune fille. L'empereur et l'impé- ratrice veulent le retenir, mais il s'embarque et regagne son monastère. Il y demeure un mois, et la ville d'Antioche se rejouit ainsi que tous les pays des environs. Il fait ses dernières recommandations et meurt.
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Alors le saint rendit son âme à Dieu et laissa son corps aux hommes comme un dépôt de vie nouvelle et un trésor rempli de secours. Sa mort eut lieu le Mercredi, le 15 du premier Teschri (octobre). Que sa mémoire soit en bénédiction et que sa prière nous aide toujours. Amen.
Fin de l'histoire du saint et parfait ascète Mar Asia. Que sa prière aide le pécheur qui l'a écrite selon sa force.
(1) C'est ainsi qu'Aaron de Saroug aurait été mandé à Constantinople à l'oc- casion de la fille de Constantin possédée du démon, P. 0., t. V, 724 à 726 et 735 à 738.
RÉSUMÉ DE MONOGRAPHIES SYRIAQUES. 21
IX. — Histoire de Pantaléon et Hermolaos (1). Jk*/o )Ki*,.io \^^ w> n , I ^ 6|.^ Jooi V^ô^ ^ûû.*.^V^^o/
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(1) Brit. Mus., add. ms. 12142, fol. 87'', du m" siècle. Cette pièce est traduite du grec et concorde en substance avec Acta SS., juillet, t. VI, p. 412-420. Voir aussi P. 0., X, 82, au 27 juillet, et Synaxaire de Constanlbiople, éd. Delehaj'e, p. 847, à la même date. — Nous voulons montrer que Pantaléon est différent d'Asia. — Voir aussi René Basset, Le synaxaire arabe jacobile, P. 0., I, 339, au 12 octobre.
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Martyre de saint Pantaléon et du prêtre HermoJaos avec beaucoup d'autres dans la ville de Nicomédie.
Sous le règne du méchant et impie Maximin, beaucoup de gens mépri- sèrent la vie de ce monde pour la foi en Dieu et le royaume promis par Notre-Seigneur Jésus-Christ à ceux qui croient en lui
A cette époque, un sénateur, nommé Eustorgios, habitait la ville de Nicomédie et avait un fils unique, nommé Pantaléon, qui avait appris l'écriture séculière et beavicoup de sagesse. Il le donna liiin chef médecin, nommé Euphrosynus qui était renommé dans l'empire de l'impie Maxi- min. Ce médecin prit Pantaléon et lui enseigna patiemment l'art de la médecine, et il demeurait constamment près de lui dans le palais
11 y avait un prêtre nommé Hermolaos qui s'était caché avec deux chrétiens, au temps de la persécution de l'impie (Maximin), dans un monas- tère où Pantaléon passait constamment
Desinit : Parce qu'il y avait un ordre de l'empereur qui condamnait à mort ceux qui oseraient prendre les actes (des martyrs), nous nous som- mes éloignés aux pays de l'Orient, parce que nous avions été accusés devant l'empereur. Pantaléémon a été le couronnement de tous les martyrs qui ont été mis à mort sous le règne de Maximin, pour la gloire de Dieu le Père et de Notre-Seigneur Jésus-Christ et du Saint-Esprit, à qui gloire et honneur dans les siècles des siècles. Amen.
Fin du martyre de saint Pantaléon et du prêtre Hermolaos et des reli- gieux Hermip'pus et Hermocrate qui furent martyrisés avec beaucoup d'autres saints dans la ville de Nicomédie (1).
(1) Le même manuscrit du vr siècle (add. 12142) porte, foL 74 à 86, le martyre de Cyprienle magicien, de Justa (lè>^«^) et deThéoctisto (ié>**^^l^) au 15 juin. Ils figurent à cette date P. 0., X, 42, où v«oûx.;aûû doit être lu '^ûi^;3ûû. _ 51. Wright relève les différences entre ce manuscrit et le ms. add. 12174, mais nous avons constaté pour saint Syméon stylite que le dernier est sujet à cau- tion. Il faut donc s'en tenir au précédent. — Cf. René Basset, Le synaxaire arabe jacobite, P. 0., I, 285, au 18 septembre.
RÉSUMÉ DE MONOGRAPHIES SYRIAQUES. 23
X. — Martyre de Qandida (1).
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Martyre de la bienheureuse Qandida, qui fut faite prisonnière au pays des Romains, alla chez les Perses et fut femme du roi des rois Wartaran, avec les autres femmes ses compagnes.
A l'époque de la première persécution qui eut lieu dans le pays des Perses, à propos de la doctrine de Jésus-Christ, aux jours de Wartaran (Warahran ou Baliram) père du père de Sapor (2), roi des rois de Perse, la bienheureuse Qandida fut couronnée par le glaive et entra au pays des
anges Cette Qandida était une captive du pays des Romains qui fut
attribuée au roi de Perse.
Le roi de Perse la prend au nombre de ses femmes et la chérit tout particulièrement. Les autres femmes en sont jalou- ses et font remarquer au roi qu'elle n'a pas la même religion que lui...
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(1) Ms. add. 12142, du vr siècle, fol. 104.
(2) En général on écrit que Sapor II (309 à 37!)) est fds de Ilormizd, fds de Narsè. fils de Bahram. Il est remarquable qu'une inscription porte, comme notre histoire : Sapor II, fils de Hormizd, fils de Warahran (Bahram). Cf. Th. Noldeke, Geschichte der Perser, Leyde, 1879, p. 50, note 4. Il s'agit donc de Bahram III (276 à 293) et non de Bahram P'" comme l'écrit M. Wright, Catalogue des 7nss. syriaques de Londres, p. 1093, note, car on lit Patr. Or., t. IV, p. 238, que Bahram, qui régna dix-neuf ans et 10 mois à partir de 590 d'Alexandre (279), « fit tuer Qandira sa femme (lire Qandida), qui était d'origine romaine, parce qu'elle croyait à la religion chrétienne «.
•24 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
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L'empereur lui dit : « Tu vois que je t'ai ai.mée et honorée plus que les autres femmes, obéis-moi donc et partage ma religion ; abandonne la tienne et adore le soleil et le feu et vénère l'eau, afin que mon amour pour toi aille en augmentant. »
Elle ne lèvent pas, parce que le soleil, l'eau et le feu ne sont que des créatures de Dieu. Le roi la fait enchaîner en prison. On la frappe, on la promène par la ville, on la torture
Le manuscrit (tronqué) s'arrête ici.
XL — Histoire de Sergis l'anachorète et d'Abraham (1).
Nous avons transcrit le texte suivant sur un manuscrit nes- torien de Berlin (Sachau 329). On y trouve les idées mises à la mode par les écrits ascétiques égyptiens, avec cependant plus de mise en scène. Nous sommes sans doute à l'époque et au pays des Mille el une nuits. On notera la réclame qui est faite dans cette histoire à un évêque et à un solitaire de Cascar, nommés Yzdafneh et Théodore, qui sont sans doute des per- sonnages historiques :
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(I) Cette histoire porte, dans le syriaque, le n» 06 ('^^).
RESUME DE MONOGRAPHIES SYRIAQUES. 2o
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26 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
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RÉSUMÉ DE MONOGRAPHIES SYRIAQUES. 27
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RÉSUMÉ DE MONOGRAPHIES SYRIAQUES. 29
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Ensuite histoire de Sergis l'ermite et d'Abraham de Cascar.
Il y avait un moine nommé Sergis, du pays du Beit-Houzoïê ; il brillait à ce point dans les travaux corporels que — pour ainsi dire — il ne man- geait pas : lorsqu'il mangeait une fois par semaine, il mangeait, s'il le pouvait, du pain; d'ailleurs donc, tous les cinquante jours, il mangeait des légumes et des herbes. Comme il était encore ami des fatigues, son corps aussi était grandement occupé à faire sa volonté, cela encore avec le secours de Dieu; car il était privé d'habitation, comme les animaux et les renards qui ont des cavernes, mais il circulait sur les montagnes et les collines, tantôt sous le froid de la neige, de la glace et de la j^luie, et aussi par la chaleur brûlante, exposé aux injures de l'air, sans rien posséder que l'évangile (fol. 127 r) et l'espérance qui s'y trouve cachée. Sa tunique était très rapiécée. De plus, il n'avait pas ce qu'on appelle gaieté, mais il brûlait entièrement au feu, soit contre des passions et les mauvaises pensées, soit contre des démons et les hommes iniques. L'un des hommes pieux désira demeurer avec lui et mena sa vie pénible durant cent jours, et
30 REVUE DE l'orient CHRETIEN.
il dit que ce bienheureux racontait avoir demeuré peu de temps dans un endroit, et qu'un saint nommé Abraham, du pays de Kaskar, était venu chercher de l'eau à sa fontaine. « Quand je l'eus remarqué, (dit-il), nous primes confiance (Trappriaîa) l'un dans l'autre et je le priai (Tcelatç) que cha- cun de nous révélât à l'autre la cause pour laquelle il avait quitté le monde. Ce saint me dit :
« J'étais de ces marchands (fol. 127 v) qui courent la mer sur les navires et suivent les rivages de nombreux océans. 11 arriva, comme nous reve- nions du pays des Hindous, que le navire. qui nous portait fut brisé. Tan- dis que le pilote réparait le navire, je sortis un peu à l'écart des (autres) hommes et je m'endormis. Les matelots, soit à cause du grand nombre des passagers de ce navire — car il y avait environ trois cents personnes — soit pour une cause que je ne connais pas, m'abandonnèrent. Quand je sortis du sommeil, il n'y avait plus de navire, ni de camarades. Tout (homme) intelligent comprendra de lui-même quelle angoisse et quelle seconde mort j'ai souffertes : je ne pouvais pas*me jeter à la mer et je n'a- vais pas de nourriture pour demeurer dans File; de toute manière je restai dans l'île et j'y errai. Au bout de trois jours, comme j'étais dans la douleur et l'angoisse (fol. 128 r) à cause de la faim, de la fatigue et de la séparation d'avec mes compagnons, Notre-Seigneur — à qui absolument rien n'est caché — ouvrit les yeux de mon àme et voilà que devant moi était un palmier sur lequel la sainte croix était fixée. Alors je fus aussitôt fortifié; je me mis à genoux et je priai. Je compris qu'il y avait quelqu'un là. Comme je regardais de-ci de-là, j'aperçus (une caverne) comme les terriers des trous que les animaux font dans la terre. J'allai donc à la porte de la caverne et je commençai à crier et à invoquer au nom du Christ. Lorsque ce saint entendit le nom du Christ, il sortit aussitôt, comme un liomme qui sort du tombeau ; le poil de son corps était devenu le vêtement de sa nudité. Lorsque je le vis, je craignis et j'en eus peur. Lorsqu'il vit que je craignais, il me réconforta (fol. 128 v) et me dit : « Ne crains pas, car je suis un serviteur du Dieu vivant; mais toi, comment es-tu venu ici, qui t'a amené et comment es-tu venu? » Comme il m'interrogeait, lorsqu'il vit que je ne pouvais pas répondre, il me dit : « Je crois que tu as très faim. » Je lui dis : « Voilà quatre jours que je n'ai rien goûté. » Il me donna trois ou quatre grosses dattes comme on n'en trouve pas partout; j'en mangeai et j'en avais trop, bjen que cela n'eût évidemment pas lieu à cause de leur nombre et de leur grandeur. 11 me fit aussi boire de l'eau comme les cuisiniers des rois en emploient pour rafraîchir quelqu'un; ensuite je commençai à lui raconter peu à peu comment je m'étais égaré et séparé de mes compagnons. Il me réconforta et me dit : (fol. 129 r) « Ne sois pas abattu ni tourmenté, mais prends courage; que ton cœur se fortifie dans le Seigneur. » 11 me dit encore : « Tu veux aller à ton pays et chez toi ? » Je lui dis : « Oui, seigneur. » Je demeurai donc trois jours près de lui. Mais celui qui fait monter les nuages des extrémités de la terre, ainsi que les éclairs pour la pluie (1), agissait toujours comme de coutume et sans cesse
(1) Cf. Ps. cxxxiv, 7.
RÉSUMÉ DE MONOGRAPHIES SYRIAQUES. 31
rendait service au genre humain, car je voyais les nuées qui se posaient sur la mer et qui en emportaient les eaux pour les faire tomber en pluie, et j'entendais aussi — non pas une fois mais très souvent — une voix de l'intérieur des nuées qui disait comme le fait un homme à son prochain : « Bénis, Seigneur », comme on le dit pour la paix à l'église. Le troisième jour, au soir, j'entendis encore la voix qui lui disait : « Bénis, Seigneur. » Le saint lui demanda : « Qui es-tu? » Il lui dit : « Je suis Gabriel (fol. 129 v) l'ange. » 11 lui demanda encore : « Où vas-tu? » L'ange lui répondit : « Voici que Yzdafnch, évêque de Cascar, a passé toute la semaine à prier sur le sac et la cendre à cause du manque de pluie qui (afflige) cette région, et j'ai été chargé de lui conduire cette nuée. » Il lui demanda encore : « Que portes-tu? » (L'ange) lui dit : « Cette grenade que j'ai est envoyée par Élie et Hénoch à Théodore l'ascète qui demeure à Cascar, car depuis trois ans que j'ai promis d'aller le voir, j'ai entendu dire qu'il ne s'est pas assis à terre. » (L'ange) ajouta encore : « lis ont envoyé avec moi quelqu'un pour lui dire : Dans quatre jours d'ici tu viendras près de nous. •» Jl disait cela comme un homme qui invite son ami à un repas. Mon Père juste, a dit Notre-Seigneur, le monde ne Ca pas connu (1). Le juste (fol. 130 r) parmi les justes convoque les justes et les convoque au repas céleste et les intro duit aussitôt dans le Paradis, avant l'arrivée du Fils. Le saint dit encore à l'ange : « Prends cet hornme avec toi et conduis le à sa maison. » Et aussitôt je fus emporté comme en songe et je me ti^ouvai à un mille de ma ville.
Les marchands, mes compagnons, étaient rentrés dans leurs demeures et avaient annoncé ma mort à tous, aussi mes familiers étaient dans le deuil. Lorsqu'il fut nuit et que j'allai frappera la porte, j'entendis le bruit des pleurs. On vint me demander : « Qui es-tu? » je répondis : « Je suis un étranger et je demande à passer la nuit ici. t> On me répondit : « Va en paix à une autre maison, parce que celle-ci est aujourd'hui en deuil à cause de son maître (fol. 130 v) qui est mort. » Je leur dis : « Je suis Abraham le maître de celte maison. » Ils me répondirent : « 0 notre frère, ne te moque pas de nous, mais va à une autre maison. » Je leur dis encore : « Je suis bien un tel », mais ils me laissèrent sur la porte d'entrée et rentrèrent dans la maison. Quand ils s'aperçurent que je ne cessais pas de frapper, ils allumèrent des torches et des cierges et vinrent pour dis- cerner la vérité du mensonge ; quand ils me virent, ils furent dans l'éton- nement. Ainsi se trouve réalisé à mon occasion le soir arrivent les pleurs et le matin l'allégresse (2). Ils me demandèrent ce qui m'était arrivé, mais je leur fis signe de se taire.
Au matin, j'allai près de l'évêque lorsque mes amis, les nobles et les grands de la ville s'étaient réunis pour le saluer et l'entretenir de ma mort prétendue. Quand ils me virent passer la porte, tous furent dans la joie et je racontai à l'évêque, à sa demande, tous les grands prodiges qui étaient arrivés, comment j'avais vu un saint, comment un ange m'avait ramené et avait porté une grenade à Théodore (Je la part des bienheureux
(1) Jean, xvii, 25.
(2) Ps. XXIX, G.
32 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
Hénoch et Elle. Pour contrôler ces paroles, l'ami de Dieu envoya demander au divin Théodore une part de la bénédiction qui lui avait été adressée par les saints et il reçut trois grains de cette grenade ; chacun d'eux était comme le doigt d'un homme. Toute la ville fut dans la joie à cause des prodiges que Dieu avait faits en un jour : d'abord la pluie qui avait arrosé la terre en suffisance, ensuite mon retour contre toute espérance après qu'on m'avait cru mort, enfin l'histoire que je racontai sur le soli- taire et les paroles que je l'avais entendu échanger avec l'ange Gabriel.
A la suite de toutes les grandes choses que j'avais vues et entendues, j'allai me faire moine, mais j'avais toujours le regret de n'avoir pas de- mandé à ce saint de demeurer avec lui et je mourrai sans oublier jamais cette vision étonnante. »
Cette histoire nous montre la vérité de la parole de notre Sauveur qui a dit : Dans le monde nouveau les saints sont comme les anges de Dieu dans le ciel (1), mais déjà en ce monde, tous les élus reçoivent consolation des saints Anges.
(1) Matth., XXII, 30.
LITTÉRATURE ÉTHIOPIENNE PSEUDO-CLÉMENTINE
III. — TRADUCTION DU QALÈMENTOS
{Suite) (1)
LIVRE TROISIEME
PRODIGES MONTRÉS A PIERRE PAR LE SEIGNEUR
(Fol. 08 v° b à fol. 121 r'' a). CHAPITRE V
Fondement, discipline et sainteté de TÉglise.
1. Pierre est le fondement de l'Église. — 2. Le choix des évèques. — 3. Les règles de l'Église. — 1. Les sanctions confirmées par l'exemple du châtiment de Simon le Magicien. — 5. Sainteté de l'Église du Christ. — 6. Le tabernacle et la prévarication des Lévites. — 7. Le Décalogue. — 8. Canons pénitentiels. — 9. Virginité, fiançailles et mariage. — 10. Excommunication des poly- games.
1. PiERRK EST LE FONDEMENT DE l'Eglise. — (F. 72 v b, suite) Si quelqu'un désobéit à ta parole et à la parole de tes semblables (2), qu'il soit maudit de l'Église! Ne lui ouvre pas la porte du royaume des cieux, car le« ver- rous, les portes et les clefs du royaume des cieux sont dans ta (3) main. Je suis le roc ; toi (aussi) tu es le roc de la foi ; sur moi est ton assise. Tu es Céphas, car Céphas veut dire 7'oc dans la langue des Hébreux. (F. 73 r^ a) Sur toi je bâtirai l'Église et les portes du Schéol ne prévaudront pas contre elle.
2. Le choix des évèques. — (C'est toi) que j'ai admis auprès de mon Père; (c'est) à toi que j'ai accordé et que j'ai donné l'Esprit de grâce, afin que toi aussi tu (Daccordes à ceux qui seront après toi, à ceux dont tu
(1) Cf. ROC, 1911, 1912, 1913 et 1914.
(2) M. à m. : de ceux qui sonl comme toi.
(3) M. à m. : sa.
ORIENT CHRÉTIEN. 3
34 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
auras sondé le cœur et sur lesquels il ne se sera pas trouvé de tache, (à savoir) : celui qui est attentif sur sa parole, ne profère pas le mensonge et ne multiplie pas les occupations et les affaires de ce monde passager; celui qui ne détourne pas les biens d'autrui par l'injustice ; celui qui par- donne la faute aux criminels, les convertit par une parole de paix, reçoit le repentir des pécheurs, rend la justice (F. 73 r° b) sans partialité (ni) acception des personnes, sans soudoiement (ni) acceptation de prix. En droiture et en équité tel donc (doit être) le jugement (sur) celui qui est digne d'être institué chef des prêtres : celui qui est éprouvé en toute œuvre de bien; celui qui n'atténue pas les commandements (1) du Seigneur de l'Ancien (Testament), du Nouveau, des canons; celui qui interprète les Écritures du Seigneur de l'Ancien (Testament) et du Nouveau; (celui qui) ne néglige pas les heures du jour et de la nuit; celui qui (2) n'oublie pas de se sovivenir (.3) des pauvres, des malheureux, des prisonniers, des répu- diés (qui se trouvent) à la porte de l'église; (celui qui) ne dissipe pas (4) les ressources de l'église (F. 73 v^ a) pour l'administration (5) de sa mai- son ni pour l'hospitalisation (6) de sa famille, mais vit dans la droiture et ne fait pas acception de la personne du grand et du petit ni (de celle) du riche ni du pauvre. Quant à celui qui aura transgressé cette parole, il sera anathématisé (7) et exclu de l'Eglise; il ne sera pas édifié sur elle (ni) sur toi, mais il sera répudié et rejeté. Garde ma parole. »
3. Les règles de l'Eglise. • — Après que mon Seigneur m'eut donné ce commandement, (il m'a enjoint) de garder tout ce qu'il m'avait ordonné. Moi, de mon côté, j'ai établi (des règles) pour l'Eglise, pour tous les biens de sa communauté, pour toutes les œuvres de son (ministère) (8), pour ses chandeliers (9), (pour) ses (F. 73 v° b) huiles (10) (saintes), pour ses linges (11), pour ses autels, pour les sous-diacres, pour les lecteurs (12), pour les chantres, pour les laïcs, pour les hommes et pour les femmes, pour
(1) M. à m. : le commandement.
(2) M. à m. : alors que.
(3) Au lieu de HïlC lire tH\iC.
(4) Au lieu de h.^H.Yj<. lire .eH<..
(5) m^,C. désigne ordinairement un champ. ((>) "I^BCS", état d'étranc/er.
(7) Le texte contient 'VCI^Î'"; c'est une mauvaise leçon : il faut lire !h<'9° (il est vrai que quelquefois !hCi:9" a le sens de fh<'9°.)
(8) Texte : "/flJV. Le mot •V-fin signifie ici ministère sacre.
(9j Texte : T'IS-tS [sic). A signaler la transposition des lettres i. et Ç, le véritable mot étant tfoÇ^Tt" (pluriel). Cf. l'arabe ix^.
flO) Texte : ïi^m,Ç-tV {sic]. Au lieu de cette forme corrompue lire Crtl.'i'^, pluriel de Crtl.Tr, baume, transcription du grec pyiTtvr).
(11) M. à m. : voiles, couvertures.
(12) Ces trois derniers mots sont transcrits du grec : m4A.ilî(', tpâueÇa; %t, s jÇ, ^^T^, vTToôtàyovo;; ^l'i■7^^rîIm,fl, àvayvoxjTyi;.
LITTÉRATURE ÉTHIOPIENNE PSEUDO-CLÉMENTINE. 35
les enfants et pour les petits (enfants), confomiément ;i (celles de) Vd Jéru- salem d'en-haut, la libre, celle qui est dans les deux, la sainte.
4. Les sanctions confirmées par l'exemple du châtiment de Simon le Magicien. — La loi a des degrés (1) : pour les vertueux le règlement bon, mais pour les méchants l'exclusion et l'excommunication. Tel (2) (fut le châtiment de) Simon qui trafiqua avec les fruits (3) de sa vigne et en ap- porta la moitié du prix, en voulant la bénédiction de la grâce de l'Esprit- Saint. En effet, son cœur était fou et il lui semblait que par l'or il achète- rait la grâce (F. 74 r° a) du Seigneur. Mais moi je me suis fâché contre lui. Sur-le-champ (4) il vit l'ange qui se tenait devant moi, le gardien de la loi de l'Eglise qui fit périr son âme et (la) fit descendre dans le Schéol inférieur. (Puis) des jeimes gens l'enterrèrent. En outre, sa femme vint. Lorsqu'elle eut appris ce qui était arrivé à son mari, elle tomba à mes pieds et me supplia. Je lui dis : « Pourquoi avez-vous tant irrité l'Esprit-Sainf? Toi aussi maintenant, on (va) te conduire (au tombeau). » L'ange qui avait reçu ordre de la part du (F. 74 r° b) Seigneur fit également périr son âme.
5. Sainteté de l'Église du Christ. — Toi, de ton côté, ô mon fils Clémeni. n'épargne pas de te fâcher contre ceux qui méprisent l'Eglise et répri- mande-les (5). Ce n'est pas toi-même qui puniras, mais c'est le Seigneur qui a établi pour l'Eglise l'Ange (qui) la vengera par ta propre parole. Pour lui, il fera comme tu voudras. Mais toi, commence (6) par te répri- mander (7) toi-même et rends bonnes tes œuvres. Puis réprimande et fais rougir (8) (les autres), sans peur. Combats pour la justice, jusqu'au sang. En effet, le Père du sang lui-même, l'Ange du Seigneur, (F. 74 v° a) {Jésus- Chri:^t) assiste (9) l'Eglise qu'il a acquise de son sang et (qu'il) a signée du bois de sa croix.
6. Le tabernacle et la prévarication des Lévites. — Autrefois il parla (aux Israélites). Il fit voir à Moïse comment il (devait) faire l'œuvre de son tabernacle qui est dans les cieux. 11 lui détailla (10) entièrement (11) com- ment il (devait) faire (cette) œuvre. Il lui dit : Prescris que les ouvriers soient (prompts à l'exécuter}. Mais pour les Lévites seuls dispose une loi.
(1) Texte : nnaooiciih.
(2) M. à m. : comme.
(3) Texte : Hf^fm : "hf^V^. H faut prendre ici le verbe l-'^pm dans son sens général de trafiquer et non dans son sens particulier d'acheter. Très probable- ment la leçon est mauvaise : on doit lire "fcrti, venclU.
(4) Texte : atCtt ; le sens demande qu'on lise : mCtt,^.
(5) Texte : luf^ao^. Lire : l^fia»'.
(6) M. à m. : ayant commencé.
(7) Texte : 7/»*». Lire : 7/*'K.
(8) Texte : hftl-zl^Ctfo-. Lire : hil^"^và(i^.
(9) M. à m. : se lient debout pour.
(10) >int'rn'ï"«|>4» signifie examiner soigneuse ment.
(11) M. à m. : tout.
36 REVUE DE l'ORIEXT CHRÉTIEN.
Lorsque les Lévites eurent péché, comme les autres enfants à.* Israël, et eurent adoré les idoles (1), le Seigneur se fâcha contre eux et (F. 74 v» b) voulut les anéantir d'un seul coup. Il apparut à Moïse. Il descendit vers eux et leur dit : Que chacun prenne son épée et tue (2) (son) voisin (3) ! C'est ainsi qu'il leur ordonna, parce qu'ils avaient souillé le règlement du taber- nacle qu'il leur avait donné à exécuter sur la terre. C'est le tabernacle dans lequel il a habité avec les hommes.
7. Le Décalogue. — En effet, il a écrit en lui les dix paroles de justice, de ses mains saintes. La première de toutes (les paroles qu'il) a dites (est) : Honore et aime le Seigneur, ton Dieu, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence. (F. 75 r'^^' a) Aime ton prochain comme loi-même. Honore le sabbat du Seigneur, ton Dieu. Ne tue pas d'âme. Ne va pas ve7-s la femme d'un homme. Ne viole pas. Ne sois pas faux témoin. Ne parjure pas le nom du Seigneur. Ne fornique pas. Ne désire pas le bien de ton prochain : (le bien) que ton prochain a acquis vraiment (4).
8. Canons pénitentiels. — Au sujet de l'amour des hommes vous avez la science. Donnez (aux pécheurs) la pénitence (3), selon (ce) qu'ils ont fait. Que la femme qui aura épousé deux frères soit excommuniée (6), et que l'homme aussi qui aura épousé deux sœurs (7) soit excommunié ! (F. 75 r° b) (8) (Que la femme) qui se sera montrée jalouse et que (celle qui) aura rendu odieux ses (9) père et mère (soient soumises à la pénitence)! A celle-ci et à celle-là on remettra (10) (leur péché, si) elles ont fait péni- tence. (Le pécheur) sait (11) qu'on lui remettra la pénitence, afin qu'il rentre (12) (dans la communion de l'Eglise).
9. Virginité, fiançailles et mariage. — Enseigne aux vierges qui n'ont pas épousé de garder leur virginité comme la pupille de l'œil. Que l'homme forme son fils et que la femme forme (13) sa fille ! Qu'ils ne plai-
(1) "/AG désigne les idoles sculptées.
(2) Lire jB^'^A au lieu de .R+^A.
(3) Ex., XXXII, 27.
(4) Ex., XX, 12-17.
(5) 'Vft'h désigne ici la pénitence canonique, imposée.
(6) M. à m. : soit chaskée.
(7) Texte : >i'V*P1' {sic). Cette forme fautive doit se trouver à la place de la forme 'h'^Vk' laquelle est rare, puisque "M^^ se rencontre peu souvent.
(8) Les six premières lignes du fol. 75 r" b présentent un texte en mauvais état et par conséquent obscur.
(9) M. à m. : leurs.
(10) Texte : >,floi> : /hjÇT.
(11) Texte : ftjP'O',
(12) Texte : pV^flR i [^ic) tf"ti •■ mfTiiï^ » jB^/Oïi. Il serait préférable de lire : ^>/hîlR ! A"* • fl'Vfi'h '• ^aTlTi. En effet, d'une part, le verbe MihM emploie la préposition n, pour désigner l'objet de la pénitence : d'autre part, le sens géné- ral (contexte) indique qu'il s'agit ici d'une remise de la pénitence imposée.
(13) Lire ^7^» au lieu de ^•%r"^'.
LITTÉRATURE ÉTHIOPIENNE PSEUDO-CLÉMENTINE. 37
.sautent pas devant eux, atifl que (leurs enfants) ne se débauchent pas ! Mais comme nous avons prescrit dans la loi du mariage, que (les parents) les fiancent, après qu'ils (1) les auront sondés! Que (ceux qui) (2) auront désiré et que ceux qui auront choisi de mariage) se contiennent! Qu'on les mette d'abord (F. 75 v° a) devant le Seigneur ! On les fiancera à l'Époux céleste, afin qu'ils se gardent eux-mêmes. S'ils ne peuvent pas se contenir, ils demeureront dans la loi canonique du mariage avec une (seule) femme, remplie de la crainte du Seigneur. Si l'union (se fait) dans un mariage pur, elle sera bénie par le Seigneur. Le Seigneur a créé notre père Adam à son image et à sa ressemblance et lui a donné une (seule) femme : Eve. Il les a bénis et leur a dit : Croissez, multipliez-vous et remplissez la terre (3). C'est ainsi que le Seigneur a ordonné (F. 75 v° b) (aux hommes) de demeurer avec une (seule) femme.
10. Excommunication des polygames. — Quant à ceux qui demeurent avec plusieurs (4) femmes, (contrairement à) ce que le Seigneur ordonne dans la Loi, ils ne seront pas comptés avec les brebis du troupeau du Sei- gneur. S'ils se repentent et reviennent, on leur pardonnera. (Mais) s'ils ne se convertissent pas, qu'ils soient exclus et anathématisés de l'Eglise!
(A siiirre.) Sylvain Grébaut.
Neufmarché (Seine-Inférieure), le 4 Mai 1916.
(1) Texte: fl»>»îr»,Ç"V^. Il n'a pas été tenu compte, dans la traduction, du m ;opulatil', (■2) Le relatif >iA est omis ici et placé devant le verbe sui\ ant.
(3) Gen., i, 28.
(4) M. à m. : de nombreuses.
DISCOURS DE PISENTHIUS
SUR SAINT ONNOPHRIUS,
ÉDITÉ ET TRADUIT PAR W. E. CRUM.
A la page 143 de la ROC, 1914, M. Griveau a exprimé le vœu d'être mieux renseigné sur Pisenthius (1), soi-disant auteur de la lettre prophétique publiée déjà dans cette revue par M. l'abbé Périer; et il parle à ce propos de la Vie arabe (Paris, fonds arabe 4785) encore inédite (2). Cette Vie est en effet ce que nous avons de plus complet sur le fameux évêque de Coptos et ce n'est qu'en l'utilisant que l'on arrive à tirer le parti qu'il convient des deux Vies coptes (3), dont tantôt elle abrège, tantôt elle amplifie les données.
J'espère traiter ailleurs toute cette question, avec les dévelop- pements qu'elle comporte, en publiant la collection considéra- ble à!ostraca et de papyrus appartenant au Musée de New- York (4) et ayant justement trait, en grande partie — comme d'ailleurs presque tous les ostraca coptes jusqu'ici connus — à Pisenthius et à ses contemporains et amis (5). En attendant, je profite de l'hospitalité de la ROC. pour offrir à ceux qui s'intéressent à l'histoire de cette époque importante de l'église
(1) Ainsi écrit dans le texte édité ici. A côté de plusieurs variantes hellénisées, on rencontre ailleurs la forme originale Pesente, Pisente. Voir PSBA., 1908, 260.
(2) .Je l'ai décrite en parlant du livre de RI. Budge, cité à la note suivante. Voir ZDMG., 1914, 178.
(3) Sa'idique dans Budge, Coptic Apocrypha,!^ ss.; bohairique par Amélineau dans Mém. de VInst. égyptien, II.
(4; Voir Winlock dans Bulletin of the Metrop. Mus. of Art, N.-York, X, 138. (5) L'une des collections les plus importantes, celle du Louvre, a été publiée d'une façon peu satisfaisante, par Revillout, Rev. égypt., IX, X.
DISCOURS SUR S. ONNOPHRIUS. 39
égyptienne, une traduction de la seule composition littéraire qui nous soit parvenue sous le nom de Pisenthius.
Le texte même est déjà entre les mains de tout coptisant dans le dernier volume de M. Budge (1); mais ce savant en ayant omis les premières et les dernières pages, fort mal conservées du reste, j'ai jugé utile d'ajouter à ma traduction une réédition du texte entier. M. Budge a décrit d'une façon sommaire le codex d'où il est tiré. Il appartient aux beaux volumes, réunis jadis par M. de Rustafjaell — collection de provenance nulle- ment homogène, comme le prouvent du reste les colophons et les types d'écriture, bien qu'elle soit censée avoir été acquise dans les parages d'Edfou ou d'Esné.
Notre volume, de 19 feuillets en 2 cahiers de 8 feuillets chacun, ne renferme que ce seul texte. Il fut copié Fan 1031-32 {sic) de J.-C. (2), aux frais d'un habitant de Coptos (3) (nommé peut-être Mena), heureux sans doute de posséder un exem- plaire d'une des rares homélies du seul évèque de sa ville dont le renom ait dépassé la Thébaïde (4). L'écriture est de celles que Ton ne peut guère attribuer à l'école si féconde du Fayyoum (5); elle est d'un type quelque peu postérieur (6). L'enluminure, rouge, jaune et verte, d'un style fort grossier, n'est non plus du genre usité en Fayyoum. De plus, l'idiome de l'écrivain, quoique peu soucieux de l'orthographe classique et d'une négligence remarquable, n'est pas moins un sa'idique pur, sans trace de cette phonétique fayyoumique que l'on cons- tate partout dans les nombreux Mss. de Toulon. Je serais donc plutôt porté à y reconnaître le travail d'une école locale, à
(1) Miscellaneous Coptîc Texts, 1915, p. 1206 ss.
(2) Le colophon Paris 132', 6H est daté de l'année suivante. Le volume fut dédié à l'église du niartjT Pschemmaô, près d'Alvhmîm.
(3) Ou bien acheté par lui, tout prêt.
(4) Budge, Copt. Apoc, 100 ; « Car ton nom a atteint les extrémités du monde » ; Ar. 4785, 204 b : -• On parle de ton bon renom dans les contrées syriennes ■•, jL»liJ! ♦Jli^!. Inutile de dire que, en dehors de l'Egypte, Pisenthius est
resté complètement inconnu.
(5) On peut même se demander si les calligraphes du Fayyoum ne travaillent exclusivement pour le compte du Monastère Blanc.
(6) Cf. Ciasca, tab. XI, ou Balestri, tabb. XVII ou XXV.
40 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
chercher peut-être dans les nomes de Siout ou d'Akhmîm (1).
De Pisenthius lui-même il n'y a pas lieu de parler ici lon- guement; sa carrière ecclésiastique est suffisamment connue d'après ses deux disciples biographes, Jean et Moïse. La Acrsion arabe précitée y ajoute pourtant quelques données chronologi- ques, qui nous permettent les constatations suivantes (2). Pisen- thius naquit en Tan 568, fit très jeune sa profession de moine au fameux monastère thébain de Phibamôn, devint évêque de Coptos vers 598 et mourut en 631 ou 632. Il est à remarquer que, tandis qu'au titre du discours (p. 1) Pisenthius est traité d'évêque, il ne figure dans la souscription (p. 34) que comme « Pisenthius de la montagne (c'est-à-dire la communauté monastique) de Tsinti ». Or c'est comme membre de cette colonie érémitiquè que le futur évèque fit ses débuts de moine, c'est avec elle qu'il entretenait jusqu'à sa mort les relations les plus intimes, et c'est là — probablement — que l'on déposa ses ossements (3). Ses biographes font, à tout moment, allusion à l'activité littéraire de Pisenthius à l'époque où il n't'tait encore que simple moine; faut-il en conclure que la présente oraison serait un produit de cette période antérieure, où, vénéré déjà comme saint ascète, il n'aurait pas encore été élevé à la dignité épiscopale? C'est ce que le titre de la pièce semblerait interdire.
L'occasion du discours (4) est Ja fête de saint Onnophrius, l'un des anachorètes les plus célèbres de l'Egypte; elle avait lieu le 16 Payni (5). L'endroit, c'est le tôttoç du saint, qui consistait en une église (p. 19) et peut-être en d'autres bâtiments. On serait naturellement porté à chercher ce tôttoç dans le diocèse même de l'auteur, non loin de la ville de Coptos. Et en effet un fragment de contrat sur papyrus, provenant de l'époque et de
(1) Il est à remarquer que Zoega CLII (Martyre de saint Georges), dont l'écriture et l'ornementation sont d'une ressemblance frappante à celles du présent codex, fut écrit à Akhmim.
(2) Arabe 4785, 199, 201. Voir ZDMG., I. c, 179.
(3) Voir mes Coptic Ostraca, n" 25, note.
(4) Toutefois est-il à remarquer qu'à la p. IG l'auteur en parle comme s'il avait été écrit et non pas prononcé. Aurait-il donc été envoyé à la fête poui- être lu par un remplaçant?
(5) Zoega, 565 {^ CSCO., 73 X); Brit. Mus., CataL, n" 140.
DISCOURS SUR S. ONNOPHRIUS. tl
Tentourage immédiat de Pisentliius (1), fait mention d'un « diacre de l'église d'Apa Onophrios ». Or, puisque la ligne précédente cite « l'église d'Apa Sansnô à Pallas » (Ballas, peu de kilomètres en aval de Coptos), ce n'est pas beaucoup risquer que d'y reconnaître l'église dont il est question dans notre oraison.
Toujours est-il à remarquer (]ue le célèbre anachorète, dont on s'attend à voir raconter la vie et louer les vertus, n'entre en vérité que pour peu dans la composition de Pisentliius, qui le nomme à tout propos, mais sans témoigner d'aucune con- naissance de sa légende (2) : çà et là quelques allusions aux exercices ascétiques du saint (p. 11 fm), mais en des termes tellement vagues, qu'elles pourraient s'appliquer également à tout autre héros monastique. Pour le reste, exhortations à une conduite digne d'être approuvée du saint, menaces à ceux de son troupeau qui, malgré les admonitions déjà réitérées du prédicateur, s'obstinent à braver les préceptes de la morale et de la bienséance — voilà le contenu d'une pièce dont le genre n'est point sans traits de parenté, en pensée tant qu'en langage, avec les sermons exhortatoires du grand orateur moral des Coptes, Schenouté (3).
De même que pour les sermons de ce dernier, il n'y a pas lieu de chercher ici un original grec. Quoique les documents provenant de l'entourage de Pisenthius témoignent d'une façon indiscutable aux connaissances grecques de la société thébaine vers l'an 600 (4), il serait en dehors de toute probabi-
(1) Coté sous le n° 16402 de la collection Phillipps, à Cheltenham. Ces papyrus (autrefois collection Libri) faisaient partie intégrale de la trouvaille d'où pro- viennent les papyrus susdits du Louvre. La preuve en est que pas mal de fragments se joignent.
(2) Le texte sa'idique en est édité dans Budge, Copiic Marlyrdums, 205; le bohairique par Amélineau, Recueil de trav., VI, l*j6 (= Zoega, p. 14).
(3) Une phrase remarquable, mais qui ne paraît pas être biblique, leur est commune à tous les deux : OVAAOC eniOll? (p. 33 do notre texte et CSCO., 42, 218):
(4) Il est vrai qu'il n'existe aucun document grec, à ma connaissance, adressé à Pisenthius lui-même; de plus, il eut besoin d'un interprète pour comprendre un soldat venu des environs du Fayyoum (Budge, Apoc, 121), qui parlait pro- bablement grec — il ne devrait guère s'agir ici d'une simple ditïérence de dialecte copte.
42 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
lité que de se figurer l'évêque se servant d'une langue autre que l'idiome indigène pour prôner ses fidèles coptes. Les mots grecs qu'il emploie appartiennent tous au bien commun des écrivains coptes, qu'il s'agisse d'une coniposition litéraire, ou d'une simple lettre privée.
Une remarque préalable à l'édition suivante. Malgré le manque de tout système, tant en ce qui est de la ponctua- tion du scribe, que de sa distribution des lettres initiales (1), je me suis astreint à en reproduire fidèlement toutes les par- ticularités, ne serait-ce que pour démontrer jusqu'à quel point on avait oublié au onzième siècle les règles saines de l'orthographe. Là donc où les phrases imprimées se trouvent séparées par un trait, c'est que le scribe avait commencé le mot suivant par une lettre majuscule et colorée. Les lacunes du Ms. sont ici calculées à raison d'une moyenne de 10 lettres la ligne; le nombre de points entre crochets correspond au nombre probable des lettres perdues. D'autre part, ces mêmes lacunes ne sont représentées à la traduction que d'une façon approximative.
Ma copie a été faite sur une photographie de l'original; aussi ai-je dû renoncer à préciser définitivement la lecture de plus d'un endroit douteux.
(1) Ici le seul but visible c'est la décoration équilibrée des 2 colonnes : à cha- cune autant de points rouges, autant de majuscules enluminées.
DISCOURS SUR S. ONNOPHRIUS. 43
[oTAoroc GAqTcVToq iKvi 11 1^ (1) Jaha n[iceiioioc iienicKjonoo nTrioA[ic k6I4t' At)TA]Toq enep nueer[6 LineiTjeMOG Avto ii3:aja)[p6] A.vHetoc iith ne\c
n[et\riOCj ARA OTAMOqpe IIAIIA\ajpiTHC ATOl
neipHUIKOC' GTXHK GBOA 2HOVeipHlie IITU UIIOTTe 2AUHM
HAnOCTOAOC eTOVAAB HCAe HAVAOC" HAAC
unecfuorqe* qKA iiouoc iiaii eepAi erpeiip nueere iiN6iiiio(r MAI iiTATXto iiHTii un^A3:e uniioTTe' nAi[ . . . JOHO^T [en:xi]ce nT[evAHAc]Tpo[<|)H — (2) ]
ATtO [ . . . TI|]-(Ôtm[tHv]tIJ [GT6TniCTIG eUVirOU ^. 2
65 lettres KAT]A(t)po[nei un]iiouoc uniiOTTe crii
A(|)OpUH II2HTOT GTUTpeTTMTCOMOT GUeTOTAAB'
eVTATO HUAI ?lie6MAOI(T6' BTXVH [uUOc] :!^eAIITA[ . . . . ]
Kepoc e.'r[ ....]• — [ Jxooc [ ]rie\G
[ ]qnG [. . .]v\r\ environ 85 lettres] ngutat
[. • . .]ova)^ t[. . . .] G6p AiiAq u[. . .]»'»'expoiiOG uîyopn' — iiTO(| OH unoorne neiiioTTe iiotcot PApne* Hneqiy[i]BG ovag u[Hq]ncjucoHe — aaaa qGBTCOT 6+ crou HOTOH Hiu* — haï gtotco^ G>yconG iiGtoTH* (r) jyAepAi p. 3 GTov (3) [environ 70 lettres ]hov[. . • .]ne \mag[' . • .]
AVU3 u[uA]meXC [ghJgIAH' AT6TH[c]tJDTU HGATHTOAH
UriAHOGTOAOC RAI GTOTG2CA2IIG HAH GTpGHCTtO GHBipG
unueevG — [kata] og gtgcixu) uuog 3C6Api nuGcre
HHGTHHOO" HAI HTATXtO IIHTH UH^A^CG UnilOTTG'
eTB6n[Ai] p[«)] at6th[ ] n [environ 30 lettres]
HAi[ j An[A ovAHoqpGJ 2uriG[200T u]nGqpn
(1) La lacune peut (Hre d'une ou de deux lignes, c.-à-d. en tout de 22 ou de 44 lettres environ.
(2) Espace de 4 ou 5 lettres, mais laissé probablement en blanc.
(3) GTGHOV possible.
44 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
[ueere] fïTOVA[AB] UAptîllcajLTu] IICATA(3glC eTHHV
UIIIICAIIAI' (rrXtU UIIOC AeTIITHIITIIVTII eTfîVlIKiTIC —
eunTpeqxooc rAp :xf3[TM]THiiT[HVTii] eTevniL<:Tic*] —
iJTOor ii[eTovAA]B eTu[ ....:] eqoT[ . . . ]u (1)
p. 4 haii(a) 2un[ei,"jA]3:6 6Tp[euTii]T(o[ii6ii environ 28 tet-
ires]^u[ Jah [. . . . ]\ HTnic[TIG . . . . 1
h[. . at]co -f-pq^:! uoeiT 2HTOV iluneTiiAiioTq TiipoV- — A3:iinicTic oTATcroLiiie e[e]p aiia(j uniiovre" — a^xu] nicTic rie[. • . .] u6p6pto[u6 eijTOOTq po) enneTiiAwov([
6[ ]epTunpa)U6 [environ ^"o lettres] — ovag haï
ii[. . . .]pcju Aii[. . . neTJiiAiioTq [. . .Iuaatg uiieqBeeKe"
GBOA 2ITIinilOv[Te'] 6TB6nAI(rO IIAUepATe II^HpH*
UApeoTow mu kcjuz uroattia {'2) unptoue iia[ikai]oc"
ATU3 M2AriOC AHA OTAUOqpe nAMA\tOpiTMC HTCIIAUAAT
p. 5 2iTuniioTTe (e) uiiiiptoue a- . . iiot[t6 • . . .]akt
[ ]vcx}[. .Jba[. . . .]a • lie [ovo]ii mu [• . • .j
uepe nto[ii2] eTunHiie gboa — neqBioc rAp o uuai:xi CBO iireiioc mu iipiDue eievAUKiA mu erre eoo'ï'T"
6IT6 Ceiue' KAII TIIIIA^ AIIOTAOCe AU lllIKOCUOCi
umieqpoov^ eT^oveiT* — unpocovoei^ UTiictopu HTU' yrxH' euneiKOGuoc iiee ii[ . . r ]emieii[ • . gua-] ua[at (3) ARA o]vAiioqpe [iiAi] eTeiiep xha iia(| unoov — ,X6KAC eiiepA (4) L- . .Jevecoue [. . • lue* kata [nJjyAxe iiat>:i cfoa unexc — aaaa uApeincoiieu (5) eneqBioG (jtotaab hova hova npoG nqetoB — -hiiATAue- THTTM Ae (O iiAuepATe li^yiipe* a:eAîyTe ee gtijua^ p. 6 TiiTtoueii eiiBioG uneiptoue ii.v(jD-(s)co[pe 6tu]uat
n2[ArioG aJha ovAiioqpe" — 1 ^[ • •1n[
• .]»'^^•^[pe ,"Jh]u" iiai [gï-Jutakua [iiTu]uTBppe' — u[nii] iiieepe ^nu [haï ejTGpeiieTGtouA* o iifiBppe epoor*
(1) Ou ]a, ou ]e.
(.*) Lisez GunOAVTIA — (3) Gu bien 6t]iiua|v. — (4) Ou eiie2A[. — (5) Lisez THTtOIKill.
DISCOURS SUR S. ONWOPHRIUS. 45
eilTUHÏBppG UlipOOOVOeiJ'J ZA.pGZ 61 ItiTeHGCOU A
eqovAAB 2HTBBO iMu — a:eKAO eTeTiiiX^tone" iiauc] [ijj^JHpe' urieineTOTAAB'eiiTuirrppo iiiiriHre* — eTerii- ^jAiiijAv Ae enueere at(1)[. • .]n [eiiviron illettrés]
tgtHl .]<v(:nii n[TeTiip] nu66[ve iiii]Artoii*
u[ii]urio\TTiA uiieipujue iiaikaioc* — irreTMAi'toiiiï.e 2tt)TTHTTii ovBeniioBG HT6q2e — iiTeruncuT gboa
unueeve* eooo'i uT6Tii2ApH2 eneTiiTBBo axiitcoau"
eiiovunrpuze" uuovuiitcvuiioc* eiiuiiTeAGreepoc mu
(ï)^AHTOTII,"J(o[(2) . . . .JrAUOC [• • • llJllOTTe [ ] p. 7
Co[ ] AVtO eT[. . . .]• eULHAI
T6]TUAiyUj[ne H]TeTIITHTUJM enAlKAIOC' eiTUHTBBO
iiTeriicAps uiinGTiieuT gttbbhv* — KTeriAine GTpeneoovT 2Apoe epoq* GTeqceiue atco erpeTeceiue 2cotoc' eneoeoovT (3)' atco iiTeTiip haikaioii" eiiiie riieBHVci Tiipov TeriiA^tonc; ?toTTHVTii
iiT6[Tii](4)Ta)iiTHv[Tii eJnBioc un[eineTOVAAB]. — iitok [ueii (o] neTApxG[i ejXiieiJKOove' gk^amiiav gova eqxH'i" iitroiic* — avco \ifz<\p[ez e]n2An iiaikaioij iiiiovoii liiu — euHAi 6KiiA^jtone iipecjKtoe
eTAIIACTp()c|)M UIIAIKAIOC' AMA ()VAIIO(|pH AVtO OU
lir^ytOriH n>yBHp KAVpOIIOUOO lllieTO'i'AAB Tupov' —
HTOK etocoK to neTovooAe 2iiTcriiiu)ii2 uneiKocuoc* (il) umt[63cp]ia 6T;yo[on iia]k u[npocoToei]^y — GK[iyAii- p. 8 . .] uneTÏpo-pjCotoe iirTUZoxzex uneTeoviiTAK epoq' — Av[to iiJrKTG TeKO'i:^: gboa gtuxi UHce eTeop^'i — iitcah^m nneuKe* 2iiiieirrAn:voei(; taat iiak kiia^^jcomo etotoK HAK<|)iAO(;o<|)ei iioe iiiigtovaab' — BAKcrto^yr en:s:ice iiTevAiJACTpoc|)H HTiiAiiovc ATCO artutioiii" epoov' —
ep^AMOVA Ae "f OVBHK AVCO liqi' liOVO'(] IIAK HTOK 2(OtOK lli'p llu[eGVe] IITUUT2A[pjy 2h]t liMeTOv[AAB*] —
(1) Ou Ax[' — (2) ? iyaj[llB- La lacune n'admet pas 2unl. — (3) 2AI fut changé en îOOVT- — (4) C'est tout ce que permet la lacune.
46 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
iirp 2Ap^ [2IIT ecoJtoK [iii"t|i] epoK eAn[eTiiA]f (1) aviibi [uuok] — eovij croij uuoKeTtocuBe UAq uneuTiutoBe —
AAAA AKCtOTII IICATeiJTOAH eTOTAAB 6TOVe2CA2lie IJAK
ecxu) uiioc' 3i:eun6pTto(OBe Jiorneeoov' enuA ijovneeoov iiaaaV — eie HTKOTp6qTHTa)iir eujojK p. 9 euerovAAB (e) eiiTUUTpeqqï epoK" oni trou [uuo]k eaitoK [e. . -1 6a:iJiJKo[oTe . .]ov* u[nno]MHpoc [• . Ooe n^iXXG (2) uneueitJUT aavgia — haï eT^ov^yo/ uuoq eq:x«3 uuoG un3:oeic — xne^xG AiTco«>Be uiieTTtocoBe MAI iieeiineeoo'i ■ eieee gboa eiTiiiiA3:A3:e ei^ovoir — uApeiio'iA (3) Ae novA uijcotii" to iiAuepATe ii^Hpe' -f 2Tnq eTAiiACTpo(j)H LineineTovAAB uuak[ap]ioc' A'ïto ii[ArtJOij]oeeTHC [neij^oeix iiAue iipequi^e
KAAtOC' ARA OTAIlOqpe II AH AX«JpiTHC HAI GTOHCGOV?
euHOOT' eneq-ronoc btovaab — H:>i:toK gboa uneqp Hueere gtovaab (4) — 3:eKAc ereTneovtouz gboa HTeiee' 3:eATeTH^toHCi eTeTHTUTtoii eTeqHiCTic p. 10 uHneqBioc eTcovTtoH* hottaio (5) (i) neTerH^ uuoq HHAïKAioc 2HTeTucrHicajov2 eHe[qTon]oc gtotaab' — e^ytone oTeTH^yAueipe* HUOTequocTe uuoov*- — uTAeio
HHGTOTAAB OTOTB GTAIO HIU eT2l2:unKA2 HC6U6 TAp
AH H(ri H6TOTAAB Hpeq3:Hp" 2ipeqcujBe' 2ipeq+2H' eipeq^AK HH6vcri:s* — uee uneiptoue GTHo^yc' 2ipeqop\6i" uHHKeeceene (6) n^JAoq* iipeqAHATA AVto — Avoj (7) erue neoTo HHeHTAVKtoine eneT[Bioc] — atw) ATu[oo"je uJeHTq [enovpJA^e* A[Ta) cîv^iJhh hcah[ov2u] uuoot [eBOA uJuGrueTHOBe (8) HceuoTAHOi — evue rAp HiKneApee eiievuncriA
N0T06l>y HHJ AXHTtUAIl' eVUe HH6T^yAHA eHHOVTB
eHOT2HT eqTBBHv — tîvue HiieT2Ape2 eneTrAUoc
(1) Ou [euTAq]. — (:J) Lisez: ? [kata] og un^Aa:e. (3) Budge à partir d'ici. — (4) H2CtOK — GTOTAAB répété par méprise. - (5) Il manque l'A M. — (6) Sic. — (7) Sic. — (8) Sic.
DISCOURS SUR S. ONNOPHRIUS. 47
eqovAAii" GTue iiiiGTeapee eTiiApoeiiiA (îCOVaab' eiinHï (ia) nneveioTe mai iiaug* iieTepe[ii6To]TAAii ^iue[iiccoo]v — A[rto ev]ovu)>i [eTperlctoore ^[eovii] i>. il (3ii6TTonoc eTovAAii — ijqiiAnoiBe (1) ikvi haikaioc" orpeKTAeioq' eirreKrpAnpo (2) iiiiATe] — (3K.\uj uuoc iiAq' xenAGiajT avco nAa^oeio av(o nnfivoTAAB atco nAïKAioc — iiro-K) A(i 2toujq eKeuooc eiiiiezBHre (3) GTequocTe uuooV — iioe eTeunen:xoeiG Aiieixfi
IIHGTTAeiO IIIIO()' eilTGVTAnpO IIIIATe* IIO(; IITAqXOOC
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IIT6TII2GII'fuGIIIG[liG IJTJGTIIGipG [|ITGI2g]' CjU IIGTBHK flTOnOG IIIIGTOVAAB — H (0) Gn^LlII^^II IIIITIIIK:
(1) Il manque I'aii. — (2) Sic. — (3) ^d") douteux, ajouté i)eut-èlre après coup. — (4) Sur un mot gratté. — (5) Lacune peut-être moins longue. — (6) Li- sez GIG.
48 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
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UUOOV 6B0U06IA (3) 6pOK OVA6 6qiTOV IIUUAK 6nUA 6TeKMAB(JOK 6pOq' Il (4) e^,"J6 6pOK flOVHp*
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II6TOTAAB* ATtO lip6qXI ll(ro[llC h](5) ll6TTU)[pn uJuOC*
eTeijeT3ci uueTH'TXH no^ouciie" 2iiiJ6eBHV6 er^yoveiT uneiKociioc — + n6KeHT(r6 ovii to nptou6 euBioc iineiptoue iiaikaioc* — A-rto un6TOTAAB iiabautik; IJAU6 ARA ovAiioqp6' iir6iU6" »:6i iTAq puu AO (6) IIA^y
61126* eilTUIITppO IIUnHr6 6TIIHII6 (7) 6BOA >yA6ll62"
p. 15 iircnovÀAï.e etotoK (le) co nptoue iipuuAo (8) iit6I26
eilTUIITepO llu[nil]T6 6TUHII6 [gbOa] ,"JA6Me2 2Ape20-6 OVIl 6piOTII to IIAU6pAT6 UIIIIAi'JHp6 2UT6TI lOM IICCOOT?
62orii iiTonoc (9) iiii6totaab — euiieeooT un6vp
(1) iiei = 116.
(2) 6q- est superflu. — (3) Lisez 6BOHe6l- — (1) Lisez 616» — (5) Budge a lu ]6 IJ6t; lisez donc peut-être 6l]6. — (G) Lisez p puilAO-
(7) Forme fautive constante dans ce Ms. — (8) Lisez ijp puuAO> — (9) Lisez eiiTonoc.
DISCOURS SUR S. ONNOPHRIUS. 49
Mueeve cTovAcvr, a:(3ka(; iiiieTiictooTe g2ovn* tix\
IIOTCUOT' IITeTMXI ll()VCA20V GRUA IIOVOUOV
eApeecre epcoTii to iiA^yiipè uuepiT* iiTeTii^ydint}' ïiiuiiTCABc; iiiu" eiTe 2iiT(riiKru)X'iT iiiieTiiiiA.v' — eiTe ?irr()-iiiuoo,"je' eiTe 2UT(iTiHriii>yA^:e' iieeioiiB ab ou' •TUTperiioo>y6" 2iiovuiitacbaa (1) — epeiievBA.x «iiopu eeo'iMi 2uneo iiAAAv ii^()()'i"r 2iio'i"uirrAT,"Jiiie* — ovAe uiiepTpevuoo^ye epfiepAV (roAn gboa' zlirhiua uijatb A»r AAAA eimeip on" iiri(rreii1~ue' — totiicoovn ivvp :xeeic zaz iicon aiaiihiah eptoru (is) to iieeioiie p- i'> eTBeiieieiiTOAH avoi untîTeiiAueixe' iiTeTii^'Jirie' uTeniAo eiiTeTiiuAiiiA' — T6iior A6 ou eiC2AI
(3inApAKAAei IIIKOTII AVtO 6121011 eTtOTTHVTII GUATH*
^iioviiocF' LiriApAiT-eAenA" eTUTpeAAAV iiceiue onTnpq p riBOA Linpo unecHi* epextoc troAn gboa* ovag GTLiTpecqei iiiiecBAA eepAi eAneo iiaaav iiîoott M^yiiuo enTMp(|" aaaa eTpeT6Tiiuoo>ae iiovoei^ iiiu" («3 iieeioue 6peiieTii[BAA] riAzr eriecHT exunKAe' — <3perieTeii20Bc (2) iicaca iiiu ^iiiiHTeAevofîpoc mu* — AVto TCTiiKocuei (3) A6 OU uutoTii* uApec^coue* •euov>'ji uue uuoTuuTceuuoc' eTeTii+ ii2tutu uovoei^u uiu* eu^Axe unuovre" 2uovuo(v u+ e'i u(| AVto eTGTuoBe uuoq uovoeijy uiu* f gbio ou
— . — sic
uuHTU^upe Kovi (is) erpevuoo^e etoov kaacoc' — p. u, uGTu^yupe Ae ou uceiue" e'rpevp uAïuevuT — Avto «p
UAlUeveAI" KAI l'Ap TCiCBtO U(JU6IOTe (4)" TtJTG^ACn
^yupH e?pAi euovuuTevoepoC Avct) TevoMU-f cbo
AU UAV' eUOTAtOK^ Uef; U?VAer UTOO
;yACTpeTUUTATUA2T(3 + OVtO eepAI' IITCOTU Ae
?(OTTUVTU U200VT UpeqCtOTU AVto UUAIUt:\'t;
(1) Lisez UUTTAtJBAA (= U UT2lACIBAa)<
(2) Lisez epeTt3TU-. — (3) Lisez TCTUfriHKOCUei. — {4j Lisez »Uieu-, plutôt que }m-.
ORIENT CHRÉTIEN. 4
50 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
nAptvrre\er iiiieTU^Hpe* euco^ye euuiiTCABe mu —
TeTIICOOVIl PAp 3Ç6ll'fAO AU 61+ CBQl IIHTII' AVCU
61211)11 6TOOTTHVTU 6TB6n6l210B UnepKAAV 6X1 2pAT
21126113:1 2pAC| 6UII 2HV n2HTOV* , orA6 2ll2eiJX«)
IIAprtOM* 6T6UII 2HV II2HTOV OTA6 2ll2eilOV6AA6
6VOV6pBOOII6" — M lieT3:A2:X 2I126IIBAKA6 1106 6:yAVAAC n<ri IIATCBU) H 2IIIJKieApU3AOG' H AAAT ll2tUB
p. 17 iJTeiu6iii6" (lï.) oviyHp6 6q3:i 2pAq II2A2 iicoH eqx6p
(ropT6 6p()q UAVAAq 6IC 2HHT6 "fp UIITp6 IIHTII tO
iiA^upe — 3C6neTirAAij6A6i 6n6qiyHp6* eq2iiovnopniA
6X1.1+ CBU) IIAq IKjKTOq liqil6TAIIOÏ* n6qKpiUA IIHV 62pAI 63;:tOq 2Un6IKOCUOC (1)" 2IJnK6AÏUJII T6M'T\H 6T6p IIOB6 IITOC eTIlAUOV' KATA n6TCH2 UnUJpcr6
T6IIOV Cl) iiA^np6 iiu6piT' un6pAii6iX6 ep liei2BHTe
n^UAOq 6T6IIII 2MV II2UTOV — II20V0 A6 2llli:yAa:6
iiAproC — :x6KAc 1111611+ iiovirc uniiovT6 2iiii6iinpAgic eeoov* — aa.va covn Tcriiip ^a 6Tnp6n6i
tu ll6\piCTIAIIOC 6TOVAAB (2) * UUnCDTH" lITlICtOTII
2tot()ii opoq 2iTiiiienpoc|)HTHC. éTovAAB' eq:xa) Ouoc iiAir a:e+iiAKTo iiiieT6ii^A ev2BB6 (3)* Avo) ou
2C6AIUeCT6 ll6T6lliyA' AIKTOI eBOA UUOOV'
p. 18 AVO) A'6+IIACrU)-(lH)^T Ail' 6Xn HeTIIOTtOIJ2 6BO.\
2llll6TeNIIOCr ll>yA' AVIO ou X6ll6Teil^A TAyv\H
UOCre UUOOV eT6TUGOOV20'6 OVU 620VU' «)
UAU6pATe 6n6p nU66Ve* UUeiUAKApiOC UlipOCTATHC 6TOVAAB n2AriOC AUA OVAUOqp6" UAUAXCUpiTHO
6TCUAUAAT' UUOOV tO UA^Hp6 UU6piT'
OVAUArKAIOUn6 en620VO* AVtO 0VC06IT TAp
6UAuovqn6 n6p nu66V6 uuaikaiog — ^opu uu
UOO:^i6 2UUIITC6UUOG lUU* UUUUTCAB6 UIU
6T2un6xc 16 ueuyoeic' — uee uTAi^pu xoog'
6T6TU+ 600V UnUOVT6* AVtO 6T6TU+ 600V UIIApUT6
(1) Ajoutez AV(0. — (2) Lisez 6II6TOVAAB, pour UU6TOVAAB (cf. p. 22). — (3) Lisez 2UBe.
DISCOURS SUR S. ONNOPHRIUS. 51
THpOV UriAlKAIOC" AVCO eT6THTA6IO II6HOVHHB
unMOTTe" uiiH^u^^iT uneerciACTupioii eTovAAB" — wjyopn un eTeTiiiydiiovcDiy eei oboa* eurieTiiHi'
6BtOK en^'JA ,"iAH.\ IJ^yopn GT6I 6TeTeil2U-(lG)n6TIIHr p. 19
KiTeriiTeBe nxoeio TApeqcoovTii HTeTiieiH* — crto ou' eTeTWi^Axe* 2iiii^Aa:6 iinuovTe" uiJiJAruuu
UHUnOATTGIA IIIJ6TOVAAB' IJTeTI IT U AH6I \e ep
MGiuHTAOHT iiAi tJTAi^epii :xoov epcoTri IIKGCOri ereiixcoiiei uiiM:?k:AK' 2mi6Tii(ri3f' mai eTeTiieipe uuooV iiTtoTii Ae (1) aj iieeioiiH otbha gboa*
UUII^AXe II^BtO* MAI eTeTIIAtO UUOOV AeToeiT'
ATco ou eTeTU>yAMnto2 enuAprupiou' uiigtovaab'
+ UneTUOVOI* UCOOVTU eTGKKAUCIA UTeTUi^AHA
ATtO JIT6TUCOUO UUAIKAIOG 6TOVAAB' eTpeq-f BG
uHTii ep ueeBHve erep AUAq' eunereutoii?' — uuuou)c Ae ou UTeTUGOUC UnAlKAIOC gtovaab' aha
oTAUoqpe' eTpeq3:i euoT e:xujTu uuAepunyoeic* iic|pTuvTu luln^yA (k) eKArpououeï (2) uuua(| p. 20 euuuuve* Avto iiTerucnovAAï.e' ep tgv^u upoeic 2UOVUUTUAI2IC6 — eTeTuf" ovBe eneiuHB'
^^uleyAAuoc gtovaab" — eTCTiiovco^B ucAneTyAAAei
eUOVUlITpUUeUT" euil AAAV jyAXG U U UGTZITOVCOCOq
euTGKKAuciA 2UAAAV u^Axe uAprou' — Avto OU uuepei
GBOA eureKKAUGIA' UTGTUZUOOC eipUUpO* IITeTUiyA2C6
?u2eu^Aa:e eri^oveir* uuuexuepuv uueeucvuTex'iA" — 2UUAI l'Ap eTeTUKATA(l)pouei uu^yAiïe unnovre* avco eTCTUTAeio uuxi epAq er^oveiT iieovo Ae (3) u>yAA'e gtovaab uuuovre' — aaaa ^toue ereTuf- 2tutu eueTovto^ uuoov eptoTii euTeKKAuciA ureTUKAAv ZwueTuguT — AeKAc: GTeTiiAcrco eTerii^Axe uzutov
(1) Le Ae est à bilTer.
("2) Au commencement de la ligne, en dessus UOV (? UOVKA'i'pouo- UIa). —(3) Au lieu de Ae, lisez •e-.
52 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
p 22 2*"^GTHHI" mi-(KB)M6Teil^lipe" UlllieT2ITOVa)TII
iioToei^ mu — eTeTii>'JAiia:ujK ag gboa iiTev^n iipoeic iiTeiee' eiiovuuTpuiieHT" eTnpenei iiii6totaab
- — CnOVAAÏ.e AG OH eTLITCUn AAAV, lieilKA IIOVOJU" H
fiVAi) Il exi 'fne iiaaav enTHpq" iyAirreTiicviiAre" irreTiJCtDTu 2ITIII1AIAKOIIOC' ^:euo()^e 2iioveipHije* ■ — ATU) ou neiK62coB iiAiiArKAioii uTerupoeic eptoTii epoq guatg eTpeTHTiiuoo^ye eepAi
BALlUeeVCIACTUpiOII ^IIOVIIOO' IIKIlIGTUlier GTeTGU- ^repTtOp AU eilT6TGIIOMIIUOO:±l6" AAAA GTeTII-
UOO^e 2IIOVTGAIIO" - — UIIIIGATpGTGTIIGAIIArG (1) MTGTIiCOJTU" eiTUIlAlAKOllOG SCGUOO^G eilOVCipUNG* UllUeTlliyGGpG' GTGTIIBUK AG GUGTGUHl" UUGpp 20'ï*0
eunovcjuu" uiiugcju — aaaa nTG-rii-h uucajiiA
p. 23 UIJA-(2)(Kr;TGq>:pÏA' UUATG GUOVAAÏ.G OU UJ IIAUGpATG IliyHpG G"f OVIIGpOG IIII2HKG" 2IIIIGTIIGIOGIK (3)'
UlllIGTGIIO^IIIO'iHOU' milIGTUHpn' XGKAG GpeuSOGIG
CUOT GpCJUTII UllUGTGTUAOrOUOV" ZUJC GATGTIip
^Opn' ATGTII'f UnUOVTG II2HTOV TUpOV IITOq TAp
UGIITAqXOOG* a:GUGTIIATGG OVA IIIIGIKOTI IIOV:C(0 UUOT lltop^y UUATG' GUpAII IIOTUAeVTUG* IIC|IIAGU3pU
AU UnGqBGGKG GTGTIIOVtOU AG OVIOU ?II0V20TG
UTGUUO'i'TG* eUOVUUTATCGI AU AAAA 2IIOVGUOV
UUOrCGi' OTAG eilOvfeG AU AAAA 21 IOVGTc|>pOCVII H
UIIOTOVpOT* GTGTIlS'AAAGI 2IIUGTIi?UT AVtO
GT6TIICUOT GUIIOTTG" UApGU^A.XG UIIIIOVTG ^(OUG
ÏUTGTIITAUpO 2liTGTIITpO(|)U 2IOVCOU* NOG
p. 24 GTGOVAIIArKAIOU GXptO UTG-(ka)tPO<|)U 2iOVGOn
UCa)UATIKOU 0T20V0 AIJArKAIOII oiiiig' GXtopHrGi
UTGVfTXU IITGepG UnilIKOR' GTGUAine U^^AAG
UnilOVTG UApGKCFII UGKCUJUACrG OTII GC|OrU)U 2UT62pG UnGIKOCUOC' 6peTGN|/TXH AG 2aJtOC GAAII^y
ÏUIIAnUOVTG" TGTpO<t)U PAp UTGyv\HnG n^A3fG
(1) Sic. — (2) De GTGTIIBUK à UUA sur une rature. — (3; Sic.
DISCOURS SUR S. ONXOPHRIUS. 53
iiiiiiovTfi* — Tr;Tpoc|)n l'Ap unccouA ^MAcp X'piA iijyonc eaeouiiT* AV(() :yAcp \piA ou neeiineipAcuoo iyAiiTeKGOo'/ec eovii (1) iiak" — TGTpocIiii Ae ecotoG LiTeyvxHnG ii^'jAXo iiniiovTn" ,"JAK2e epoc iiA:iii:kii iiove^ un(;ipACLK)(;' — ■ f:T(;Tii:yAii:xnK ecur. iiiii ei>o.\ eTnpnriGr iiii,"ja gtovaab iiTGTiiKTeTiivTir GiieTiiui
eilOVGipHlie' liriGpAO eTGTIIGipG liriMGGVG UHGXt: IIIIAV
mu' HGIITACI'h CrOII IIIIAIKAIOG UII-(KG)uUApTHpOG 95
THpoV AV(t) GTGTIIOHO GTGTII {SW) (2) IJUOq" UnG200V UIITG'i\vyir TApGC|pTHVTII lllin^A 1 1 K WpOIIOLIGI '
UIIIIGTOVAAB" TAITG OG UTAtj2COII GTOOTII IIOM HGC^AI
GTOVAAB' ^:GIIGGVG' GHXOGIG AVU) KIKVp IIAOTtO^y
TUpoV AIIOII AG eaXOli Gpi^AlinGp HUGGTG fVCO"
GqUHHIK; GBOA 211 IIGI IS'VXII " IIOVOGI^ IIIU" TmiAa:OOG
etOCOIl' UlinGVf AAUOAOG GTOVAAB AAVGIA HOVA ROTA
UUOII A'GIIGIIIAV GII^^OGIG UHAUTO GBOA IIOVOGI>'J IIIIJ — XGqeiOVIlAU ULIOI A:GKAG IIIIAKIU GTGI TG TAKGCApg
HA0V(02 2IIOV2GAniG T^INKIU l'Ap GTGq^ASG GpOGTG
TO-llipiKG UnilOBG* Gp^yAimpCOUG TAp KA FIIIOVTG
UHGqUTO GBOA IIOTOGI^' «HU GqonO^JT GpOtJ 2IIIIBAA
IITGyVJCH" Gq2A2THq liqilApiKG AlinG' GM-(KS)GnilOBG (3) og GI1C2" — HAI TApnG nUGGTG IITAI IGTOVAAB THpOV"
^|)IAOCO(t)IA (4) U2HTq ^AHT0rnC02 GH^il IITUIITTGAIOO
AIIOII AG eCOCOII IIGGIIHT' A'*CO IIA^JIipG IIIIGpiT' IIApGTGlKniinCOCOliG GBOA eURGILIA IKFOIAG' ^^tOHG 6C2AGIATII II200V IlILl' AV(0 IITGI2G TU II AH ApAITGI
UnilOBG" KAI PAp IIAUG OTHGOOVII AU linG200V"0VAG
TG'ïMlOV GTOVIlACjlTir G?IIAII AU GBOA eUlIGlUA lUrOlAG
IITIip ^'JIIUO GpO(| ^AGIIG2* TU6AGTA (5) l'Ap linUOV
OVO'lllUCOT GBOA UIIIIOBGUG' — GTBGUAI -fuApAKAAGI IIUCOTII CA2GTUVTII GBOA UUIIOBG — KAII G^yXG AIIA^^AXG
(1) Lisez G20VII.
(2) Le verbe, GO ne peut-être ou TCOB2, manque. — (3) Sic. — (4) Lisez ([)l'VOCO(hei- — (5) Lisez TO-IIIUGAGTA.
54 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
tOKU M20me II2HTTHVTII - — AAAA eUMCTOU UUOI eKA
ptOI GTUl^AXe HU UHTII 6TBeneTKIOT2CAI OVA6 OTKOTI
p. 27 I1U-(kï:)kA2 IJ2HT AH neTIIATa3UMT epoï ei^AHKIAV"
eveice eAqTtouT eptOTii •.6:y2i:e iiT6Tiip eoTe au aiiok
-j-^TpTUip eUATfi* eTBGTHTTU* 6TBeOV IIAIITCUC TeTNO IIATCOOVII XO'fp 20Te eApCUTIl" ATOTIIIIAT TAp
eKieiiiocT (1) ii.^'jajiie eTo^y iiTAqiiTov e2cajii ii2A2 Mcon ijcri niiovTe' eTBeiieiiuoBe' — T6rpA(t)H ueii TAp 6TOVAAB xu) uuoc' xeii iieTfiiiei p6 liée iiueieeeiiiKoc — eTBenAi* eiovtoiii eTpeTeTiiKeTTUTTii eBOA iiiieTeniJOBe" — rota A6 hova kata Tequeiue'
— ApHv niioTTe iiA^eiie 2THq eepAi ea:uneiJKTO' iKjTpeTeqoprH ao 2i:xajir neqiiA rAp cbtu)t IIII6TKTOOV 6BOA 2iiiieviioBe — iiceeipR iieeiiKApnoc evun^A irriieTAiioiA — irioq rAp ii(3iiTAq3:ooG
p. 28 2iTunenpoc|)HTHc let^eKiMA* 2ce-(KH)TAiioueiA'
unAceBHC iiABUKoq euneeoov eTeqiiAKToq gboa
2IIT6qAIIOU6IA* 11^ Al ITU KTOII A6 nAIITtOC qilAXUjp
iiTeqcHqe* iioe iJTAq:xopG ezeiiKoore" — 2A2 ag ou
AVII63: 200V IIGA200V GVZillIGTIIOBG ATGTUOT
GTZAeOTG GTUUAV Gi G^CtOOV UUATOVeiUG* GTCOOTU
AU XGAV^^tOUG liepe ljnK<JL)2T UIIIIBIIT Ili^AGIIGe OTOI
AG AG (2) lllieTIIAp AUGAUC" GnGVOV^:AI UATAAV
IICGCrOJ GVUUHIie gboa 2IIIIGVII0BG iyAIITOTUOT* — IITAIJIU KtOAV LIUOK G»:! C2IUG tO UpCOUG iyAUTGKKCO
GKHOpilGVG Il IIIU llGIITAqKtOAT UUO CO TGC2IUG G2CI
2Ar KATA nilOLIOC* SIGIlUGpeG GVAOIŒG* UnopillA'
Giy3:G uuiiiyo'ou uutOTu* gtkpatgvg (3) uucotii — gig
p. 29 nrAUOC GTFBBHV KU G2pAI UUpCOUG AI (ko) G2IUG UAK KATA UIIOUOG AVIO UApGGXI 2AI 2tOCOG IKFI TGG2iUG
GUUIJOBG Xi GpCOTII UOIIOII U UGpUOpiJGTG*
XGUTGTUeGUGBIHU TAp IITGTIIIIA>M qGI AU 2AIIKOAACIG*
tO lIGTGOOq UnGVCtOUA eilOVnopillA' GITG 200TT*
(1) Pour GIIGIIOO- = GIJUOO^. —(2) Sic. — (3) Lisez GGP-.
DISCOURS SUR S. ONNOPHRIUS. 55
eiTe 62iue* eK^amiAV rAp evKe\6Biir h ovcnqe eccBTioT enoTneT enocirr uneTiictouA uiiiieTiicApg eoT6 LiHnecTtoT iiA-rpeKtocrp cxeTcoir iiee nneKoiie (!)• — arto khacohc guatg eiieeHpueioovn eK+ iieeiieouoAoriA' enepHT erup iiobcî 3:iiiun6iiiAV 11611 pcuLK: (2) eTKOAAï,e uuoK* — 6^:^:6 TeilOT <JU riptoue* AKp 20Te zhtov iinpcoLie gtkoaaïg uuok* eTBeriTAKo' iineKctouA* to nptoLie tieBiHii* h (3)
6KU-(A)n^A IIOTHp IHîp eOT6 2HTC| UnilOVT6* p. oO
neTGOTii o'OLi ULioq gtako irreKVK'i^Xn uiineKCUJUA* epAi eirrreeeiinA* xeunHKCAetoK gboa uniioBe —
KCtOTLI TAp 6TeKAnOct)ACIO IIOVOGI^ IIILI LU
neTHopiieve eqxco ulioc iiak* >:6neTG(jotoq unepne Liniiovre fiai niiovre iiATAKoq — avco on eKccoTu 6TBeiienTAvp iioBe aieiieTGApg iiAiioriieT enecHT* evAee epATov e^cmierovepHTe' ato) iigtbaa uA^yovo
UOOV' GBOA 2IHI6TKtOAU ATtO lieVAAC IIAOTOTOVGT
eilTGTTAnpO ATCO OU XeunenBlJT (4) MAUOT AU AVUJ
n6VKto2T iiaa:6ua (5) uce^ytone epecApg uiu iiav epoov — UACUHV UApeup boa eTopru ATa3 UApeiip ?OTe 2HTq unuoTTe UApeiip eoTeo^e reuov eBOA inieFicviuioiA eeooT — uuueinAGoc (6) (aa) GTCOoq p. 31
UTAVp OVA nOVCOT UUUAU' aZGKAG UUAXOOC ZU3UJH
euovnAppMGiA" +uAova)TB (7) uoTGOBT — 6iiyA:\:e
enCOBT UUHAOOG GTKtOTG GpOII* GTGUTOOVUG
UGUUOBG UUGMIG UUOu(8)* 2'aIO -fuApAKAAGI UUCOTU*
UUGpGtOTU GUGIjyA3:G* UTGTUU03:0T GUAeOV UUCOTU
UUGpKAAV 2UTGKKAHGIA HUA UTATO^OV GptOTU" UZUrq A^^UGUGpiMA^ — UTGTUGI GBo[a']aAAA UAp6u[G2A|-J COV 2l2CUIIG[nAAg] UnGU2HT UApGU:yA:VG u[2u]tOV
(1) Pour uucoilG- — (2) Pour uupcouG» — (3) Lisez GIG- — (4) Lisez UnGTBUT?— (5) Ajoutez AU-
(6) Pour UUUG- = UUU-. — (7) Avant -f ajoutez 3:6-. — (8) Ici se
termine le texte de Budge.
56 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
iiluvv iii[u] ?uneiiHi Avto eiiiieip' — avco eiiiieeiH
UUOO,"J(; KAII IIOVCOII [n] IIOU)' KAII (JllOp 2U)[li]
2iineii(n:\: — uApeiiTAToov eiieiieioue uiiiiev^Hpe uiiiieii2Li2cVA uiiiieiicBovi' uii[iieT]20Tp epoii" — ceiicvxiiovii [? PAp] (1) 2Apoov Av[to] on 2Anc [e. . .] p. 3.'(Mi)[. . .]ov" 2urie[2o]ov iiTeKpicic — [2a]uoi pio eruMpeii^ytorie iiAct)opuH xeiiTiieApee [au] epoii" iiuei[iie] uuoir 6Tu[p] iiobg [aa]aa eiiep nK6[T]toovii 2Apoov [ejrp iioBe" eTUTpeHeneiTeiuA mat [a]aaa UApeiiAo[oo] ecotoii 2ii[oT]nAppnGiA [3i:e]f iJAa:co [ujneKpAii eiiA[cii]HV — [avu) ou] a:(;aita[ ]
2UnA2HT' AVtO ON 3:6lieilTAKTAAV MAI' UnGITAKe AAAV
6BOA II2HTOV — niiovre nuAipcoue neTeneqovco,") >yoon euniiA" haï eTeiieqovto^ au eTpeAAAT tako*
AAAA GqtOB^ IJUO(| Gll U U HTX'JAqTG' AVCO tîqp HCOB^M"
iiiienTAiii~ AvriH uiioq ii2htov iiqAUA2Te iiTe[q]oprn*
eTUTpecei hboa e»:irniuuT(3VBiHii (2) — AqAAii iiun^'JA
p. 33 (ai-) uneqiJA exiiA^toq* atco iiq-f ee iiaii" eTpeucAetoii
6BOA II3:C02U IIIU UIIIIOB6 lllll IITHTBBOII IIA(|"
IIOV2HOIIOC eqovAAB AVCO ovAAOC oncoii?* — AVtO eqTOTHT eTpeqK«3 iiaii GBOA* IITIIAUGAGIA THpo iiTAooveiiie — iiqBUJA gboa iiTuiiT3:A:xe iiTAiixnoo iiAir ovTtoii iiLiuAq* — iiqecoTn epoii iiKecon' ii[qiie]2u TiiuiiT[TA]AoinopoG' — AVCO iiq\Apiï,e ii[aii]
IIOVIIA" Un[6]200V nTIIAIj[Ar]KH' 2ITIIIITto[Be UII-]
iiconc ii[iieii]6ioTe Tupov [e]TovAAB" htav[h]p aiiacj 3^111' uneiAUoii — II20V0 ag neArioc ara ovAiioqpe" nAHAX«JpiTH[c] — haï 6Teiicoov[26]2o[vM GneqTonoc] eT[ovAAB iiiioov] 2u[nTpeiip ^a eneq-] (3)pn[ue6ve
p. 34 eTOv]AA[B ] (aa) [• • .]c/ UIITLI I|[tI|]aIPCOU6"
u[n6]ii3k:oeio ic iiex^" haï eTGBOA [2i]TooTq' [neoo]v uneicoT [iiuu]ac| uii[nen]iiA eTOVA[A]B iipeqxAiizo
(1) La lacune ne renferma peut-être rien.
(2) Sic. — (3) La lacune n'admet guère autant.
DISCOURS SUR S. ONNOPHRIUS. 57 .
[a]vco iieoiioovcioii reiiov on (1) avco iiovoei^ iiiir
^yAlieiAICUII (2) Tiipov IIIIBIAKOII 2AUIIir
{Écriture penchée à droite)
\i\xa)K GiiOA lien nAoroo" iiTA()ovoq (3) iicri ara nicGiioioc iiiiToov fiTciirir crriienneTovAAB" ara ovAiioqpe GvY-oo'/ miiiovrij : —
niioTTe ii6HTAq.\i iiTeevoiA iiab6\ iiiin\enToii GiiAV iiTe\iipA' ii^hef; etotoq luxooic 6KC:GUOv eiieiiTAq(|i iilpojov^' uiiei>:u)(uue' evp nueeve
LinnGTOVAAB AFIA OTAIlOqpG (ag) 3:GKAG 6(|IIA3:I 2UOT p. 35
O'toq" iiiiA2p[ii]niiovTG' iic|XApiï.(î iia(|" iiriKto gboa
IIIIG(|IIOBG' AUHII :
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TRADUCTION
[Un discours {"kô-^oi) prononcé par le ,| Apa P[isenthius, évêjque
(ânbxoTîoç) de la ville (tzoXiç) [de Keft. Il] le prononça à la commémoration de (l'homme) parfait (téXeio;) et le héros en vérité (àX/jôtoç) du Christ, le [saint (àycoç)] Apa Ouanofre, l'anachorète (àvaywpriTrf;) et l'ermite (Ipr.txtxd?) consommé. En la paix (îtprJvY)) de Dieu. Amen.
Le saint apôtre (à;i:6iii.), le docteur Paul, la langue de parfum, nous a établi une loi (voiaoç) (6) que nous nous souvenions de nos chefs (7), ceux qui vous {sic) ont annoncé la parole de Dieu: ceux [doiit en] considéi\anl la haut]eur de [la condu]ite (àvasipoo/)'), imi[tez leur foi (Tctaitç)] * [ p. 2
(i) On ne voit qu'un o, à peu près efïacé et ou tout cas superflu. — (-2) Pour IIAICUII. — (3) Lisez IITAqTAOVOq. — (1) Ou bien 6TT/(^^= GT-
TAGIHt). —(.".) Ou IIIIAmpC)Gc|)OpA.
(6) Hébr,, xni, 7.
(7) Mot à mot : - grand.s ».
58 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
qui] méprisent (/.axatppoveïv) la loi (vo'ij-oç) de Dieu, y trouvent occasion (àçopjxrj) pour qu'ils ne se conforment pas aux saints, disant ces (choses) avec excuses, en disant : Nous avons [environ ii lignes perdues] désirer
[..'. de] lui plaire [ ] les premiers âges (ypdvoç). Car {yip) c'est lui, ce
même Dieu, aussi aujourd'hui; il n'a ni chg,ngé, ni (oioé) s'est-il trans- formé; plutôt (àXki) est-il prêt à fortifier quiconque veut devenir élu
p. 3 ' [environ 8 lignes fragmentaires'] et [aimant] le Christ. Puisque (ÈTceiSr;) vous avez entendu le commandement (IvtoXt;) de l'apôtre (ir.), qui nous ordonne de continuer à nous souvenir, ainsi qu'il dit (1) : « Souvenez-vous de vos chefs, ceux qui vous ont annoncé la parole de Dieu. »Et c'est pour cela que vous avez [5 iig7ies perdues] Apa [Ouanofre, au jour de] sa commémora- tion sainte. Écoutons le verset (ki^iç) qui fait suite à celui-ci (et) qui dit : Imitez leur foi (Tzh.). Or (ydtp), en disant : « Imitez leur foi {rda.) », c'est
p. 4 ces saints-[là qu']il nous [ ] * par ces [paroles?], que nous nous [con- formions... .5 lignes fragmentaires] la foi (rib.) [ ] et ce guide au-devant
de toutes les bonnes choses. Sans foi (;:ta.) il est impossible d'être agréa- ble à Dieu (2); sans foi {tAq.) [ ] un homme ne peut même commen- cer (?) à faire le bien [9 lignes fragmentaires] obtenir de Dieu son salaire. Pour cette raison, mes enfants bien-aimés, que chacun se montre zélé pour la manière de vie (-oXusIa) de l'homme juste (Sixato?) et saint (Sy.),
p. 5 Apa Ouanofre, l'anachorète («iva-/,.) béni de Dieu * et des hommes [4 lignes
perdues] chacun [ ] aime la vie qui dure. Car (yap) (le récit de) sa vie
(fit'o;) est instructif pour chaque génération (yevo;) d'hommes et (pour) tout âge (TjXizta), soit hommes, soit femmes. Même (xav) s'il ne nous sera pas possible de renoncer (àTOTdtaasaOai) au monde (x6c7.) et à ses soucis vains et temporaires, et qu'il nous faille perdre notre âme (ifu.) dans le monde
{v.6q.)^ (3) (comme) [ ] bienheureux (?) [Apa Oua]nofre, celui dont nous
célébrons aujourd'hui la fête, pour que nous [...] vivre [ ], selon (xaxd)
la parole sans mensonge du Christ. Mais (hXki) imitons sa vie (Ptoç) sainte, chacun selon [t^^-'Ôz) sa capacité. Et (û£) je vais vous dire, ô mes enfants bien-aimés, de quelle façon nous
p. 6 pouvons imiter la vie (Pt'oç) de cet homme vaillant, * le [saint (Sy.)] Apa
[Ouanofre ] jeunes gens, vous [qui ] l'ordre (xàyiAa) de la jeunesse,
[et] les jeunes filles, dont les corps (awaa) leur sont jeunes d'une jeunesse passagère (7:p6;-), gardez vos corps (aw.) purs en toute pureté, pour que vous deveniez en vérité enfants de ce saint dans le royaume des cieux.
Mais (BÉ) quand vous voyez la pensée [4 lignes perdues] vite [ ] sou-
venez-[vous des] combats (àyoSv) et du genre de vie {iiokixtlci.) de cet homme juste (Six.) et luttez (àycovfÇsoôat), vous aussi, contre le mal, comme lui; fuyez la mauvaise pensée, sauvegardant votre pureté sans lache, en
p. 7 liberté et honnêteté (-aepéç) et toute bienséance (-èXeuôspoç), * jusqu'à ce que vous deveniez [ ] mariage (yafAoç) [...] Dieu [3 lj2 lignes pér-
il) Hébr., xni, 7.
(2) Hébr., xi, 6.
(3) Matth., XVI, 26.
DISCOURS SUR S. ONNOPHRIUS. 59
dues]. Ain[si vous] deviendrez semblables au juste (8tx.) par la, pureté de votre chair (lâp?) et vos cœurs purifiés.
Et pour y arriver (l), que riiomme se restreigne à sa femme et la femme, de son côté, à son mari et que vous fassiez ce qui est juste (8tx.) dans toutes vos affaires: (par là) vous vous conformerez à la vie (p-lo;) de [ce saint (?). Et ([aév)] toi, [ô toi] qui en gouvernes (apyetv) d'autres, quand tu vois quelqu'un maltraité et que tu maintiens le jugement juste (Ô(x.) avec tout le monde, par là tu deviendras zélateur de la conduite (ivaatpo^TÎ) du juste (8tx..) Apa Ouanofre; et de plus, tu deviendras cohéritier (-xXripovo- fAo;) de tous les saints. Toi, au contraire, qui as de l'abondance dans la vie de ce monde (xda.) ' et des provisions (yoda.) que tu possèdes [pour un] p. temps, quand (?) tu [donnes] au [besogn]eux et que tu ne l'affliges pas pour ce qu'il te doit, et (quand) tu détournes ta main pour ne pas prendre de lourdes usures, et que tu nourris les pauvres de ce que le Seigneur t'a donné, tu seras devenu, toi aussi, sage (çtXoctopst'v) à la manière des saints, ayant fixé tes regards sur la hauteur de leur bonne conduite (àvaa-rp.) et t'étant fait leur semblable.
Mais (M) si quelqu'im te résiste et te provoque, tandis que toi, tu te sou- viens de la patience des saints et que, toi aussi, tu es patient [ ] celui
qui [t']afflige (Xuraîv), pendant qu'ayant le pouvoir de le lui rendre, tu ne le rends pas, mais que tu obéis plutôt [akM) au saint commandement (IvT.), qui te commande en disant : « Ne rendez à personne le mal pour le mal » (2), alors tu es un (homme) qui, pour ta part, te conformes aux
saints * par ta patience. Il t'est aussi possible [ ] aux autres [ ] mal p, 9
(TîovYjpdç) , selon (?) la parole de notre père David, qui se vante en disant au Seigneur : « Si j'ai rendu à ceux qui m'ont rendu le mal, je tomberai vide par mes ennemis » (3). Que chacim de vous, mes enfants bien- aimés, fasse attention à la conduite (àvacrup.) de ce saint bienheureux (;j.axd(pioç), ce vaillant (dtyojvoÔiTriç), le vrai athlète qui a bien (xaXwç) com- battu, Apa Ouanofre, l'anachorète (àva-/^.), au saint totoç duquel nous nous sommes aujourd'hui réunis, en accomplissant sa commémoration sainte ; pour que par là vous puissiez démontrer que vous vous êtes con- formés à sa foi et à sa vie (p(o;) droites.
Ce n'est point un honneur * que vous rendez au juste (Sî/..), en vous p. 10 réunissant à son saint to'tioç, si vous faites (les choses) qu'il déteste. L'honneur des saints dépasse tout honneur qui soit sur terre : car (yap) les saints n'aiment ni moqueurs, ni rieurs, ni ivrognes, ni ceux qui battent des mains, à la manière des gens sots et des danseurs (-épxeîtïôat) et du reste des déshonnêtes trompeurs (-aTtaiàv) ; ils aiment plutôt ceux qui se sont montrés zélés pour leur [(genre de) vie (l^toç)] et qui la sui- vent avec allégresse ; et [ils cherch]ent à les [sauver de] leurs péchés, pour qu'ils se repentent ([xeTavoEÎv). Car (y^p) ils aiment ceux qui observent
(1) M. à m. : Ce qui est = en d'autres termes.
(2) Rom., XII, 17.
(3j Traduction littérale, Ps. vu, 4.
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leurs jeûnes (v/iarei'a) de tout temps, sans tache; ils aiment ceux qui prient Dieu d'un cœur purifié ; ils aiment ceux qui gardent pur leur mariage (yaixo;) , ils aiment ceux qui gardent pure leur virginité (7i:ap6lvEta) dans la
p. 11 maison * de leurs parents. Tels sont ceux que recherchent les saints [et ils] voudraient que (de tels) se réunissent à leurs saints tottoc Le juste (8(x.) ne consentira (TretGEtv) point que tu l'honores de ta bouche seulement, en lui disant : « Mon père et mon seigneur et saint et juste (^t'x.) », tandis que (8é) d'autre part tu continues demeurant dans les choses qu'il déteste. De rtiéme que le Seigneur n'a pas souffert (àvlysiôat) ceux qui l'honoraient de leur bouche seulement (1); comme il le leur a dit, en les reprenant : « Pourquoi m'appelez-vous Seigneur, tandis que vous ne faites pas ce que je dis? » (2).
Si donc (Se) tu veux honorer le juste (ôiV..), honore-le de la pureté de ton corps (aôj.). Or (ydtp) le juste (8tx.) Apa Ouanofre, dont nous célébrons aujourd'hui la fête, accomplit sa vie (pfo;) dans la faim et la soif et les
p. 12 vigiles. Et [U) toi, * ô homme, si même (xav) tu ne sais pas jeûner (vyiaisustv) toujours jusqu'à la neuvième heure, jeûne au moins (xav) la sainte Qua- rantaine et les deux jeûnes (vr-jat.) par semaine (aàSSaiov), et contente-toi d'un peu de vin avec modération et d'une suffisance des mets (/,p£t«) nécessaires ((Jvayxaîo;) ; et ne t'amasse pas l'argent sans répit. Mais (SI), ô homme négligent (à^aeXrîç), qui vas au t^tio; des saints, si tu
es un fornicateur (zo'pvo?), ou (rj) si tu es un [ ], ou (ï)) si tu [ ]
(Sta ) (3) ton voisin par [ruse], pour que l'on lui fasse du tort, ou (tj) si
tu gâtes (TTovTjptieaOai) les biens de ton voisin, dans le but de les lui enle- ver, ou (ri) si tu le hais, ou (r]) si tu lui portes envie d'une envie amère, ou (ri) si tu es un (homme) qui fais fléchir le droit de ton voisin pour un présent (ôwpov), ou {■}]) si tu es un ivrogne, ou [r]) si tu es un (liomme) qui
p. 13 prends plaisir aux paroles vaines {àpfôi) * des chants impudiques — si enfin vous êtes de cette sorte et si vous agissez [ainsi?], ô vous qui venez aux T^TTot des saints, (alors) il ne vous sert à rien d'y aller. Car (ydtp) de telles choses, les saints les ont en horreur et ils ne consentiront (jtsîSstv) point que vous les fassiez voir en vous : encore moins (p-iXiaia) que quelqu'un d'entre vous les fasse pendant que l'on se réunit cà leurs tôkoi saints.
Car (ydtp) si tu entreprends un négoce (TrpayiJateta) mondain (x(5a.), ô homme, tu feras certainement (ndévrwç) de grands efforts (artouBoéÇeiv) en tout empressement (aTOuSrl), non seulement (où jjiovov) pour ne pas faire des pertes, mais (àXXà) pour que tu gagnes (xepoaîvstv) par ton trafic. Et si tu reviens comme tu es parti, n'ayant fait aucun profit, la chose te pèsera bien lourd; encore plus ([xàXXov 8É) situ as fait des pertes dans les (effets)
p. 14 que tu portais avec toi et que tu comptais (TcpocrSoxeïv) ' te dédoubler, (alors) tu (en) auras pour longtemps un grand chagrin (kÛKr\). Si donc (o5v) tu as ce grand zèle (aTOuBrj), ô homme dépourvu de sens, dans les choses qui vont bientôt périr, celles qui ne peuvent te venir en aide (PoYiOerv), ni
(1) Matth., XV, 8.
(2) Luc, VI, 46.
(3) Verbe grec que je n'arrive pus à identifier.
r
V
(lie
DISCOURS SUR S. ONNOPHRIUS. 61
[oùoi) être emportées avec toi au lieu où tu vas, combien te faut-il de zèle (g-ouoàÇetv) pour ce négoce spirituel (7i:veu[AaTixdç), afin de te l'acquérir? Or (yap) les marchands du royaume des cieux, ce sont les saints, et les vio- lents, [ou {r])1] ceux qui le ravissent (1), ce sont ceux qui font violence à k'urs propres âmes (■j'u.) par les choses vaincs de ce monde (xocr.)-
Considère donc (ouv),ô homme, (le récit de) la vie (pîoç) de cet homme juste (oÎK.) et ce combattant (à0Xr;Tï)ç) saint en vérité, Apa Ouanofre, et ai)prends comment il est devenu riche dans le ro/aume des cieux. qui dure éternellement; et applique-toi (arouSârsiv), toi aussi, * ô homme, à p. 15 t rnricliir ainsi dans le royaume des cieux, qui dure éternellement.
Prenez donc (ouv} garde, ô mes bien-aimés et mes enfants, dans votre union aux xôroi des saints, au jour de leur commémoration sainte, qu'en )us réunissant pour recevoir une bénédiction, vous ne receviez malé- ...ction au lieu de bénédiction (2). Ayez soin, ô mes enfants bien-aimés, de garder toute sagesse, soit (st'xe) en ce qui est des regards des yeux, soit lîht) de la démarche, soit (stie) de votre conversation. Et (os) les femmes aussi, qu'elles ne marchent pas le regard effronté (3), qu'elles ne regar- dent pas de leurs yeux aucun homme en face impudiquement; ni (ciôÉ) qu'elles se promènent le visage découvert, non seulement ici (4), mais (àXXâ) aussi dans les rues de votre village. Car {yi?) vous savez que déjà, maintes fois, je vous ai averties (iTïeiXsïv), * ô femmes, à propos de ces com- p. 10 mandements (Ivx.), et vous ne vous êtes point laissé persuader (àvé/.EaÔai) d'avoir honte et de mettre un terme à votre folie (|i.avia). Et (U) maintenant encore j'écris et je vous exhorte (Tiapa/aXeiv) et je vous ordonne bien, avec une grande exhortation (TtapayYîXfa), pour qu'aucune femme du tout ne sorte de la porte de sa maison ayant la tète découverte, ni (où8é) qu'elle lève des yeux sur le visage d'aucun homme étranger du tout ; mais (alM) que vous marchiez, ô femmes, ayant vos [yeux] abaissés à terre et votre vêtement (tombant) de toutes parts, en toute bienséance (-èXeuÔspo?). Et (ôé) de même, en vous parant (y.oa[j.£rv), que ce soit avec juste mesure et honnêtement (-CT£;j.vd;), en vous adonnant de tout temps à la parole de Dieu, avec grande attention et en en ayant toujours soif. .,/,.
Instruisez aussi vos garçons, * qu'eux aussi, ils marchent bien (xaXôJ;) ; j,. i(3 et (5É) pareillement vos filles (5), qu'elles soient attachées à leurs maisons et attachées à leurs maris. Car (xal yap) c'est l'instruction des parents qui élève les enfants dans la bienséance (-IXstiOepo;); mais (Zi) lorsqu'on les instruit avec faiblesse, à l'instar d'Héli, c'est ce qui fait fleurir l'in- croyance. Or (Bé) vous, hommes de l'auditoire (6) et aimant le Christ, conseillez {■KOLpay^ikeiv) à vos enfants de marcher en toute sagesse; car
(1) Cf. Matth., XI, 12. A noter l'e.xégèse que fait Pisenthius de ce verset.
(2) Cf. Gen., xxvii, U.
(3) Voir pour TAO BA\ Sirach, xxvi, 9 cXZDMG., 1914, 184.
(4) C.-à-d. à l'église.
(5) A noter la locution 'enfants femelles' pour 'filles', comme par ex. dans les documents de Djomé.
(6) Ou bien : liommcs obéissants.
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(Y»p) vous savez que je ne cesse pas de vous instruire et de vous exhorter là-dessus. Ne les laissez pas se divertir aux divertissements sans profit, ni (où5é) aux chants oisifs (àpTo'ç) qui sont sans profit, ni (oiôé) à la musi- que pernicieuse, ou {n) (avec ceux) qui frappent avec des bâtons (1), comme pour les gens sans instruction, ou {ri] avec des musiciens (xiôapio-
p. 17 8dç), ni (rj) rien de cette sorte. * Un enfant qui se divertit souvent aiguise un couteau à sa propre intention. Voici, je vous assure, mes enfants, quiconque néglige (a^jisXeiv) son enfant, quand celui-ci tombe en fornica- tion (^Topvst'a), et ne l'instruit pas, de manière qu'il s{'en) détourne et se repente (tj-eTavoatv), sa condamnation {y-fvj.cL) lui viendra sur la tète dans ce monde (xoa.): dans l'autre siècle (aWv) l'âme (ju.) qui péchera est celle qui mourra (2), selon (xaxdt) ce qui est écrit.
Loin donc de vous, ô mes enfants bien-aimés! Ne supportez (àvé/_£(j6at) pas que (l'on) fasse ces choses honteuses, où il n'y a point profit, ce qui est surtout le cas des paroles oisives (àpY6?) ; afin que nous ne provoquions pas Dieu par nos œuvres (r.ç.a.^ii) mauvaises. Mais (àXXâ) sachez, ô chré- tiens (-/ptaT.), la manière convenable (rpÉTveiv) de fêter les saints (3), de peur que ([j.r;7:oxe) nous l'entendions, nous aussi, qui nous dit par le saint prophète (npocp.) : « Je changerai vos fêtes en deuil » (4); et encore : « Tai
p. 18 haï vos fêtes, je m'en suis détourne » (5); et : ^ Je tie regarderai* point vos épiphanies dans vos grandes fêtes » (6) ; et : « Vos fêtes ^ mon âme {'j'u.) les a haïes » (7).
Vous vous êtes donc (ouv) réunis aujourd'hui, à mes bien-aimés, pour la commémoration de ce bienheureux (ji-ax.) et saint patron (7ipoaxd(TYiç), le saint (àyioç) Apa Ouanofre, l'anachorète (àva/.) béni, ô mes enfants bien- aimés. Car (yap) c'est chose très importante (àva^xaio;) et de bon renom, que cette commémoration du juste (8(/..). Avant tout (-|- jxév) marchez en toute honnêteté (-(i£[j.vo;) et toute sagesse, lesquelles sont du Christ Jésus, Notre-Seigneur ; ainsi que je l'ai déjà dit, en glorifiant Dieu et glorifiant toutes les vertus (àpstr)') du juste (oî/..) et en honorant les prêtres de Dieu et les serviteurs du saint autel (OuotaatTÎpcov). Et ([A^v) d'abord, quand vous vous disposez à sortir de vos maisons, pour
p. 19 vous rendre à la fête, priez d'abord, étant encore (hi) dans ' vos maisons, en demandant à Dieu qu'il dirige votre chemin ; et continuez de réciter les paroles de Dieu et les combats (^Yt&v) et la conduite (roXixsfa) des saints; et ne vous laissez point aller (àvéysaâai) à faire des sottises, dont je vous ai déjà entretenues ailleurs, à savoir, les chansons et le battement de vos
(1) 2iA.ZX parfois stridor (denlium), Br. Mus., Catal., n" 2C0; Mém. Jnst. fr., IX, 46. Donc ici"? 'frapper'. Pour BAK.\e cf. Zoega, 335, BAKAA, sans doute pixXov, comme l'a supposé Zoega.
(2) Ézéch., xvui, 4.
(3) La leçon du ms. donne : Sachez, ô chrétiens saints, la manière conv. de fêter.
(4) Amos, VIII, 10.
(5) Ib., V, 21. ,
(6) Ib., v, 22.
(7) Is., I, 14.
DISCOURS SUR S. ONNOPHRIUS. 63
mains que vous (avez coutume de) faire, vous, ô femmes négligentes (1); et les récits fabuleux que vous chantez, (appelés) « complaintes » (2). De plus, en arrivant au saint martyrium, allez de suite à l'église (Ikxà.), priez et demandez au saint juste (ova.) qu'il vous mette à même de faire les actions qui lui plairont dans votre vie. Et {U) ensuite priez le saint et juste (Sîx.) Apa Ouanofre pour qu'il intercède pour vous auprès du Seigneur, afin que celui-ci vous rende dignes * d'hériter (y.XripovojxEî'v) avec lui dans p. 20 les cieux; en vous appliquant (anouBàÇetv) à accomplir la vigile avec dili- gence, en combattant le sommeil par de saints psaumes ('|aX.), en donnant les réponses à celui qui psalmodie (({^aXXsïv), avec attention et sans que personne parle à l'église (èxxX.) avec son voisin, en d'oisives (àpy6ç) paroles. Et encore, ne sortez pas de l'église (èr./.X.) pour vous asseoir à la porte, en débitant des paroles vaines, l'un à l'autre, et (en faisant) des rendez-vous (auviu/ £a) ; car (ydcp) vous méprisez (xataçpovstv) en cela la parole de Dieu et vous honorez le plaisir vain plus que la sainte parole de Dieu. Soyez plutôt (àWi) attentifs à ce qu'on vous lit à l'église (êxzÀ.), le plaçant dans vos cœurs, afin de continuer à le réciter dans vos maisons, . avec * vos enfants et vos voisins, à toute heure. p. 22
Donc (oé) la. vigile ainsi terminé, avec le soin convenable (jipÉivetv) aux saints, faites aussi (+ o^) votre possible (aj:ouoâretv) pour ne rien manger, soit mets, soit (/]) boisson, ni (rj) de rien goûter du tout, jusqu'à ce que vous ayez communié (auvaysiv) et que vous ayez entendu de la part du diacre (Staxovo?) : « Allez en paix (etpTfvr,) ». Et cette autre chose importante (àvayx.) aussi qu'il vous faut observer, (à savoir) que vous vous approchiez de l'autel ^GuaiaiTTÎptov) avec grande circonspection (â7:i'jT:v]';j.rj), sans être désordonnés en votre démarche, mais (àXXâ) marchant avec décence. Quand vous aurez communié (juvayav) et entendu de la part du diacre (o;a.) ; « Allez en paix (sîprjvTi) », en vous en allant (+ Bé) avec vos enfants, à vos maisons, ne soyez pas gourmands en mangeant et en buvant, mais ÇxXki) donnez au corps (aw.) ce seulement dont* il a besoin (-ypet'a). Ayez p. 23 soin (a::ouoàÇ£tv) aussi, ù mes enfants bien-aimés, de donner aux pauvres une part (;j-^po;) de votre pain, vos mets et votre vin, afin que le Seigneur bénisse et vous et ce que vous mangez ; puisque ( w;) du tout vous avez d'abord donné à Dieu. Car (yap) c'est lui qui a dit : « Quiconque donnera à boire à un de ces petits seulement un verre cVeau froide, au nom d'un disciple ([AaO. ), ne perdra pas sa récompense » (3). Et (os) en mangeant, mangez dans la crainte de Dieu, non pas d'un (appétit) in.satiabïe, mais plutôt (xXXâ) avec bénédiction et à suffisance : ni (oùoi) avec ivresse, mais plutôt (àXÀà) avec joie (eù^poaûvri) et allégresse, en psalmodiant ((faXÀeïv) de votre cœur et en bénissant Dieu (4). Que la parole de Dieu soit dans vos
(1) M. à m. 'dissolues'; mais ici le laot se rapporte à des façons légères, peu dignes du lieu sacré. Cf. B(0.\ eBO.v dans CSCO., 73, 213; Rossi, II, ni, 3U: Budge, Mise. Copt. Texts, 150; Zoega, 333.
(2) Traduction ailleurs de Op^vo; (par ex. Ainos, vni, 10; Sirach, xxxvni, 16).
(3) Matth., X, 42.
(4) Eph., v, 19.
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bouches en même temps que la nourriture (tpocpr;). De même qu'il est néces-
P- 24 saire (àva^x.) d'user (-/.pàv) de la* nourriture (xp.) corporelle (afO|j.aTty.d;), il est encore plus nécessaire (àvayx.) de pourvoir (/.opriysiv) l'àme de mets spirituels (7îveu[AaTr/.6«), à savoir, la parole de Dieu. Ayez donc (o5v) soin (1), tandis que votre corps (aw.) mange des mets de ce monde (y.6i.), que votre âme ('J-'j.) au contraire (8é) se nourrisse des choses de Dieu. Or (ya?) la nourriture (rp.) de l'âme ('j-u.), c'est la parole de Dieu. Car (yâo) la nourri- ture (ip.) du corps (aw.) a besoin (--/psîa) d'être achetée pour de l'argent, et de plus, il est besoin (--/^psia) d'efforts (;:£tpaa;j.6;i jusqu'à ce que tu l'aies rassemblée; mais (ôé) par contre, la nourriture (rp.) de l'àme (^u.), c'est la parole de Dieu; tu la trouveras gratuite, sans aucun effort (-etp.).
Lorsque vous aurez accompli tout ce qui convient (TzpÉjreiv) aux fêtes saintes et que vous serez de retour à vos maisons en paix (etprjvr)), ne cessez point de méditer le Christ à toute heure, celui qui a prêté force à
p. 25 tous les justes (Six.) et* les martyrs (tiâpiupo;) ; et continuez [à le prier], jour et nuit, de vous rendre dignes d'hériter [y-Mp-) avec les saints (2). C'est ainsi que l'Écriture sainte nous a ordonné : « Médite le Seigneur et tu accompliras tous mes désirs » (3). Quant (oé) à nous, si le souvenir (du saint) persiste toujours dans nos âmes ('}u.), nous dirons, chacun de nous, avec le psalmode (^{'a^[x.) saint David : « J'ai vu le Seigneur devant moi de tout temps; car il se tient à ma droite, pour que Je ne sois pas ébranlé. Ma chair (aâpÇ) même (hi U) demeurera dans Vespoir {ïkT.li) » (4). Or (yiépj l'ébranlement dont il parle, c'est l'inclination au péché. Car (yoEp) si l'homme met toujours Dieu devant soi, en fixant sur lui les yeux de l'àme
p. 26 (>l'u.) et en restant en sa présence, il ne se penchera jamais au* péché. Telle est, en effet (yâp), la pensée qu'ont méditée (çiXoaocpsî'v) (5) tous les saints, jusqu'à ce qu'ils eussent atteint la mesure de la perfection (-TÉXeio;).
Et (o^) nous aussi, pères et enfants bien-aimés, que notre translation de ce lieu passager nous soit chaque jour devant les yeux; aussi éviterons- nous (::apaiT£ta0ai) le péché. Car (xat yâp) en vérité, nous ne savons ni le jour, ni (oùSé) l'heure où l'on nous enlèvera, malgré nous, de ce lieu de passage, auquel nous allons devenir à jamais étrangers. Car (yap) la contemplation (-[xsXexav) de la mort veut dire la fuite du péché. C'est pourquoi je vous exhorte (TiapaxaXav), fuyez le péché.
Même (xav) si mes paroles attristent quelques-uns d'entre vous, je ne saurais pourtant {hXkd) garder le silence et ne pas vous entretenir de
p. 27 votre salut. Et ce n'est * point une petite tristesse qui va me frapper quand je vois un malheur qui vous a atteint; si vous, vous n'avez pas peur,
(1) M. à m. - Trouvez votre corps, tandis qu'il mange >■, Locution dont je ne me rends guère compte.
(2) Cf. Col., I, 12.
(3) Je traduis exactement le texte. Je n'ai pas identifié la citation.
(4) Ps. xy (xvi), 8.
(5) Ce mot se retrouve : Budge, Mise, 215 : Véflécliir à, tenir compte de';Br. Mus., CataL, n° 239 : 'se montrer philosophe'; Paris 131-', 92, de même.
DISCOURS SUR S. ONNOPHRIUS. 65
moi je suis grandement troublé à cause de vous. Comment pouvez-vous d'ailleurs (xdévrojç) ignorer que je craigne pour vous? Car {-((iç>) vous avez vu ces (1) grandes et sérieuses maladies que Dieu a fait venir maintes fois sur nous, à cause de nos péchés. La sainte Écriture (ypaçri) dit en effet ([i.èv y(ip) : « Vous ne ferez pas comme les païens (lOvr/.dç) » (2). C'est pourquoi je désire que vous vous retourniez de vos péchés, et (ol) chacun de (xaxâ) sa propre façon (3) ; peut-être Dieu aura-t-il pitié de notre retour et fera-t-il cesser son courroux (ôpyTi) à notre égard. Car (yap) sa miséri- corde est prête pour ceux qui se détournent de leurs péchés et qui produisent des fruits (zap7:6ç) dignes de la repentance {[xztâwit.) (4). Car (yap) c'est lui qui a dit par le prophète (x:p.) Ézéchiel : * « La méchanceté p. 28 (àvo[i.;a) du méchant (àasêTf;) ne lui finira point, au jour où il se détournera de sa méchanceté (àv.) » (5). Mais (5e) si nous ne nous détournons pas, assurément (xoEvtojç) il aiguisera son glaive, comme il l'a aiguisé pour d'autres (6). Et (oé) beaucoup aussi ont ajouté jour à jour en demeurant dans leurs péchés, (et) cette heure terrible leur est survenue, avant qu'ils le sachent, ignorant qu'ils sont devenus en pâture au feu et au ver éter- nellement. Mais (oÉ) malheur à ceux qui seront négligents (àjiEXYj'ç) de leur propre salut (7) et qui continuent à demeurer dans leurs péchés jusqu'à ce qu'ils meurent.
Qui t'a empêché (y.wXûetv) de prendre femme, ô homme, pour ({ue tu cesses de forniquer (x:opve'j£tv)? Ou (■^') qui est-ce qui t'a empêchée (xwX.), ô femme, de prendre nn mari, suivant (xaxa) la loi (v6[i.o;), pour que tu ne trouves plus prétexte de fornication (TOpveta)? S'il vous est impossible de vous contenir (iyxpaTeustv), voici que le mariage (yâtAoç) pur a été établi pour l'homme; prends- *toi une femme selon Cxarâ) la loi (v^aoç), et que la p. 29 femme également prenne mari, en étant tous deux sans atteinte de péché. Seulement (;jl6vov), ne forniquez (7:opv.) pas; car (y4p) vous êtes des misérables; vous ne sauriez pas supporter les peines (xdXaotç), ô (vous) qui souillez votre corps (tw.) de la fornication (to?.), soit (eI'te) hommes, .soit (el'is) femmes. Car (yâp) si (8) tu vois une hache ou (ri) une épée prête à tomber sur ton corps (aw.) et ta chair (aâpÇ), la peur et le tremblement te feront pre.sque (o7£o6v) devenir froid (9) comme de la pierre; et tu sup- pHeras beaucoup avec larmes, en faisant des vœux (ô[xoXoy{a) et en pro- mettant aux hommes qui te punissent (/.oXâÇeiv) de ne plus pécher désor-
(I) 'Les' peut être au lieu de ' ces'. Confusion du démonstratif avec l'article, qui caractérise .souvent les textes des basses époques. {■>) Matth., VI, 7.
(3) Ou peut-être : 'cliacun selon le genre (de péché qu'il a commis)'.
(4) Matth., ut, 8.
(5) Ézéch., xxxut, 12.
(6) Cf. ib., XXI, IL C'est sur cette thèse que Schenouté composa l'une de ses homélies les plus remarquables. Voir CSCO., 73, p. 11 ss.
(7) Cf. Hébr., ii, 3.
(8) M. à m. 'si vous voyez', etc. Ici (et ailleurs) confusion du singuliei- et du pluriel.
(9) M. à m. 'geler'.
ORIENT CHRÉTIEN. 5
66 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
mais. Or, si, ô homme, tu as eu peur des liommes qui te punissent (zoX. ), en ce qui regarde la destruction de ton corps ('jw.), ù malheureux, jusqu'à
p. 30 quel point dois-tu* avoir peur de Dieu, qui peut détruire et ton âme (Au.) et ton corps (aSi.) dans la Géhenne (1), parce que tu ne fes pas éloigné du péché? Tu entends en effet (yap) ta condamnation (iitd-isaa'.;) à chaque instant, ô toi qui forniques [r.op.), quand on te' dit : « Quiconque souille le leniple de Dieu, Dieu le détruira » (2). Et encore tu as entendu, à propos de ceux qui ont péché, que « leur chair (aâp?) tombera à terre, 'pendant qu'Hit seront debout sur leurs pieds, et leurs langues deviendront pourries dans leurs bouches » (3); et encore : « Les {sic) vers ne mourront point, leur feu ne s'éteindra point et toute chair (aap?) les verra » (4). Mes frères, évitons la colère (ôoytq) et craignons Dieu. Craignons d'ail-
p. :^i leurs nos mauvaises habitudes (auvrjOsta) et les passions (7:a9oç) * impures, qui se sont unies à nous, pour que, nous aussi, nous disions avec assu- rance (i:apprjcjta) : « Je franchirai une muraille » (5), je veux dire la muraille des passions (icdcO.) qui nous entoure, c'est-à-dire nos propres péchés. Oui, je vous exhorte (7tapa/.a).£ïv), n'écoutez pas ces paroles pour les rejeter (ensuite) derrière vous. Ne les laissez point à l'église (Ixy.X.), là où l'on vous les a lues, dépourvues de force (èvépyEta), tandis que vous sortez. Écrivons-les plutôt [àXki) sur les [tables (^Xdt^)] de notre coeiu- (6); citons- les à toute heure, à la maison et dans les rues et en nous promenant, même (xàv) en mangeant, ou (f]) en buvant, même (xav) en faisant notre travail manuel. Contons-les à nos femmes et à leurs {sic) enfants et à nos serviteurs et à nos apprentis et à ceux qui sont en relations avec nous.
p. 32 [Car (yâp)] on va nous interroger là-dessus, et il faut que [nous] * les [ ],
au jour du jugement (xpiat?). Puissions-nous ne pas devenir l'occasion (i!pop[jL7J) (de dire) que (non seulement) nous ne nous soucions pas de commettre des péchés, mais (àXÀa) que même nous en avons toléré (d'autres') qui pèclient, en tant que nous ne les avons point réprimandés (ÈTtiTtixàv). Mais (àXXa) disons plutôt avec assurance (;:appï)a[a) : « J'annon- cerai ton nom à mes frères » (7); [et encore] : « J'ai (?) [ ] dans mon
cœur » ; et encore : « De ceux que tu m'as donnés, je n'ai perdu aucun » (8).
Dieu, ami des hommes, dont le désir c'est la miséricorde (9); qui ne
veut point qu'aucun périsse (10); qui oublie plutôt (àXXa) nos méfaits et qui
(1) Matth., X, 28.
(2) I Cor., m, 17.
(3) Zach., XIV, 12.
(4) Isaïe, Lxvi, 24.
(5) Ps. XVII (xviii), 29.
(6) Prov., VII, 3. Ce verset ne se retrouve (dans les pubHcations actuellement à ma portée) que dans H. Munier, Mss. copies (Catal. Gén. du Caii'e,i916j, p. infra.
(7) Ps. XXI (XXII), 22.
(8) Jean, xvni, 9.
(9) Mich., VII, 18.
(10) II Pierre, m, 9.
DISCOURS SUR S. ONNOPIIRIUS. 67
passe sur ce que nous avons fait pour l'offenser (-XjT:r,), en réprimant sa colère (èpYï]'), pour qu'elle ne déborde pas sur notre misère; il nous a rendus dignes * de sa grande miséricorde et il nous a donné moyen de p. o''< nous écarter de toute souillure et de tout péché, et de nous sanctifier à lui, en nation (l'Ovo;) sainte et peuple (Xao;) (digne) de vie et particulier (1), afin de nous pardonner toute notre négligence (àjj-eXs'.a) passée et de dissi- per l'inimitié que nous avons engendrée entre nous et lui; qu'il se récon- cilie à nous encore une fois ; qu'il nous sauve de notre misère (-laXat-wpo?) et qu'il nous fasse grâce (yapîÇsoOat) de miséricorde au jour de notre nécessité (àvày/.rj), par les prières et les intercessions de tous nos pères saints, depuis (le commencement de) ce siècle (atojvj, mais (oé) surtout du saint (aytoç) Apa Ouanofre, l'anachorète (àvay .), celui au saint [-oxoç] duquel nous nous sommes réunis [aujourd'hui], en [célébrant (?) sa] comfmémo- ration sainte...]* [...] et la philanthropie de Notre-Seigneur, Jésus-Christ, ]). 31 par qui est [la gloire] du Père, [avec] lui-même et [le] Saint-Esprit (nvE3[j(.a) (2), vivifiant et consubstantiel (ôfioo-jato;), maintenant et en tout temps, jusqu'à tous les siècles (aîwv) des siècles (akôv). Amen.
Est fini le discours (kôyoç) que prononça Apa Pisenthius de la monta- gne de Tsinti (3), concernant le saint Apa Ouanofre, à la gloire de Dieu.
Dieu, qui acceptas le sacrifice (8u7ta) d'Abel et les deux oboles (Xexttô'v) de la veuve (/.^pa), de même. Seigneur, bénis celui qui s'est chargé de ce livre, en souvenir du saint Apa Ouanofre, * pour que celui-ci lui obtienne p. 35 faveur auprès de Dieu, et que (Dieu) lui fasse la grâce ^/ap;^^sOal) du pardon de ses péchés. Amen.
Que ce même Christ protège la vie du tout-vertueux (-avctocToç), véné-
rable(?) (4) et généreux (? --poacpopd) (5) [ ]na (6), de la ville (-ôÀu) de
Kebt, et quïl [ ] saints sur nous. Amen.
[Écrit] l'ère des Martyrs (/.pov. [;.àpT.) 748, (celui) des Sarrasins (? aapax./;- vrov) 422 (7).
De grâce (àyd?:/]), souvenez-vous de moi, Schenouté, et priez pour nous, pour qu'il nous fasse miséricorde. Amen.
^ (1) TOTHT = TtspioÛCTto;. Exod., xix, 5; Deut., vu, G.
(2) L'on constate plusieurs variantes de cette formule; celle-ci ])ar ex. dans Budge, Mise, p. 48.
(o) Les formes peu sa'idiques, Pisenthius et Tsinti, sont à noter. La forme que l'on attendrait, Tsente, est d'ailleui's assez rare.
(4) Leçon douteuse; peut-être 6K.OT 'père'.
(5) Également douteux; peut-être rillATO<i)op()C 'spirituel'.
(6) JMêna? Un nom propre est obligatoire.
(7) Los deux dates concordent à donner l'an 1031-32 de J.-C.
UN TEXTE ÉTHIOPIEN DU SYMBOLE DE SAINT ATHANASE
Le symbole qui suit provient du manuscrit or. 793 du British Muséum. La confiscation par la douane turque, lors de notre expulsion de Syrie, des textes que nous possédions et des tra- ductions que nous en avions faites (1), épargna, par grand hasard, quelques feuillets de ce manuscrit, que nous avions fait photographier il y a déjà longtemps, mais dont nous n'avions pas eu, depuis, le loisir de nous occuper.
Le manuscrit or. 793 est du milieu du xviii" siècle; l'écriture est petite et régulière; sauf quelques confusions ou méprises, assez rares d'ailleurs, du copiste, le texte est correct. Le sym- bole s'y poursuit d'un seul trait, sans aucune séparation ; nous avons cru avantageux d'introduire des divisions numérotées, afin de faciliter les références du texte à la traduction, et réciproquement.
Ce symbole est appelé Symbole d'Afrique. La souscription
(1) D'une façon tout à fait arbitraire et injustifiable, malgré protestations et... backchichs, la douane s'est emparée de tous .imprimés et manuscrits rassem- blés, pour plus de sécurité, pensions-nous, dans une malle de cabine : photogra- phies de trois manuscrits éthiopiens de la Bibliothèque Nationale, qui nous avaient été confiées par M'^'' Graffin, traductions préparées soit pour la Palrolo- gia OrientaUs (Canons apostoliques), soit pou-r cette Revue (Canons des saintes Écritures, petits recueils de décisions conciliaires, notices sur les Apôtres...), notes, lexique, grammaire, etc.. M. le Sénateur et Professeur I. Guidi, à qui nous contions notre mésaventui-e, voulut bien faire des démarches, pour nous faire, par l'intermédiaire de M. le consul général d'Italie à .Jérusalem, restituer notre bieh. Nous avons lieu de craindre qu'en raison des événements surve- nus, tout ne soit vain. Quoi qu'il en puisse être, nous tenons à dire à M. Guidi notre reconnaissance pour sa précieuse intervention, et à lui adresser, ainsi qu'à son fils, nos remerciements pour le bienveillant intérêt qu'ils nous ont témoigné.
UN TEXTE ÉTHIOPIEN DU SYMBOLE DE SAINT ATHANASE. 69
l'attribue à saint Athanase. Il est de même allure que le Qui- cumque, mais il en diffère assez notablement.
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70 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
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UX TEXTE ÉTriIOPIEN DU SYMBOEE DE SAINT ATIIANASE. 71
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X • toKA'V : H^.tt.'/ ! /uf.mç?» ' hA-i'Ai*}*» = >nAnA" • r AA : '^'iov ! r:^ • b-nix-v • h'in • ^'^o'i • nhA/V : Kt-oi'
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(1) M. .ell^îrX :
72 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
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^- : flï/w»^<f.A : 4».S.A î
15. — iD^/hVî: • 'ihri ■ /*'A-A î Hïi^nA ■ 'l%<.Arn ï flï'î
n-<: • liîi'ïnA : ï -t^Ar^ .• \\ao .. A^rlia^ : 6?iîr»hAh. ! fflhA
16. — ©h^n î 'ihr'i '■ \ïoo ! hSfhbb • ThA-Ahi: j îk'w» m ■ <w»Arii: : Ah*e> : -lA-n?»!: : (Dh.^'il-nh'l' ' Alreîr î ^A
(1) M. ii-fiy, :
(2) M. h.^^'^nnu.
(3) M. hîF^AT»* :
UN TEXTE ÉTHIOPIEN DU SYMBOLE DE SAINT ATHANASE. 73 (DfiàM î ^.ïl-7 : î^rTh<:i' : ?»Ah • A'JA?" : h'^'i •:■
17. — n-ii' : yj?,*^*,"!' •• î\rh<(. • ^'K'iP-A • Hin^ î on :
h'i'i' ' S^'h'l: • oDim. • A.T(rA ■ fl>Afl>-A"A ■ (Dh9^^'h ■ r
hdAfl>-y)*p : Kï ■ ^p•c^A : A'^a'^ ' ?»>» •• k**îii.îi •• .e-Z-J^-
TRADUCTION
1. — (F. 109 v» a) Le symbole de 'Afrâqjâ (Afrique) dit : Quiconque veut être sauvé, qu'il s'applique à la foi catholique, qui est apostolique, (et) qui enseigne l'union de la Trinité dans la non-commixtion, le conjoint dans la non-diversité.
2. — Père, dans son liypostase et dans sa personnalité, qui n'est pas changé de l'être du Père en l'être du Fils et de l'Esprit-Saint.
Fils, dans son hypostase et dans sa personnalité, qui n'est pas changé de l'être du Fils en l'être du Père et de l'Esprit-Saint.
Fit Esprit-Saint, dans son hypostase et dans sa personnalité, qui n'est pas changé de l'être d'Esprit-Saint en l'être du Père et du Fils.
Joints dans l'union, et unis dans la non-séparation.
•3. — Le Père générateur et non engendré.
Le Fils engendré et non générateur, image et figure de la nature du Père.
Et l'Esprit-Saint non générateur et non engendré, ni plus petit, ni plus grand, ni autre, ni différent de la nature du Père et du Fils.
4. — Une est leur divinité, une la gloire de leur majesté, une l'image et la splendeur, une l'intelligence et une la volonté du Père, du Fils et de l'Esprit-Saint; telle est l'union de la nature de la divinité de notre Dieu : (divinité) trine, qui n'est pas séparée, unie, qui n'est pas mélangée, égale, qui n'est pas diminuée ni augmentée, pleine, qui ne reçoit pas, combien grande en tout, qui n'a pas de limite; elle n'a pas au-dessus d'elle de toit qui l'ombrage, ni de fondement au-dessous d'elle qui la porte; elle e.st d'autant plus au-dessus du ciel des cieux, (pi'elle est plus profonde que l'abîme des abîmes : comme l'amplitude du monde ne la contient pas, l'étroitesse des lieux resserrés ne la comprime pas. Elle scrute le cœur (de l'homme) au flambeau de la sagesse; elle sait (F. 109 V b) le futur comme le passé.
5. — Père non créé, qui a engendré le Fils, avant que fût créé le monde; mais nous croyons en outre qu'il l'a engendré et (qu)'il ne l'a pas créé.
Et l'Esprit-Saint n'a pas engendré comme le Père, n'a pas été engendré
71 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
(•omme le Fils, il n'a pas non plus été fait et il n'a pas été créé, mais il a créé le monde, -sans abstraire sa Trinité de la nature du Père et -du Fils.
G. — Père, Seigneur (1), qui n'est pas plus grand que son Fils dans son être de Père.
Fils, Seigneur, qui n'est pas moindre que son Père, à cause de (son) être de Fils.
Et Esp lit-Saint, Seigneur, égal en divinité, consubstantiel, qui n'est pas séparé du Père, et n'est pas disjoint du Fils.
7. — Le Père existe sans commencement. Le Fils existe sans commencement. , L'Esprit-Saint existe sans commencement.
Le premier n'a pas existé plus tard que le deuxième, ni le deuxième plus tard que le troisième.
8. — Le Père (est) Dieu parfait. Le Fils (est) Dieu parfait. L'Esprit-Saint (est) Dieu parfait.
Et qu'ils ne soient pas dits trois dieux, mais un seul Seigneur, qui ne fait pas cesser sa Trinité, depuis avant le temps jusque dans les siècles des siècles.
9. — Le Père (est) Seigneur qui (est) au-dessus de tout. Le Fils (est) Seigneur qui (est) au-dessus de tout. L'Esprit-Saint (est) Seigneur qui (est) au-dessus de tout.
Et qu'ils ne soient pas dits trois Seigneurs, mais un seul Seigneur, qui ne fait pas cesser sa Trinité, dans les extrémités des extrémités (du monde).
10. — Et lorsque le Seigneur (Da voulu, il a opéré le salut du genre humain. // a envoyé Gabriel (2) {dans) une ville de Galilée^ du nom de Nazareth, vers ime vierge qui était fiancée à un homme du nom de Joseph, qui {était) de la maison de David, et le nom de cette vierge (était) Marie. Vange (F. 109 v^ c) entra vers elle et lui dit : « Réjouis-toi d'une {grande) joie, le Seigneur est avec toi, tu (es) béiiie plus que les {autres) femmes; et voici : tu concevras et tu enfanteras un fils et tu l'appelleras, de son nom, Jésus ; il {sera) grand et sera, ajrpelé Fils du Seigneur { Très-)Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son jjère, et il régnera sur la maison de Jacob éternellement, et il n'y aura pas de fin à son règne. » Marie dit à l'ange : « Comment cela me surviendra-t-il, puisque je ne connais pas d'homme? t> L'ange répondit et lui dit : « L'Esprit-Saint viendra sur toi. » — L'Esprit- Saint l'a visitée pour le sanctifier; mais pour lui, il n'est pas devenu homme selon sa nature (3). — Et (l'ange) lui dit encore : « La vertu du
(1) Bien qu'il ne semble guère douteux, surtout si le texte éthiopien est tra- duit du grec, que 'hItt.MXth.C doive parfois répondre à Ôeô; et non à x-jptoi;, nous avons cru préférable de traduire toujours par Seigneur, puisque aussi bien le traducteur emploie parfois hi'"ATfi qui est le terme qui répond le plus générale- ment à Beo:.
(2) Cf. Luc, I, 26 et ssq.
(3) L'Esprit-Saint a visité Marie pour sanctifier le Fils. IVIais l'Esprit-Saint n'est pas devenu homme selon la nature de Marie.
UX TEXTE ETHIOPIEX DU SYMBOLE DE SAIXT ATIIAXASE. t O
{Tr(''s.-)Haut te couvrira d'ombre. » — La vertu de la divinité du Père la rendit forte pour devenir la mère de son (1) Fils: mais pour lui (2), il ne s'est pas incarné d'elle. — Et alors pour la troisième fois, (l'ange) lui parla : « Quant à celui qui sera enriendré de loi, il esl saint et il est le Fils du [Très-)llant. » A ce moment, Marie dit: « Qu'il me survienne comme lu me dis. » Et aussitôt le Fils du Seigneur devint, pour elle, son Fils.
11. — Et en cela no<is savons quïl n'y a pas de mélange pour la divi- nité de la Trinité; (car) s'il y avait mélange pour la divinité de la Trinité, (ce serait) de (ce que) le Père, et le Fils, et l'Esprit-Saint auraient pris chair (le Marie, (or) l'Ange ne lui a pas promis d'enfanter le Père et l'Esprit- Saint, mais seulement d'enfanter le Fils du (Très-)Haut. L'ange lui a exposé (qu'il y en aurait) un qui la sanctifierait, un qui l'affermirait, et un qui serait engendré par elle.
12. — Or, celui qui l'a sanctifiée (est) le Seigneur parfait dans sa nature, par lequel est donnée la source de la sainteté .
Celui qui l'a afTermie (est) \é Seigneur parfait dans sa nature, qui a affermi la terre contre l'eau, et aussi l'eau de la mer (F. 110 r° a) pour qu'elle n'aille pas au delà de ses limites, et la terre aussi, pour qu'elle ne soit pas arrachée par les coups de ses flots.
Quant à celui qui a été engendré par elle, (il est) le Seigneur parfait dans sa nature, qui concilie le feu avec le bois du buisson, le bois n'étant pas brûlé, et le feu, qui est en lui, n'étant pas éteint, (qui) concilie sa flamme avec le sein d'un corps débile, le sein d'une femme n'(en) étant pas brûlé; et la flamme de sa divinité n'est pas changée de sa nature.
13. — Et il devint homme parfait comme nous, étant (toujours) Sei- gneur parfait comme son Père. Il a été tenu embrassé sur le sein de sa mère, tandis qu'il remplit le monde, comme son générateur; il a été nourri par les mamelles de sa mère, tandis qu'il nourrit l'homme et l'animal, de sa main; il grandit peu à peu, fut adolescent, jusqu'à (ce qu'il devint) homme.
14. — Et il est apparu dans le monde, non comme un fantôme, mais en os, et sang, et poils, et muscles, marchant, et un esprit de vie le mou- vant, (esprit) dont la nature était (la même que dans) le genre humain. Quant à ceux qui disent qu'il n'avait pas d'àme ni de cœur, et qu'en lui, sa divinité tenait la place de l'àme et du cœur, ils sont ignorants et d'un cœur animal. Et pour ceux qui disent qu'il était un fantôme, le fantôme (c'est) leur foi qui n'est pas glorifiée dans les souffrances du corps de notre Sauveur. Quant à nous, nous croyons qu'il a été fatigué, qu'il a sué, qu'il a eu faim, qu'il a eu soif, selon la loi de la nature humaine, et qu'il a fait des choses admirables, selon la condition de la divinité, et qu'il a été baptisé (3), dans le Jourdain, de la main de Jean, fils de Zacharie, et (alors) le Père fut témoin, pour lui, en disant : « Celui-ci est mon Fils que j'aime, écoutez-le. » Et ensuite il vit (que) le ciel se fendit et (que)
(1) Le Fils du Père.
(2) Le Père.
(3) Cf. Matth., ni, 13 et sqq.; xvii, ô.
76 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
r Espr.it- Saint descendit sur lui. sous l'ajyparence (F. 110 r=>b) f/'wne colombe blanche. Voilà donc (comment) il a établi sa Trinité, dans le lieu de son baptême, afin que soit manifesté le signe (1) de sa divinité (2), au grand christianisme.
Ensuite, il dit à ses disciples : « Allez et enseignez tous les peuples (3). et en les baptisant, dites : Au nom du Père et du Fils et de V Esprit- Saint. »
11 a souffert, par sa volonté; il a goûté la mort dans son corps et il a été enseveli, par son bon plaisir; il est ressuscité par la vertu de sa divi- nité, le troisième jour, et de nouveau il viendra afin de rétribuer tout (homme) selon ses œuvres.
15. — Quant à nous, nous croyons (Dieu?) trine sans être séparé, uni sans être mélangé ; (nous croyons) que le premier rfest pas inférieur au deuxième, ni le deuxième (inférieur) au troisième, ni pendant une heure ni comme pendant un clin d'œil.
16. — Nous croyons encore que son liumanité n'a pas été inférieure à sa divinité, et (qu')après (leur union, elles ont formé) un seul être. Nous croyons aussi que sa divinité n'a pas été convertie en l'être de son' huma- nité, ni son liumanité en l'être de la divinité. Croyant en l'une et ayant confiance en l'autre, nous sommes nourris du lait des mamelles de l'Église, tandis que nous anathématisons toute fausse doctrine des hérétiques, pour les siècles des siècles. — Que sa miséricorde soit sur nous pour toujours. Amen.
17. — 'Atnâtjos (Athanase) a écrit cette foi, (Athanase) de la ville de Bdbfi qui est le siège de Pêtros (Pierre) et de Pawlos (Paul) ; Meser Zân l'a fait venir de la terre de 'Afrâqjâ (Afrique) jusqu'à la terre de 'Itjopjâ (Ethiopie). Et moi, Gijorgis (Georges?) Saglâwi, je l'ai traduite (4), le Sei- gneur aidant et confirmant sa parole par le signe qui la suit (5). Amen.
{A suivie.)
H. Guerrier.
(1) Litt. : trace.
(2) M. : religion.
(3) Cf. Matth., xxviii, 19.
(4) Ou : transcrite.
(5) Cf. Marc, xvi, 20.
LA LETTRE ET LA NOTICE FINALES DU VIEILLARD SPIRITUEL
Le ms. éthiopien n° 4 de M. Emile Delorme contient, sous le titre de Wragàwi Manfasûwi (h^Pt^ ' f^Tr^A^-, />•"
Vieillard Spirituel), le recueil des œuvres ascétiques de Jean Saba (1).
Nous éditons présentement la Lettre finale de Jean Saba à l'un de ses frères et la Notice de ce dernier au sujet de la rédaction du Vieillard Spirituel.
TEXTE I
(F. 119 r" a, in /me), «wAhVl'h •• ïx^,P'^ ' ^Sft : 'Ml
(1) M. Conti Rossini indique 12 mss. du Vieillard Spiriluel : :!, ;V la Biblio- tlièque Nationale de Paris (2 de ces 3 mss. font partie de la collection .4. d'Ab- badie; en outre, M. Cliaîno a trouvé dans le ms. 75 d'Abbadie quelques frag- ments de VAragdtvi Manfasûwi); 5, au British Muséum; 4, à la Bibliothèque Royale de Berlin. Cf. Manoscritti ed opérée abissine in Europa, p. 609. (Extrait des Rendiconti délia Reale Accademia dei Lincei,ser. V, vol. VIII, fasc. IP-IS").
Au sujet des œuvres ascétiques de Jean Saba il écrit : « Esse constano di ben trentadue o, secondo altri codici, trentasette dersûn sulla vigilanza di se stesso, sulla lotta e la vittoria nel cammino délia perfezione, sulla fornica- cazione, sulla bestemmia, suUe visioni, ecc. ; di quarantotto o, secondo qualche manoscritto, quarantacinque lettere dello stesso autore, e infine, di apoftegmi, divisi in tre sermoni. » Cf. \otc per la storia lellerai-ia abissina, pp. 271-272. (Extrait des Rendiconti délia Reale Accademia dei Llncel, ser. V vol. VIII, fasc. .o'-G").
78 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
hïi^rC • ^Tt'ï'f ■ htm : }\rhq.ïh : Ah .' hfi^'i'l' • /*'A'ï* ■
(F. 119 1" b) ^q^ : (1) (D^Ù^Ïian- : g : ao^'fhé. '■ nKT^-f' '•
CAu • Alî\ • rt-flh :!: Tift*/» : Kr^'T-C • "/»îr;h00 î îLKf - Oi'>
^ • hnwJ^-nth.C • .e,h/*''> • îr/*vn./,.'tii- ■• A^4î/«>.ii- ^ fl» ^ïi/"'i- = A"o»- :•: (Dh'i'i'j: ' hnwr^. '• -ny^ ' vnK • ka-j
-f ! hA • (DUn (F. 119 V a) h ' hlllh-ûth^C ■• AVHH.h : -I- • nfl>-«^fn, • WHh • (D't^iioï' : ni: •■ Mh ■ A"/A^ - ""/A
(1) Texte : nhflrh?"'/» (sic).
(2) La négation h., en surcharge ici, est une mauvaise leçon.
LA LETTRE ET LA NOTICE FINALES DU VIEILLARD SPIRITUEL. 79
n.f • }\rh.6" ï AW ■• A^iioô • p-fh'jft •• hUh : A^'Sïi ! n/*'
Aïh • h'in ' .ftA,t: • ^*e'ï* • nwA- •• i^A-h -i- tun^^h ■ hvi'} ïi- : t-ho^'OD ï A-n • é,*p^ ' htm : ^?»'f'i- • -M"}^ • rihA- • ,^
A^ • hA • rA-^i'J • 'P/^^i î (F. 110 V" b) fljî^p :;: œh^^ hftf ■ flïïiï • ^'W'^ôn. - Xïfm : hsch?'o«- • hA?i .' u'h'ydii»
K^ •■ .e«<Cï- •• '1in.f •■ Kvh.6" •■ a/..*»"!- • '>h.^'> - HïO'n- -• h
Çh^ • .-^AI' ■ KA • ïi'Jïh ! ?»A.hA" :•: fliAAf : ^ih^C • h thé. '' \\ao : A.-fVlUA-tfi»- : AnH-:5''> • ^.Ch^.?* <' W^h^X '•
K'l'i1^9"^'?* ■ A.P./*.rt. • -H^-f: • hdf^ • Yù • rnf* • h/^ -■ <»• ît-fî : hAO ! nflJ-Ai- ■ An- -• ri-\X • '>'*ll^' - T^'C • /^/J -E ••:: KA : îl> î efti-r/i^C : Ch^ • fD.e>"7.'JV ' AH'A- :•: fllfl
WA- • 7.H. ■ ïi> : ^\\.\\Ç^ : '^mat-h ' -aw-f* • ay'ih'noD : ft;/»
^'[- ::: fl)»/^ : Jl^r : ^'.^C^h^ : -Vn.f s h'ÎH • JL'.A'^. ■ C?ir^ '- ihl.'*tt9 '<• (Oh'l^ • tDAT'n- • WKi'X^ ■ H^s,îl> : fmq'.-'l'O}' .• .e. (F. 120 r a) riA?' ■ hemil '<■
8U REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
fhi- •' AH-t •■ î\A"'V :•: (1) tD"ir3n<P • a-n'i'i: ' oo^'th^ ' WK
TRADUCTION I
{F. 119 r° a, in fine) Lettre du saint Vieillard à son frère qui demeurait sur le mont Kûnobyos (2).
Sache, ô mon frère, que j'ai écrit pour toi ces quelques paroles, de temps à autre, depuis de nombreuses années jusqu'à ce jour, afin de te consoler de ta tristesse à cause de ma séparation d'avec toi. Mais toi tu les as réu- nies avec soin (F. 119 r" b) et tu en as fait un livre pour le souvenir d'une œuvre à laquelle je n'ai pas pensé moi-même.
En effet, il est évident que, dans l'acquisition de la grâce, j'ai écrit pour toi; il ne faut (donc) pas que d'autres les voient. Mais garde-les et cache-les, afin que les enfants (des hommes) ne voient pas mon mystère, jusqu'à ce que je sorte de cette chair. Le Seigneur m'est témoin que, depuis que je suis sorti de la société (des hommes), j'ai mis dans mon cœur (la résolu- tion) de ne rien écrire qui apparût à la face des hommes. En effet, j'ai honte de ma propre petitesse et de mes péchés sans nombre. Cependant à cause de la grandeur de ton chagrin au sujet de moi, je me suis con- traint moi-même et j'ai écrit ces (paroles). Seulement garde-les, afin que les (choses) saintes ne soient pas souillées par la bouche des chiens. Les perles, non plus, ne sont pas jetées au piétinement des porcs. De même que le Seigneur révèle ses mystères à ses amis et les cache aux autres, de même aussi il faut que celui qui aime son Seigneur cache son mystère et le révèle seulement à ceux à qui il ordonne (de le faire). Toi aussi, ô savant en exégèse, cache ces (paroles) que (F. 119 v° a) le Seigneur t'a données pour ta consolation. Cache-les donc. Augmente la vie qui se trouve à l'in- térieur de ton âme, et délecte-toi en elle jusqu'aux siècles des siècles. Amen.
11
Prière [=~Notice] qu'écrivit le frère selon la chair du saint Vieillard, en exposant quelle fut l'occasion de la transcription de ce livre saint.
(1) Atl'VI: î aoKthV- — AH-fc : î\rt"l' se trouve ajouté au haut du fol. Il est indiqué par un signe de renvoi.
(2) Nous- avons traduit par un nom propre le mot ïjÇ'-nf-n qui est la trans- cription du grec xotvéêto;.
LA LETTRr: ET LA NOTICE FINALES DU VIEILLARD SPIRITUEL. 81
11 dit : Pour moi, je supplie et je prie, par le Seigneur, tout (être) qui ' trouvera ce livre de ne pas injurier celui qui a proféré ces paroles. En effet, lui-niènie exposait ouvertement les mystères de l'Esprit, ayant trouvé la grâce. 11 m'envoyait (cette exposition), écrivant à moi Jean le Petit, frère du saint selon la chair, (et) voulant me con.soler par ces paroles, lorsqu'il eut su que j'étais souffrant de cœur à son sujet. En effet, il s'était enfui (loin) du langage et de la vue des hommes ainsi que du repos de la chair, et il s'était retiré seul sur une montagne fort élevée et effrayante. 11 était tourmenté au milieu des bêtes et des serpents, alors qu'il se confiait en son Dieu, en espérant mourir chaque jour. Parce que j'étais souffrant de cœur, il voulut écarter ma tristesse par ces paroles qui sont pleines de joie (F. 119 V" b) et de grâce, fl ne sut pas que moi je les transcrivais et les rassemblais pour moi-même. Il me (les) confiait, (me recommandant) que (personne) d'autre que moi ne les vît. Pour moi, je les rassemblais et je les mettais près de moi, afin qu'elles devinssent pour moi (l'objet de) ma consolation, car la vie éternelle se trouve en elles. En outre, quand il ne se trouvait pas auprès de lui de parchemin sur lequel écrire, il écri- vait sur des tablettes de bois et me (les) envoyait. Parfois il m'envoyait (ses notes), ayant écrit sur de petites (feuilles de) parchemin que moi-même je lui avais envoyées. Je le suppliais de m'écrire l'explication des paroles sur lesquelles je l'interrogeais. Moi-même je compris, après que je les eus transcrites pour moi-même et que j'en eus fait un livre, qu'il n'est pas pos- sible à beaucoup (de personnes) de les voir. Maintenant donc n'injuriez pas l'auteur de ce (livre), car moi-même je suis certain que lui-même n'avait dans son cœur nullement la recherche de l'amour charnel. Mais il se vilipendait lui-même et il méprisait sa personne. A tout moment il se souvenait de (ses) péchés nombreux (et il ressentait) la douleur de (ses) errements. De plus, il m'écrivait, en s'appelant lui-même « porc ». Mais moi j'ai changé (cette appellation), parce qu'il n'était pas convenable qu'on (F. 120 r" a) l'appelât ainsi.
Je prie et je supplie celui qui transcrira ce livre, soit en entier ou en partie (1), de transcrire cette prière. Je l'ai mise dans ce livre par amour du Christ à qui sont l'honneur, la gloire, la majesté et la puissance main- tenant, toujours et pour les siècles des siècles ! Amen.
Sylvain Grébaut. Neufinarclié (Seine-Inférieure), le 2ij avril 1910. (1) M. à m. : un peu de lui.
ORIENT CriRETIUN.
LES MANUSCRITS ETHIOPIENS
DE M. É. Delorme
Introduction aux Quatre Évangiles; Traité d'Évagriixs sur les huit mauvaises passions; Hexaméron d'Épiphane de Chypre; Gadla 'Adam; Mélanges.
5. — L'Hexaméron d'Épiphane de Chypre.
{Sitite} (1)
2. DEUXIÈME HEURE (fol. 34 v° b à fol. 36 v° b).
Le Seigneur se sert des quatre éléments pour le développe- ment et l'Organisation du monde. Leur création est mentionnée plus haut, au fol. 31 v" b.
a) Lncipit.
(F. 34 r h, in fine) hrfl^ ' H<i.m<l * h (F. 3ô r° a) «Vî^K-fl
rh.C î ?i<^<J»'lh ' (Nouvelle division indiquée dans l'ouvrage). Description (2) de ce que le Seigneur a créé de la poussière.
b) L'ÉLÉMENT DE LA POUSSIÈRE.
(F. 35 r a, in initio) mhS^^'hd. • Ti^* '. 'i^h : Itx^nnjfx-n aH'^t- • (D'I-nil'» ' nr"hA.Ç • UthM • h'm.h'iïih.C 'l- Ensuite
(1) Cf. ROC, 1912 et 1914.
(2) M. à m. : type.
J
LES MSS. ÉTHIOPIENS DE M. É. DELORME. 83
le Seigneur prit un peu de poussière. Il lui dit : « Crois et ))iuUiplie-toi. » Elle crût et se multiplia, sur la pensée que pensa le Seigneur.
C) L'ÉLÉxMENT DU VENT.
(F. 35 r b, in fine) ^jT^A • H<(.m<: ' h'IH.h'nrh.C • hr'ii^
rt • a)^n,A î A-fc î -n-W'X •■ (D'i-n-n'i, i a-n-M- •- (D'tniil'i]^ •
d^^^i- . }y*qiity^,h,C • a)Ç\ïi (F. 35 v° a) étd : /h/UVii- • H
thM î MH.h'flrh.[C ••:•] (Nouvelle division indiquée dans l'ou- vrage). Description (1) de ce que le Seigneur a créé du vent. Ensuite le Seigneur prit un peu de vent. Il lui dit : « Crois et multiplie-toi. » // crût et se midtiplia, sur V agrément du Seigneur et selon la pensée que pensa le Seigneur.
à) L'ÉLÉMENT DU FEU.
(F. 35 v°b, inmedio) (Dh^^'h^^ : Tï^i: : V/*'K : hnnjtvn
AuC •• tro-ié.*^ ; (2) -iti-i:^ .- M^ ' n(\^M • A-t : «t»^*^ -. n-i-
V1C5 ! (ïh'i'khV • nh^A ' hnn^h'lïfh.C ■ Ensuite le Seigneur prit la moitié d'un peu de feu — (feu) que le Seigneur bénit, au sujet duquel nous avons discouru plus haut, (et) qu'il divisée.
e) L'ÉLÉMENT DE l'EAU.
{F. 36 r" a, in iniiio) (Dhr^'hù •• ll'î'fî • JK-H. * hTlïiMXth,
'i'({'n'>^ . nhrw : tl^iiS ! UfhM •• h*nn,h'ath,C -- Ensuite le Seigneur dit à la goiUte cVeau de croître et de se multiplier. Elle crût et se 7nultiplia, selon la pensée que pensa le Seigneur.
f) Desinit.
(F. 36 v° a, in fuie) r^hao : r^C '- ïiiV ■ K^MCK '<• «»
(1) M. à m. : type.
(2) La lettre finale «^, de seconde main, est écrite sur un grattage. Primitive- ment il devait y avoir la lettre i\ ; d'où le non-sens : <n»Tr<Cft, esprit.
84 REVUE DE l/ORlENT CHRÉTIEN.
(F. 36 r b) rj?:^ : (1) ^'Hx-tli- • flï^^Y-h-ty l (D\l'^ : 'H'}'»: : nrt^^ • JS*7'^^ î hi^dA-h î hdi'^ '<: En eff'et, la terre n'apparaissait pas et n était pas prépat^ée. Les ténèbres étaient au-dessus de V abîme et V Esprit du Seigneur était sur les eaux. En effet, le Seigneur acheva la terre inférieure et les proéminences (de la terre). Ceci eut lieu à la deuxième heure du premier jour.
3. TROISIÈME HEURE (fol. 36 V* b à fol. 38 r° a).
En cette heure-ci et en les heures suivantes, Dieu revêt les anges de vêtements de gloire.
a) Incipit.
(F. 36 r b, in initio) œïirR'^^. • ti^* = ^HH .•MH.h'flrh.
C î AX'A<W'^ ' •■ Ensuite le Seigneur ordonna aux ténè- bres...
b) Création de la lumière.
(F. 37 r° a, in medio) hf^iih î ÇT^-h : «nc/^ : (DhàÇ{ '-
Ï,V' •'.' (Nouvelle division indiquée dans l'ouvrage). Descrip- tion (2) de la création de la lumière. En outre, ce fut dans la pensée du Seigneur de créer du feu la lumière, le premier jour, et ce qu'il voulait (3) faire avec elle.
c) Création des vêtements des anges.
(F. 37 I" b, in medio) h9^fï^ • Ç'P<1'^ î A-nA-f" * ooiMl^ '
(1) Ms. : f'T'^i, (s'c); deux traits, l'un au-dessus et l'autre au-dessous du pre- mier 9", indiquent que cette lettre est biffée.
(2) M. <à m. : type.
(3) M. à m. : ce que le Seigneur voulait.
LES MSS. ÉTHIOPIENS DE M. É. DELORME. 85
l-nd • h^flfil- •' M (F. 37 v« a) ^ : A'wAîiVl-lh i a)4",";^'^ s
-nc/v-V • (Dh-a^/. ■ -ncw-T- •• (Doo^fi^^-i^ .■ ^c/v-V • fl>-ft
i" 5 ïiA^lT''*** i (Nouvelle division indiquée dans l'ouvrage). Description (1) o?e /a création du vêtement des anges, de leurs ceintures, de leurs bâtons et de leurs miroirs. Ensuite le Seigneur se réjouit, ainsi que son Verbe et son Esprit, de la création qu'il avait faite. Ensuite le Seigneur prit du [en qui se tenait devant son trône (2). // fd les vêtements de feu pour les anges, les ceintures de lumière, les bâtons de lumière et les miroirs de lumière {qui se trouvent) dans leurs 7nains.
d) Desinit.
(F. 37 v° b, in fine) o^fl : iR<. : tmf[hln'i' • 'w^^vM"!' 'O^
(l •• ^fiil ' 6 :•: (DhMti- ■ .^A-fciro»- •• n-V^.'"|- • <^..e/4 .R ':' at-n-i-pà : liV •• ai:Cl"A' • hirôà-i- • hriî..«l- ■ ^filX •<• Lorsque les anges regardèrent les miroirs {qui se trouvaient) dans leurs mains et virent le nom {du Seigneur) trin {et) saint ins- crit {et) gravé en eux, ils exultèrent, se réjouirent et dirent : « Saint est le Seigneur, un. Saint est le Fils, un. Saint est V Esprit-Saint, un. » Ils élevèrent leur voix, en une allégresse extrême (3). Or ceci eut lieu à la troisième heure du premier jour scnnt.
1. QUATRIÈiME HEURE (fol. 38 r" a à fol. 38 v" b). L'Esprit-Saint revêt les Chérubins.
(1) M. à m. : type.
(2) Î\I. à m. : ^e trône du Seigneur.
(3) M. à m. : dans l'allégresse exlrnnemenl.
86 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
a) Incipit.
(F. 38 r° a, in meclio) (Dhàiï ' t^'iéM '- ^'•S-ft •' KAfl^*»»- ■• Ah.4.rt.A •■ (1) n^^ti-h-y •. hà^'i-i- •' ■••En outre, l'Esprit- Saint revêtit les C/térubins qui sont remplis d'yeux...
b) Desinit.
(F. 38 1° b, in initio) ai\\\ : -n^i: : nrt^J^ •- à-tlà^ •' h^à
Ai* •• hfh'^ •:• Ceci eut lieu à la quatrième heure du i^remier jour.
5. CINQUIÈME HEURE (fol. 38 r" b).
L'Esprit-'Saint revêt les Séraphins. — Morceau cité in 'ex- tenso, à titre de spécimen. (F. 38 1° b, in initio) (Dhà^ ' aold^il •• 4»^^ '- ^An^tf»>-
fl>J&n.A- ï *.S.A : K'^H.K'flrh.C • 6 :•:: ^S-A •• fflA-S. ï ô :•: 4»'S« A • tn^-iéM • 4»'S.A ' ôH*/»^A> î OlK/hf 0)^ :•: (3) <DÉrD^<(.ft .. 4»
^•AA • i'd.r'dx -• fl)'^;î•/*'e I ^^fio^ ! flifli(;no»- • rîi^A I 0) KHHtf»- : h'/» î j?.AC4. ï ninA>b ■ ïi-jç ! iD.e.hJ^V- ^ (4) hch
If <">• : nhAh, • yi^^h I flJïiï ï iTwiii : tï^iî î nr^î^A • A*}^ •
Kî'^dAi' î îi/'h.J^" ::5 En outre, l" Esprit-Saint revêtit les anges : tous les Séraphins de leurs vêtements de lumière, les ceignit de leurs ceintures de lumière et mit les bâtons de lumière dans leurs 7nains et les miroirs aussi. Lorsque les Sérap)hins regardèrent le nom {du Seigneur) trin, ils glorifièrent, exul-
(1) La lettre <. est en surcharge. {2) Dittologie.
(3) Ma. : ath^l^fiioy {sic).
(4) Le at copulatif, de seconde main, est en surcharge.
(5) Ms. : <D.en,(i->-.
LES MSS. ÉTHIOPIENS DE M. K. DELORME. 87
terent extrêmement et dirent : « Saint est le Seigneur, un. Saint est son Fils, un. Saint est V Esprit- Saint, un, qui nous a sanctifiés et nous a vivifiés. » Quant à rEsprit-Sainl, il se réfouit et exulta. Il les sanctifia et leur donna la force. Il leur ordonna de voler avec deux ailes, de couvrir leur tète et leur face avec deux ailes et de couvrir leurs pieds avec deux ailes. Ceci eut lieu ainsi à la cinquième heure du pre- mier jour.
6. SIXIÈME HEURE (fol. 38 r° b à fol. 38 v° a).
L'Esprit-Saint revêt les Vertus. — Achèvement du premier ciel.
a) Incipit.
(F. 38 r° b, in fine) (Dhà(\'' ao-^é. (F. 38 v° a) ft : ^f\,[\ -. h
Oh'Ttvf'f^' ' ^Ci'i' ! ^^^^' 1 En outre, l'Esprit-Saint revêtit les anges de leurs vêtements de lumière : tous ceux qui sont (de) l'ordre des Vertus.
b) Desinit.
(F. 38 v°a, in fine) flJ-H^i; .• ïiV : (\fl^'h '• rt'J'^ : Kî^dAi- :
K'^ASiVl'îl* 'l' Ceci eut lieu à la sixième heure du premier jour saint. Le premier ciel fut achevé ainsi que tout ce qu'il possède d'anges.
7. SEPTIÈME HEURE (fol. 38 v° a à fol. 38 v° b). L'Esprit-Saint revêt les Dominations. a) Incipit. (F. 38 v" a, in fine) mh^J^'i/. : H'i'l' • (F.. 38 v° b) «td-J^.
odMùï^ •• nat'h'f'O»' • ^C^i' • KCfl'fl •• • Ensuite V Esprit.
«8 REVUE DE L ORIENT CHRETIEN.
Saint apparut dans le deuxième ciel. Il revêtit les anges qui sont (de) l'ordre des Dominations...
b) Desixit.
(F. 38 v° b, in medio) (D'htxoo s «w^^.ft .- ^'•S.ft : *ï»^^tf«>- :
Ù'it- • il-db ' hrùM- • hfh'^' ! 4».?.^ :•: En effet, VEsprit- Saint les sanctifia, les bénit et les appela fordre des Domi- nations. Ceci eut lieu à la septième heure du premier jour saint.
8. HUITIÈME HEURE (fol. 38 v" b à fol. 39 r" a).
L'Esprit-Saint revêt les Trônes.
a) Incipit.
(F. 38 v« b, in fuie) (Dhr*^^^, '- tl^* • WmV ' tn^'id.tl '• 4»
Ensuite l'Esprit-Saiîit commença par un autre ordre (1). // revêtit {les Trônes) de vêtements de lumière...
b) Desinit.
(F. 39 r° a, in medio) aum-i^M : 4».^.^ : -td^^^th ' (D-t'^f*'
ll'i'P ' M ' n^rt"/^ • hràtii- ! ?irh..ï^ :•: V Esprit-Saint se réjouit et exulta en eux. Il les sanctifia et les apj^ela V ordre des Trônes. Ceci eut lieu à la huitième heure du premier jour.
9, NEUVIÈME HEURE (fol. 39 r» a à fol. 39 r'' b).
L'Esprit-Saint revêt les Puissances. — Achèvement du deuxième ciel.
a) Incipit.
(F. 39 r° a, in medio) (D'h^^^'h^ •• Ti^i^ ■• oo'ié.h • ^^-il '
(1) M. à m. : par le deuxième ordre.
LES MSS. ÉTHIOPIENS DE M. É. DELORxME. 89
<">• •• KAOA •• ■flC'/'T'lh I Ensuite VEsprit-Saint revêtit les anges appartenant à Cordre des Puissances. {Il les revêtit) tous de vêtements de lumière.
b) Desinit.
(F. 39 r" a, m line) WVI • an'^&jtv ■ ^'-S-A '- O^Ïk"»- • fli*!* (F. 39 1° b) ^^tfo. ; fl)n/.h : rt*^jP4^oi>- : am-}'!: : inv : niJrt"/
yltors l'Esprit-Saint les bénit et les sancti/ia. Il bénit leurs cieux. Ceci eut lieu à la neuvième heure du premier jour saint. Le deuxième ciel fut achevé.
10. DIXIÈME HEURE (fol. 39 r' b).
L'Esprit-Saint revêt les Souverainetés.
a) Incipit.
(F. 39 r"^ b, in initio) fl)Kî^\Ç"i^ '■ ll'ii: '- t»*'iéM • ^-^tx • hh-i-Ch^ ' at-M- : A*^^ ■ «^AA.^ I CD^iAnAtf»- • A'wAîiln ^ ! Hfl^h-f-oo- : ^C^-i' •• <w»A?i3flîh : (DoDy^'i-i-l- t ... Ensuite r Esprit-Saint apparut dans le troisième ciel. Il revêtit les anges qui sont (de) Vordre des Souverainetés (I)...
b) Desinit.
(F. 39 r'^b, in fine) (Dtm'idM •• ^'-S-AA •' (\/,ï^tiO' : fl)«f\eL^tfo. • aiA<7»p-0i>- ï i^CJ-h • tmy^'i'il' i <DTf7* ■ ti> •- nïA^ll- • h 9^àM' •• hib^f^ î 4''S-A ::: 0>' l'Esprit-Saint les bénit, les sanctifia et les appela Vordre des Souverainetés. Ceci eut lieu à la dixième heure du premier jour saint.
II. ONZIÈME HEURE (fol. 39 r« b à fol. 39 V a). L'Esprit-Saint revêt les Archanges.
(1) M. à ni. : de Vordre des anges el des Suuverainetés.
90 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
a) Incipit.
(F. 39 1" b, in fine) (Dhr^^^^, • ll'i'^ • aD'ié.h • ^'^.ft s ?iAn^tf*>- ' A^A?iîn'> ■ Hfl>- (F. 39 v° a) }y^ao^ .- ^O'ti' - A. j^> s <wiA?»1n'> • ^AO^-f' ' (D^f^^'-t '. «nC/TTh :•: Ensuite l'Esptit-Saint revêtit les anges qui sont [de) l'ordre des Archanges de vêtements et de ceintures de lumière.
b) Desinit.
(F. 39 v° a, in medio) WVl '- <^^<i.ft •' ^«S-ft -■ 4»A^<n>- : o)
dA'l" î îirh'J^' •■ 4*'S-ft î:î ^/ors- r Esprit-Saint les sanctifia et les bénit. Il bénit leurs deux. Or ceci eut lieu à la onzième heure du premier jour saint.
12. DOUZIÈME HEURE (fol. 39 \' a à fol. 10 r° a).
L'Esprit-Saint revêt les Anges. — Achèvement du troisième ciel.
a) Incipit.
(F 39 v« a, in medio) (Dh9^^-"iù '. Tl'î'f: • ^'><{.ft : ^S-ft •■
fUl'i' : flî4»Ç;h'h : 'flC'/T'Th î:-' Ensuite l'Esprit-Saint revêtit les anges qui sont (de) l'ordre des Anges de vêtements et de ceintures de lumièt^e. — (F. 39 Y^b, in initio.) Y\**%*1 \ tw^^l^
(DdOxi Art^^.e» • «^•Mfli. ' (1) n-t :•: (D'i'é.^ffo^ •• rt'^je.
•^Art/>" ••:: K^XV ■• -l-^î^tf*»- [:] rrt*^^^ 1 Alors l'Esprit-Saint les bénit, les sanctifia et les appela Vordre des Anges. Il bénit le ciel dans lequel ils se trouvent. Le troisième ciel fut achevé. Alors les trois deux furent achevés.
b) Desinit.
(F. 39 v« b, in fine) (Dltxr^'hd. '• Tf-Î-I: ■ «l'^A • r^'ù • W
(1) Ms. : HjB^Afl»-.
LES MSS. ÉTHIOPIENS DE M. É. DELORME. 91
a^ • flJn^ (F. 10 1 a) ïitfo- r aiVf-A"<n>- • H<J.m(? •• îi*7H.K'n
h'Uth.C • (D^ti- î (1) aum-id^fl. : /»'/V-ft : ^'S-ft • ^.7^*^' •- W* A" ! Hnrt'^.ft : flJHfl9".Ç^C ■ ndA-l- : îtrh.J^- 1 01.^0. '• MlUK
'flrh.C • .Rïl-^ : ACh •■ fliJK.Vl-7 : >*^li :•: Ensuite (l' Esprit-Saint) sanctifia la terre. Elle (2) n'apparaissait pas, mais l'eau était au-dessus d'elle. L'Esprit du Seigneur vint sur les eaux; il les sanctifia et les bénit ainsi que tous {les êtres) que le Sei- gneur avait créés. Ceci eut lieu à la douzième heure du premier jour. Le Seigneur, son Verbe et son Esprit — Trinité (3) sainte — achevèrent tout ce qui est dans le ciel et ce qui est sur (4) la terre, le premier jour.. Le Seigneur dit : « Que le soir soit et Cjue le matin soit! »
(A suivre.)
Sylvain Grébaut.
Neufmarché (Seine-Inférieure), le 30 mai 1916.
(1) Le a» copulatif, de seconde main, est en surcharge.
(2) M. à m. : laquelle.
(3) M. à m. : trin.
(4) M. à m. : dans.
LA DISCUSSION D'UN MOINE ANTHROPOMORPBITE AUDIEN
AVEC LE PATRIARCHE THÉOPHILE D'ALEXANDRIE
EN l'année 399.
Il est raconté dans la vie d'Aphou, contenue dans le Pa- pyrus III du Musée Égyptien de Turin (I), que ce moine des- cendit un jour à Alexandrie, après avoir entendu lire la lettre festale du patriarche Théophile, pour inviter celui-ci à res- pecter l'orthodoxie. Comme l'a reconnu Revillout, l'épisode se rattache à la controverse bien connue de l'anthropomorphisme qui divisa l'Église d'Egypte aux environs de l'an 400.
Il nous a paru bon de revenir sur ce document dont on n'a fait que signaler rapidement l'importance, parce que ce texte, qui revêt un caractère particulier de précision et de vérité, apporte à l'historien des détails inattendus et indubitablement authentiques : il fait surgir à la lumière de l'histoire dans la personne d'Apliou un dernier survivant de cette forme primi- tive de l'hérésie anthropomorphite, l'audianisme; il ajoute aux dires des historiens grecs et latins des précisions nouvelles, tant sur les circonstances qui entourèrent la conversion de Théophile que sur les idées de l'archevêque à la veille de cette conversion; il livre enfin la synthèse la plus élevée qui soit encore connue de l'hérésie anthropomorphite.
Le papyrus du musée de Turin qui a conservé l'histoire d'Aphou appartenait à la collection de Drovetti, ancien consul
(1) La partie du papyrus qui contient la vie d'Aphou a été publiée une pre- mière fois en 1883, mais sans traduction, par Revillout, La vie du bienheureux Aphou, évéque de Pemdjé [Oxyrinque), dans la Revue Égyplologique, t. 111, p. 27 sq. En 1885, Francesco Rossi en donna une nouvelle édition accompagnée d'une traduction italienne : Rossi, Trascrizione di tre manoscritti copd del Museo egizio di Torino, Memorie délia R. Accademia délie Scienze di Torino, Série II, t. XXXVII. Nous suivons dans le fragment publié ci-dessous le texte copte établi par F. Rossi, eu tenant compte de la restitution d'un passage mu- tilé indiquée par 0. von Lemm, Kopiixche MisceUen. XLIV zur Vita des h. Aphu, Bulletin de V Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg, YV série, t. II, 1908, p. 596-598.
DISCUSSION d'un MOIXE AUDIEN avec THÉOPHILE d'aLEX. 93
général de P^rance en Egypte (1). Il comporte trente et un feuil- lets, non paginés, écrits en belle onciale de six millimètres de hauteur. Envoyé d'Egypte à Turin dans une caisse avec les autres papyrus de la même collection, il arriva, comme du reste tout le précieux envoi, en fort mauvais état; mais l'il- lustre Peyron sut réparer le désastre, réunit les fragments de papyrus, les colla sur papier transparent et divisa le tout en sept codices, suivant le contenu des fragments. La vie d'.Vphou fut ainsi classée dans le Papyrus III, entre un panégyrique de saint Jean-Baptiste et des actes de la martyre Hêraî [2), avec lesquels elle n'a du reste aucune relation.
Aucun renseignement n'a été publié sur la provenance du papyrus ni sur sa date. Quoi qu'il en soit, le papyrus porte en lui-même un cacbet indubitable d'historicité qui en fait un document de premier ordre pour l'histoire de l'anthropo- morphisme : tandis que l'exposé des idées débattues concorde dans les détails les plus minutieux avec ce que révèlent les historiens ecclésiastiques de la controverse, l'auteur du récit ignore la controverse elle-même : il a perdu la clé de ce qu'il rapporte si exactement et cette exactitude aveugle prouve qu'il met en œuvre un document fort bien renseigné, peut être même le procès-verbal de quelque notaire épiscopal qui as- sista à l'entretien d'Aphou avec l'archevêque Théophile (3).
Aphou était originaire de Pemdjé (Oxyrrhinkhos), en Haute- Egypte (4). Cette ville, située sur le Bahr-Yousouf, était alors
(I) Kossi, Trasciiziune cli alcuni testi copli, IMem. délia lî. Accadomia délie Scienze di Torino, Série II, t. XXXVI, p. 89.
(i) Peyron, Lexicon coplicum, pp. x.w-xxvi.
(3) L'auteur du papyrus, s'il connaît le fait matériel de la desconte il'Aphou à Alexandrie, en ignore la portée ; il ne se doute pas que son bienheureux, va défendre une thèse hérétique ; il ne soupçonne pas toute l'ampleur de la discus- sion et la réduit à une question privée d'exégèse; il ne connaît pas la forme concrète et populaire de la controverse, la question de savoir si, oui ou non. Dieu a des pieds et des mains; il ignore les qualificatifs d'« origénistes » et d'« anthropomorphites » que les moines s'envoyaient si volontiers à la tète l'un de l'autre. Dans ces conditions les détails qu'il donni', s'ils reportent vraiment au sein de cette discussion anthropomorphite tombée dans l'oubli, portent par le fait même leur cachet d'authenticité : le scribe ne les eût pas inventés puis- qu'il ne les comprend plus, et s'il les reproduit avec une exactitude aussi frap- pante, c'est que nécessairement il s'est documenté à une source ancienne et bien informée.
(1) Le personnage d'Aphou n'est pas un inconnu dans la littérature patris-
94 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
le siège d'un évêché et elle possédait de très nombreux cou- vents, comme le raconte l'Itinéraire des pèlerins de 391, traduit par Rufin(l). De l'enfance d'Aphou le papyrus ne dit rien; il se contente de décrire en une phrase son adolescence : « Il avait d'abord été sous la direction [ù'KozoLyr]) d'hommes distingués et croyants (tîkjtoç) qui formaient quelques élèves à la vie de disciples {[j.afiriVQç) des Apôtres (à-ocrToXoç) et il suivit (âvaaxpsçciv xaxà) leur vie ([3ioç) austère (asp-voç). Mais lorsque ceux-ci se furent endormis, il resta seul, ne connaissant qu'un frère qui apprenait avec lui le moyen d'aller au ciel (2) ». C'est alors qu'Aphou se retira au désert : il y resta jusqu'au seuil de la vieillesse, vivant avec les buffles, comme le raconte com- plaisamment le papyrus. Aphou ne descendait à la ville qu'une fois l'an, pour entendre la lettre pascale, et, comme il entrait à l'éghse « en habit de campagnard (Ttayavoç) (3) », personne ne prêtait attention à lui. C'est dans ces circonstances que, trois ans avant qu'il fût élevé par Théophile au siège épiscopal de Pemdjé, il fut le héros de l'incident suivant :
tique. Les Apoplithegmes des Pères ont un chapitre intitulé Trêpl toy àggà 'A7T<py, où l'on rapporte un trait de sa vie ascétique {P. G., LXY, 133). On serait aussi tenté de i-econnaître Apliou dans ce senex qui etiam dignus eff'ectus est epi- scopus civilalis Oxyrynchi, dont parle la Vie des Pères {De viiis Patrum, lib, VI, libellus III. P. L., LXXIII, 1010 sq.). L'examen de la chronologie favorise ce rapprochement : l'évèque que rencontre le jeune anonj^me près de la Grande Oasis a sacrifié aux idoles dans une persécution qui s'est terminée par le triomphe du Christ {persecutio vero cessavit per potentiam Chrisli) et il s'est retiré au désert il y a 49 ans, la persécution durant encore. Il y a là une mention de la Grande Persécution et si l'on suppose la chute de l'évèque dans les derniers soubresauts de la tourmente, sous Maximin (312), on placera l'excursion du jeune anachorète vers l'an 361. C'est de fait le moment où Aphou vivait en communauté avec ses maîtres de Pemdjé.
(1) Rufln, Historia monachorum, caput V, De Oxyryncho civitate. P. L., XXI, 408-409.
(2) {Page 1) ... ^opn ueii iiGAqiyujne eAGmoTAPH neeiiptoiie nctu-rn avcd DnicToc haï eujov on
llTAVTAee -eoïlie eilOUASHTMC nrJAnOCTOAOC
AqAiuvcTpec|)v ag kata nevBioc nceuiioii. uiincA- Tpe-rnKOTK Ae Aq:yo:?^n UAVAAq 6(|coovii CiiiATe novGoii HAÏ 2totjuq OH nTAq^:i-CBco eTcriH-BtOK ezpAï exne.
(3) epe-ovx'JTHii nriArAHOG to eitotocj.
DISCUSSION d'un moine AUDIEN avec THÉOPHILE d'ALEX. 95
[Page d) AC^icone ag gti eq^oon iiiiiieeHpioii
eTp6C|eï eiiOA 6nTA,"je-OOI^y OlItVGXa GTOVAAIi. cV(|(HC)l'U Ae (iVAGgIC IIGGVU(ht<JHGÏ AU UIIIIGOOVII OnGnilA 6TOTAAB etOGTG I l(|,"jropTp GIIATG GXU-n^A:XG KAÏ PAp OVOII IIILI flTAVCOTUGCJ AV.Wrill AV(() AV^TOpTp
etoov. nAMil HAi-rGAOC QnxoGiG AqovG2-CA2iiG {pCtQ6 6) nnuAKApiOG A(|)()v GTLiTpGqAUGAGï Gri^iiA^e eqxoj
nuOC IKVq .XG-AVTO:^K GBOA eiTLI-ri^fOeiG GTpGKBtOK ^ApAKQTG lirTAeG-IIGÏ^AXG GpATq. il^A^kG AG GTUIIAV IIG-OVTILIIIJG-nG 2tOG XG-Gq^^lCG DnGOOV flnilOVTG
eun^HAXG Aqp-nuGGVG PTUHTcrcoB nnptoLiG AVtO riG:XAq fKri-ncTevnoropGVG xg-dtaï aii-tg eiKtoii
QnilOVTG TAÏ AIIOII eTUc|)OpGÏ ÛLIOG AIIOII RptOIIG- flTGpGqCCOTU AG GIIAÏ flCTI-n U AKApiOG Ac})OV A(|IIOV2 GBOA (pCige 7) eUMGnilA GTOTAAB AVCO AqAnOAHUGÏ GTnOAIG pAKOTG Gqc))OpGÏ nOV^THII UriAO'G- AqA2G AG
GpATq nm-nuAKApioG AHA A(t)ov zi\)u-npo unGnicKonioii n^oirr neoov AVto qhg-aaat a^irq iia(|
{Page 5) ... Or il arriva, qu'étant encore Çéxi) (1) avec les bêtes sauvages (Oripiov), il descendit pour la lettre festale de la sainte Pàque {tJ-t/x), et il entendit une expression (Xsçt?) qui ne concordait (tj[j.ç'.)V£Tv) pas avec la Science de l'Esprit Saint, si bien qu'il fut fort scandalisé de cette parole ; et de fait [y.xi yàp) tous ceux qui l'entendirent furent chagrinés (XuTcstv; et scandalisés eux aussi. Mais l'ange (ayyeXo?) du Seigneur ordonna (page 6) au bienheureux (jj-axâpio;) Aphou de ne pas négliger (k^zktXy) cette parole, en lui disant : Tu es désigné par le Seigneur pour aller à Alexan- drie relever cette parole. Or voici quelle était cette parole : en exaltant la gloire de Dieu dans le discours, celui qui lisait (uTzayopsûciv) avait rappelé la faiblesse de l'homme et il avait dit : Non, cette faiblesse n'est pas l'image (eîxwv) de Dieu, — entendant par « cette faiblesse » nous auti'es qui la portons (cpopav), nous autres hommes. Or lorsque le bienheureux Aphou entendit cela, il fut rempli {page 1) du Saint Esprit et il partit (à7coôr)|j.erv) pour la ville d'Alexandrie, portant (cpopetv) une vieille tunique. Le bienheureux Apa Aphou se tint trois jours à la porte de l'évèché (àiri- Œ/ioTTiov), mais personne ne l'introduisit, car on regardait cet homme
(1) Nous ne transcrivons pas régulièrement les mots grecs qui ne présentent aucun intérêt et qui se répètent souvent comme |j.axàpto;, ÈTrt'dxoTCo;, ôe... etc..
96 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
e20vii eviiAV enptoue 6^:xf3-ov2iAia)THc-n(i- uiinoA- iitvï Aq'f-eTiuj epoc) ncn-o'/A niieKAnpiKoc aqiiAV (3Tet|2vn()uoiiii ACjAioeAiitî :ï6-ovpcoue nT€3-riiiovTe- 116 Avco AqiicoK eeovii A(|TAiie-nAp\ieniGKoiioc xe-eic ovpajLie neHKe eipu-npo eqxto Ouoc :xe-6iora)^ eAHAiiTA epoK Aiioii A6 Cl neuG^y-TOAU A efirq hak f;20vii eneiAH uii-2Bcaj eitoojq eqTAiHV. fiTeviiov A6 H'y^re-iJTAT- {pcige 8) kili epoq eiTU-niioTTe Aqove?- CA2iie GTperxiTq iia(| eeorii. nrepeqAee A6 epATq DneqDTo gboa Aqxiiovq gtaitia. AqovtoiyB xe-uApe- HAXOïc nenicKonoc cu)tu en^A3:e Dneq2U2AA euoTArAnH iiiiovAiiox'H. neA'Aq iiAq 3:6-A3fiq-
AqOTCO^B ntri-nUAKApiOC ARA A(t)OT X6-'fcOOTIJ
fiTuiiTxpc nTeKyvxH 3:e-nTK-o'ï"ptoue npeq-3:i^oA"iie
HTB6-nAÏ AÏ-f-HAOTOÏ fieOVIl 6TeKU I ITIIOtr 6ÏeApp6Ï
:X6-iiriiAX'jec-ii^A3i:e au muiiTevceBMC kaij OAq^ycone eBOA eiToorq novpujut; neuKe ere-AiioR-ne. eeoc|)iAoo Ae nApjcienicKonoG n63î:Aq iiAq xe-iiiu nATiiovTe neTiiAp-AeiHT iit6ï [pcige 9) ee ecoore eTOTe-or^Aîce
comme un rustre (tS-.wTï];). Après cela un des clercs (z^Yipixàç) le remarqua, il vit sa persévérance (yro[j.ovr|) et il comprit (alaGâvsaGai) que c'était un homme de Dieu ; il entra donc et il annonça à l'archevêque (àpyisTiîaxoTcoç) : Voici un pauvre homme à la porte qui dit vouloir t'approcher (dcTravrav). Mais nous, nous n'avons pas osé (xoXjAav) l'introduire vers toi, parce que (i-eiS'TÎ) il n'a point sur lui d'habit convenable. Aussitôt, comme s'il était {jtage 8) mù par Dieu, l'archevêque ordonna qu'on introduisît Aphou vers lui. Lors donc qu'il se tint en sa présence, l'archevêque lui demanda le motif (af-cta) de sa visite. Aphou répondit : Veuille mon seigneur l'évêque (ÈTrbxoTroç) écouter la parole de son serviteur avec charité («iy*'^')) ^^ condes- cendance (àvoyïî). L'archevêque lui dit : Parle. Le bienheureux Apa Aphou répondit : Je connais le christianisme (d nT)(.p"3Ttav6? ■=. ■/ptaxiavt(j[j.dç) de ton âme (<l'U"/,'î), comme quoi tu es un homme qui prends volontiers conseil : voilà pourquoi je suis accouru vers ta Grandeur, ayant la confiance (Oappsîv) que tu ne mépriseras pas la parole de la piété (onTeùcr^STÎ.; = EÙaÉSîia), même si elle te vient par l'intermédiaire du pauvre homme que je suis. Théo- phile, l'archevêque, lui dit : Quel incrédule serait assez fou [page 9) pour
DISCUSSION d'un MOLNK AUDIEN AVEC TIIÉOPHILK d'aLEX. 97
oiiOA fiTe-niiovin otbo-aaav n2«)i4. A(|OT(0"jii no'i- A(J)ov :ve-uApe-nAXoeic nomcKonoc KGAere nce-ui^ Hpoï nneïuA Qneicoii nnTA^e-ooi^ eneïAn aïccdtu BVAGgic neuTci ii(;nvii(l)(oiieï ah iiiiiiHr|)A<l)ii niiKjH nTfi-niiovTe. aiiok Ae niiinicTeve 3:(i-nrA(;«ï gboa
eiTOOTK AAAA nTAÏXOOC 2^6-U H nOTeflTA-ncVII rpA(|)eVC î^tOqT eVCeAÏ. TAÏ IIAT-2A2 2lineTC6BIIC XI-3CpOII HTBHHTC eCOCTG flCeDHAe n2HT eUATG. AqKGACiVe
nTfivilov nm-AiiA Beo(t)iAoc iiApxienicKoiioc Areiiie Qneicoii DriTA^fi-otîi^^j. fiTepoTApxeï Afi nto^y at-
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npcoue THpov eiieiKcon oniiovTe. Aqovtu^B ntri- nApvienicKonoc :xe-ricoc fiTOK uavaak ak^a:X(3 «iTBCi- THÏAegic Avoj One-K6AAAT ^yAa:G eq+ nrooTq dOmak. ne3:6 ara A(J)0'r 5:h-ahok Ae -f-eApeï xe-KHA'f-TOOTK nTOK noiiAï AT«) iiriJA-f AH eeoTM eepAï. nexe- HApxienicKonoc xe-fïA:^ née eKUAiy-xooc eTB6-
repousser la parole de Dieu sous quelque prétexte que ce soit. Aphou repartit : Que mon seigneur l'évêque ordonne (xeXeusiv) qu'on me lise ici sur-le-champ (on'toov = tic, tô laov) la lettre festale, parce que (èjtsiBïî) j'y ai entendu une expression (XéÇi;) qui ne concorde pas (aufA^wveïv) avec les Écritures (YP*=p'i) de l'Esprit Saint. Pour moi, je n'ai pas cru (TtiarstJetv) qu'elle fût venue de toi, mais j'ai dit : sans doute ([xiircoTe) les scribes (ijuYYpaœe'J?) se seront trompés en écrivant. Cette expression, beaucoup de gens pieux (sùueSyîç) ont été scandalisés par elle, en sorte qu'ils en ont été fort affligés. Aussitôt Apa Théophile l'archevêque donna un ordre (xsXeûav) et l'on apporta sur-le-champ (oniaov = zU tô taov) la lettre festale. Lors- qu'on eut commencé («px^i'') à lire, {page 10) on rencontra l'expression (XéÇiç) en question. Aussitôt Apa Aphou se prosterna en disant : Cette expression-là (XlÇtç) ne convient pas; mais (dlXXà) moi, je confesserai (6;ioXoY£ïv) que tous les hommes ont été créés à l'image (eîxwv) de Dieu. L'archevêque répondit : Comment (rtGç) se fait-il que toi seul tu réclames contre cette expression (XéÇiç) et qu'aucun autre ne réclame, qui soit d'ac- cord avec toi? Apa Aphou dit : Pour moi, j'ai la confiance (eappE^v) que toi tu seras d'accord avec moi et que tu ne me contrediras plus. L'archevêque
ORIENT CHRÉTIEN. 7
98 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
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JCe-KAI UHII UlinCA-Tpe-nHOTTe CUII-AIASHKH UIJIIUJ26 UMnCA-nKATAKATCUOC ^AqXOOC IIAq XG-neTII An«J2T
GBOA noTciioq nptoiie (îeMAne2T-na)q gboa enequA xe-iiTATTAum-npcoue 2iieiKUjii Onwovre. ne^ce- nApxienicKonoc a:6-'J-p-20Te ea:ooG erptoue
npeqiycDHG npGi\-{page 12) jan-eice :xe-c|)op6ï neiKU)ij
OniJOTTe nAHAOHC neTTHAeC. e^AqeuOOC eiBOA
iiqnApACKGTAï.e nA^ née KiiAueeve epoq uiinoroeiu nue ere-uepe-AAAT acooBeq. nexe-AcJiOT iiAq xe- eK^Aii2C6-iiAï ou ceuAXOoc enccjouA Dnexc eruxi
dit : Comment pourras-tu dire d'un nègre (1) qu'il est l'image (sixtiv) de Dieu, — ou {r^) d'un lépreux, ou (rj) d'un boiteux, ou (vi) d'un aveugle? Le bienheureux Apa Aphou répondit : Si tu profères de telles paroles, tu seras dans le cas de {page 11) t'inscrire en faux contre Celui qui a dit : Créons V homme à (xarâ) notre ressemblance et à notre image (sixtiv). L'archevêque répondit: Jamais de la vie! ([xtj ylvoixo-) mais {kXka.) je pense qu'Adam seul fut créé à sa ressemblance et à son image (sixtôv). Quant aux enfants qu'il engendra après lui, ils ne furent pas la ressemblance de Dieu. Apa Aphou répondit : Et pourtant (xa\ fjLrjv) quand Dieu a conclu alliance (ota9iîxï)) avec Noé après le déluge (xaxaxXuaiAo'ç) il lui dit : Quiconque répandra le sang d'un homme, le sien sera versé à sa place, car U homme a été créé à l'image (sîxojv) de Dieu. L'archevêque dit : Je crains de dire de l'homme, sujet à la maladie et à la (page 12) fatigue, qu'il porte (çpopsïv) l'image du Dieu impassible (àrïaOrjç) et simple (eùteXt]?). Puisque l'homme s'assoit en société et se fait servir (rrapaaxsuàÇeiv), comment concevras-tu Dieu avec la lumière véritable que personne ne peut approcher? Apa Aphou lui dit : Mais si tu dis cela, on dira du corps (aw[ia) du Christ que nous recevons que ce n'est
(i) Mot à mot : • d'un Éthiopien ».
DISCUSSION d'un moine AUDIEN avec THÉOPHILE d'aLEX. 99
OLioq xe-nroq am-ii« nïoTAAÏ r\p iiaxooc xe-flAi^ me K3CI QoroeiK eA-nKA?-TAToq gboa atcju evTtoo' Ouoq 2HOTZAce uuncujc MrniCTerfi epoq gkxi Ouoq 2ce-nAÏ-ne nctoii.v riii^:oeic. nex6-nAp\ienicKonoc iiaq xe-flTeïee cMi-tk. oToeiK-rap-ne aahoujc OnATiiTAAoq exu-iiHe'rciACTupioii eUIITpHIITAAOq esu-neeTCiACTTpiou n-rwe- {page 13) niKAAeï OnuoTTe ezpAï ea:u)ov noeiK ueii ^^Aq^ytorie ncujuA Qiiexc ATco nT6-nAnoT îytone nciioq kata ee QTAqxooc flHequAGHTMC xe-a:! nTeTiiovuuu nAÏ-ne nActuuA uuriACiioq atcjo ou TunicTeve. nea:6-AnA A(t)OV iiAq 3:6-nee ere-ovANArKAioii-ne enicTeve en aï ovAiJArKAioii-ne eniCTere eTeqegOTCiA xe-
nTAVTA[uie-on]pa)ue[KATA] niiie[uiiei]Ktoii [nmijovre. neiiTAqxooc rAp :s:fî-AiioK-ne noeiK fiTAqeï 6Boa eiiTne nToq ou neiiTAqxooc 2:e-n6TMAnaj2T gboa noTCiioq nptoue ceuAnezT-nojq gboa enequA xe- HTATTAUie (l)-npu)U6 2iioiKtoii nniJOTTG. 6TBe-neoov Ae Onuereooc nnovre {page 14) haï 6[Te-uiJ-]^o'ou
(1) Le texte fautivement : flTAVTAVTAll 16-
pas lui. Car les juifs diront : Comment se fait-il que tu reçoives du pain que la terre a produit et que l'on a cuit avec labeur, et qu'après cela tu croies en le recevant que c'est le corps (aw|j.a) du Seigneur? L'archevêque lui dit : Ce n'est pas de cette façon. Car c'est vraiment (àXrjâwç) du pain quand nous ne l'avons pas encore placé sur l'autel (ôuataa-criptov) : lorsque nous le plaçons sur l'autel et que nous {page 13) invoquons {lmy.a.kv.^) Dieu sur eux, le pain devient corps (aw^ia) du Christ et le calice devient sang, selon qu'il a dit à ses disciples (;j.a6YiT»5ç) : Prenez et mangez, car c'est mon corps (aôjfia) et mon sang, — et alors nous croyons. Apa Aphou lui dit : De même qu'il est nécessaire (àvayxarov) de croire (TîiaxEÛsiv) ceci, il est nécessaire de croire son autorité (âÇoua(a) : Vhomme a été créé à la ressem- blance et à l'image (sî/.i&v) de Dieu. Car Celui qui a dit : Je suis le Pain vivant descendu du ciel, est aussi Celui qui a dit : Quiconque répandra le sang d'un homme, le sien sera répandu à sa place, car l'homme a été crée à l'image (sîxtiv) de Dieu. Quant à la gloire de la grandeur ((jLéyEÔoç) de Dieu, {page 14) qu'il est impossible que quelqu'un voie à cause de sa lumière incompréhensible, et quant à la faiblesse et à l'imperfection
100 . REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
erpe-AAtVT ii[av e]poq eT[BB]-neqov[oeni] nATT[A2oq](l)
AVaj 6TBe-TUIITO'tOB U IITU llTeVT.eAHC DnptOUe KATA
ncTttJXB nT6(J)Tcic erucooTii q[uo]ot eiiueere fJTeïee 3^e-ne6 norppo eqMAKe\e're nc6ï,curpA(|)i noTeiKoiii ATOJ on ^Ape-oToij Hiu 2ouoAoreï Ouoc xe-eiKcoii Onppo— re. 2aua ag ou ggcootm TupoT xe-OT^ye-re iiiieeiinAepe ovAe rAp n^AAiiTc xoce au née CinAnptoue otag KiecuAA2*:e noe niiAneo Onppo otag
ou nGC^yA^kG AU flTGqZG AVCO UGÏO^COSiB TUpOV GTUUOC UGpG-AAAT p-UGTUeeTG GTp-ÎOTG 2HTC nTAUO(t)ACIG
Duppo :xG-Aqa:ooc xg-taï-tg ta- {pciSf6 15) eiKuiu.
(1) 0. von Lemm, l. c.
(onT£ÙT£XT)ç =: sù-riXeia) de l'homme, suivant (xaToE) les défauts de la nature (<pu(Tt?) que nous connaissons, nous pensons qu'il en est comme d'un roi qui ferait (xeXeuetv) portraicturer (Çwypaipeî'v) une image (eîxtiv) : chacun de confesser (ôjioXoYEtv) que c'est l'image (sîxoSv) du roi. Et cependant (Sj^a oé) tous savent bien que ce n'est que du bois afec des ingrédients, car ni (où5è yip) son nez n'est en relief comme celui de l'homme, ni {oùU) ses oreilles comme celles du visage du roi, ni (oùoé) elle ne parle comme lui : mais tous ces- défauts, qui sont siens, personne ne les fait remarquer, craignant la décision (àîiocpaat;) du roi, puisqu'il a dit : C'est mon {page 15) image (eîxwv). Bien plus ((xSXXov U) si quelqu'un ose (toX^aoev) nier (àpv£t(j9at) que ce soit l'image (elxiJjv^ du roi, on le met à mort parce qu'il a blasphémé le roi.
{A suivre.)
E. Drioton.
MELANGES
I
UNE LISTE DE CHRONOGRAPHES
(ms. syr. de Paris, n° 9, p. 165).
Le principal intérêt de cette liste consiste dans une épithète donnée au chronographe Jean, prêtre d'Antioche. Il était sur- nommé «i^i-x^ (Glybo). La lecture du ms. est certaine. A moins de supposer une faute de copiste, on ne peut donc pas lire cui-^(Glyco =: Glycon). — Glybo est peut-être un nom sémi- tique à rapprocher de m^^ « glaive à deux tranchants, etc. », Thésaurus Payne Smith, I, 722.
Nous n'avons pas trouvé trace ailleurs de cette épithète sinon, peut-être, dans l'abrégé arménien de la chronique de Michel le Syrien.
Cet abrégé arménien a conservé en première page (perdue en syriaque) une liste de chronographes souvent apparentée avec la nôtre (1).
L'arménien altère les noms propres, comme nous l'avons déjà noté à l'occasion des Pléropliories, cf. Revue de V Orient chrétien, t. IV (1899), p. 134-5. Notre liste permet donc de le corriger plusieurs fois. Lorsqu'il porte :
« L'Africain, Jésu, Hégésippe, .Juifs, écrivirent jusqu'à la venue du Christ », il est certain que l'Africain n'était pns Juif et que Jésu, inconnu, doit être remplacé par Josèphe cité
(1) La version de cette page arménienne a été donnée en tête de la chroni- que de Michel pour remplacer le premier feuilli't syriaque qui manque. Chronique de Michel, t. I, Paiùs, 1899, p. 1-2.
102 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
souvent par Michel. 11 semble donc bien que le texte arménien doit être remplacé par celui de notre auteur :
« Écrivains depuis Adam jusqu'au Christ : Africanos; Hégé- sippos; Josephos et Jude (Yhouda) qui écrivit sur les semaines de Daniel. »
C'est le nom propre Jude qui a fourni l'épithète Juifs appli- quée aux trois écrivains précédents.
Lors donc que l'arménien porte :
« Jean d'Antioche et de Djebel, Théodore le lecteur, de Cons- tantinople, et Zacharie, évêque de Mélitène, écrivirent à partir de Théodose jusqu'à 'Justinien l'Ancien », nous avons motif de voir encore là un texte parallèle au suivant :
« Et depuis Théodose jusqu'à Justinien l'Ancien : Jean, prê- tre d'Antioche, qui est surnommé Glybo ; IhéodovQ, lecteur de l'église de Constantinople ; Zacharie, évêque de Mélitène ».
L'arménien vient ainsi confirmer la lecture Glybo puis- qu'elle conduit, par simple métathèse, à Djebel (a^^»-^ pour
Voici maintenant toute la note syriaque telle qu'elle a été ajoutée sur la page 165 du ms. syriaque n°9, du xiif siècle (1) :
TEXTE SYRIAQUE
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(1) Ce manuscrit renferme des fragments de tout l'Ancien Testament accom- pagnés de nombreuses notes marginales d'ordinaire exégétiques, V. Catalogue des inss. syriaques de Paris, p. 2 à 3.
MÉLANGES. 103
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^JL<.-J90 :)..A„aD/9 > t mO iO :|..*JL^I^ jÎQuoo ;v.«,i » ^.»IS^w>.^;
1. Lire : |_»j»jii.»a4.
TRADUCTION
De saint Epiphane de Chypres sur les écritures des langues (1).
Parmi les 72 langues qui furent confondues à Babel, il y en a main- tenant 15 qui connaissent l'écriture.
Cinq de Sem : les Hébreux, les Syriens, les Babyloniens, les Perses et les Arabes.
Quatre de Cham : les Égyptiens, les Couschites, les Phéniciens et les Hindous.
Six de Japhet : les Grecs, les Romains, les Arméniens, les Ibères, les Mèdes et les Alains.
Combien d'écrivains écrivirent Vhisloire ecclésiastique depuis Adam Jus- qu'au Christ.
Africanos, Hégésippos, Josephos et Jude (Yhouda) qui écrivit sur les semaines de Daniel.
Et depuis le Christ jusqu'à Vempereur Constantin le Grand.
Eusèbe de Césarée; Sabinus l'arien; Rufin de Rome.
Et depuis Constantin le Grand jusqu'à Théodose le .Jeune.
Sozomène (2) et Socrate et Théodoret.
(1) Voir une liste un peu différente dans Michel, Chronique, I, 32.
(2) L'arménien porte, à tort, Zosime, dans IMichel, Chronique., p. 2.
104 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
Et depuis Théodose le Jeune jusqu'à Juslinien l'Ancien.
Jean, prêtre d'Antioche, qui est nommé Ghjbo : Théodore, lecteur de l'église de Constantinople; Zacharie, évêque de Mélitène; Qoura de Batna (1); Jean d'Asie et Daniel du Tour 'Abdiu (2). Fin de ces choses.
Ajoutons une interprétation mytliologique,, assez étendue, qui figure en marge à'Isaïe, xviii, 2, au fol. 264\
ôt ,>o, .»» '.sjooy *=xa. o ^^e» scci^i/o ^«.^099 jvi/o j.>CS,«> n^t^rù'
Ô|\ rtliO s«.^^90*^)J Ô|>0„.«»O .|oO( ^.,«<=>.»0 }y.'~»y )oO| ^0|oK^/o
....^«.^90VâJJ Ôt^ffllO jjQ^oK^ oi!Sw^^^>o )i/
"0[jLir]pa 7.ai ïr.iQzolkç j3i6X(vaç, c'est-à-dire : Aphrodite était de Sicile et du pays de Rome, et Ares (Mars), qui était de Chypre, aima Aphrodite en Sicile et la prit pour femme. Et il y avait à Biblos un homme nommé en grec Adonia et, chez les Syriens, Tamouza (3), et il était chasseur et il était beau, et il aima Aplirodite et il l'enleva en secret de Chypre et il s'enfuit à sa ville.
Lorsque Ares (Mars) l'apprit, il vint, il tua Tamouza et il prit Aphrodite....
II
LEQUEL DES IBN AL-'ASSAL EST L'AUTEUR
DU NOMOCANON?
Les Ibn al-'Assal vivaient au Caire au xiii'' siècle, époque où
(1) ■' Écrivit àÉdesse, jusqu'à la mort de Tibère, en 14 livres. » Michel, Chro- nique, II, 356. — Il n'est pas impossible que Qoura ait donné Gouria dans le résumé arménien, bien que ce dernier soit censé avoir écrit jusqu'à Héraclius, ibid., I, 2.
(2) « Daniel, (ils de Jloïse, du Tour 'Abdin, écrivit des récits qui imitent l'his- toire ecclésiastique. » Michel, Chronique, II, 358.
(3) Sur Thammuz ou Adonis voir Dictionnaire de la Bible, par F. Vigoureux, t. V, 2144.
MÉLANGES. IT»
la littérature arabe chrétienne était florissante en Egypte. Les écrits qu'ils nous ont laissés ont mis très haut leur réputation dans l'histoire de cette littérature. C'étaient trois Irères : Al- As'sad Abou'l-Farag, Abou-Ishaq et As-Safî Abou'l-Fadà'el Ibn al-'Assal. (Le P. Malon, Mélanges de la Faculté orientale de Beyrouth^ an. 1906, p. 122).
Le triste état de l'Église copte sous le patriarcat de Cyrille III (1-235-1213) provoqua une réforme dans cette Église. De là, entre autres conséquences de cette réforme, la célèbre collec- tion de Canons (Nomocanon), compilée par Ibn al-'Assal.
D'aucuns, tels le grand J. S. Assemani (1), Et. Asse- mani (2) et Zotenberg (3), attribuent cette collection à Abou- Ishaq Ibn al-'Assal. D'autres, tel le savant orientaliste Ign. Guidi, l'attribuent à son frère AI-' Assad (1). Certains, enfin, comme le R. P. Malon (5) et M. le baron de Slane (6), dési- gnent As-Safi Ibn al-'Assal comme auteur de cette compilation.
La dernière opinion, à ce qu'il nous semble, est la seule vraie. Elle se trouve être étayée de bons documents historiques.
En effet, 1") nous avons vu à la Bibliothèque Vaticane un exemplaire de ce Nomocanon, daté de l'an 1050 des Martyrs (1334 de l'ère chrétienne) (7), où nous lisons : Nous commen- çons avec l'aide et V assis tance de Dieu à copier la collection de canons, que le Cheikh et le chef Vertueux, le docte et le travailleur As-Safî Ibn al-'Assal eut soin de compiler.
2") Le célèbre écrivain copte Abou'l-Barakat, connu sous le nom d'Ibn Kibr et qui vivait au xiv** siècle, fait, dans son livre intitulé i^A^l J^\^'L^\ ^L^ (le flambeau des ténèbres et
l'explication du Ministère [ecclésiastique]), l'énumération des titres du Nomocanon en question et témoigne que l'auteur en est As-Safî Ibn al-'Assal (8). Ajoutez qu'lbn Kibr avait quatre-
(1) Cf. une note écrite de sa propre main au commencement du Cod. Ms. Vat. Arab. 151 de la Vaticane.
(2) Bibl. Med. Laur. et Pal. cod. Mss. Or. cat., pp. 98-100; cf. aussi A. Mai : Scriptorum Veterum nova coUeclio, t. IV, p. 283.
(3) Cat. desMss. Syr. de la Bibl. Nat. de Paris, p. 171, n" 225.
(4) Fetha Nagast ("traduction italienne), 1" page de, l'Introduction. • (5) L. c.
(6) Cat. des Mss. arab. delà Bibl. Nat. de Pans, n, 245.
(7) Mss. Vat. arab. 492.
(8) Mss. de la Vaticane, Vat. arab. 623, pp. 181-182 et 238.
106 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
vingt-dix ans lorsqu'il mourut en 1079 des martyrs (1363 de l'ère chrétienne), et son témoignage sera d'une importance extrême, je dirais décisive, attendu qu'il devient à tout le moins contemporain des contemporains d'Ibn al-'Assal.
P. DlB.
III LES MIRACLES DU SAINT ENFANT CYRIAQUE
(Suite) (1)
TEXTE
V. — (F. 41 v° a, suite) -Irhrôih • A-na-d : flJA4»^.ft • *feC
-thr^c •' flïA^ ï hst^tn .. 'Î4. (F. 41 v° b) ^ î (orà^c • ïih
î^A"* •■ atm.ïï'P ' et/A- ! rAA • ... (2) A«/A</» •■ «JAM •■ K'^'To»- • nî\A"^h : J&Chni î A^*4»ïl ï A«/A<^ • 'ÎA?» :•:
fl»ïi> ! fiôdAîh ! rH<: •• "Tin ! 1/7^ •■ ^n-i> -■ co^tf»- .- \\ao î je.^ A^r7i : KîfiA .• n (F. 42 r a) idc:?' • <w»fth^:9" : (Diy?:dx • -i
n ï «^d^lC :•: atatu-a?* • XhA • AM^ * A.^/J.C 1 (oaM • (O
îi^/wieT : -lin ! -diluC? :•:: fllAh^wi : A.^lh-nïl- ! ^[r/i]a>«C l»-Ai- î 9^^^*? î h<wï : K'^'P ! 'ï'P.e.f :•: flïrH^ : fDflX'rh -lll^ ï Kn-U- :: aije,n,A»a«>- : KA4»rh.5: :•: flï^n. (F. 42 I" b) A P ! ^.f ^»1A •• M •• OïAhî: : ^flJ&Çh ■ J&n.AP :•:
(1) Cf. ROC, 1913, p. 119; 1914, p. 93.
(2) Ici et plus bas, les noms propres ont été effacés.
MÉLANGES. 107
flinX-rh. ï -lin î «tlrh.^: •• H^S. :•: AiVî-f •• îiftïl- î TdC^. î (F. 42 V» a) ^ao .- ^jb^«ï :.;: fl)je,n.A- * KA- s A-OK • A»^«'fr s rh
n^A • Kj^*! ï hs^^^^ • n^r Ah ■ ^sa j «èc^a • i-'n'h
KJ^*75: • rh/. î -lin : K'7'P^ ï (1) H<wi.s. î ffl-lin • ^^
ii. ! (2) fl)<:hn î -HK-n ■ (3) akj^'I ï ©t/Af • h<w> : jR-jAifi :•::
flihA^ • 4» (F. 42 v« b) -S-A • *feC4iA ■ '^TAflJ •• Xiao : /i,j&'j Aïi •• -Hd-fl :•: (4)
Olî^rirh : tDrK^ s fl'JA = h.ï^'*7 " h<W> : J&'V/*'/' : fll^hOO»- !
c*A î iun '
RA-* ! a)fl<:h* : f/A- î 9"AA ! l-fK- : ... (F. 43 r° a) A
TRADUCTION
V. — (F. 41 v° a, suite) Miracles du bienheureux et saint Cyriaque, enfant, martyr de Jésus-Christ, combattant, thau- maturge (6), fils de Juliette, élu (F. 41 v" b) et {bien) élevé, étoile de gloire au milieu du ciel et de la terre.
(1) Ms. : hat'pC (métathèse).
(2) Ms. : jÇJ^U- {sic).
(3) Ms. : "H-Aïi (ici et plus bas, métathèse).
(4) Ms. : tl-nô.
(5) Ms. : mliU-ttô.
(6) M. à m. : auteur de miracles.
108 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
Que sa prièt^e et sa bénédiction soient avec... (1) pour les siècles des siècles/ Amen.
Il y avait un homme doux {lequel était) prêtre, veuf (2), serviteur de Cyriaque. — Ayant confiance en ta prière, {nous te demandons) de nous regarder pour tes enfants pour les siècles des siècles. — Un jour, il allait au pays de son père et de sa mère, afin d'emprunter du blé (3), au (F. 42 r" a) mois de Maskaram, et de parvenir [ainsi] à {attendre) la moisson (4). On lui avait donné du blé pour la yiourriture du dîner. Il mangea. Il chargea sur son âne deux {sacs) de sel comestible. [Il dit) : «i Si j'obtiens l'emprunt, je retournerai à mon pays. {Mais) si je ne {ly obtiens pas, j'irai au marché, afin de vendre mes biens ». Il s'en alla. Il arriva au pays de son père {et de sa mère). Il leur dit : « Prêtez-moi (5). » Ils lui (F. 42 r" b) direfit : « // n'y a pas assez {de blé) pour nous et pour toi. N'oies te refusons (6). »
// alla au comptoir (7), afin de vendre {ses biens). Un {de) ses parents le rencontra au marché. {Il lui dit) : <i Ne vends pas et n'engloutis pas tes biens. Moi-même je te prêterai (8). » Il lui obéit {et) alla avec lui.
Ils arrivèrent au pays de son parent. {Il dit à son parent) : « 0 mon freine, de grâce, reposons-nous un peu et donnons à manger de l'herbe à notre âne. » Tandis qu'il mangeait, (F. 42 v° a) l'âne fut enveloppéfde ténèbres. Les {deux) hommes (9) dirent {ainsi) : « Oii notre âne est-il allé? » — « Lève- toi, mon fî^ère. Cherchons notre âne », dit le maître de l'âne à {son parent) (10). « Je ne {le) chercherai pas. Je me mets sous la protection du Dieu de saint Cyriaque », dit {Je varent)
(1) Cf. p. 106, note 2,
(2) Dillniann, dans son Lea\ œth., col. 75(3, ne donne au mot TiflC que les significations suivantes : grandœva, anus; vidua, -/vîpa (ce dernier sens est le plus Créquent).
(3) M. à m. : nourriture, céréales.
(4) M. à m. : il parvint â la moisson.
(5) Ici et plus bas, le verbe NA^^/h, II, 2 n'a pas le sens causatif.
(6) Dans le ms., dittologie de jeftAî^, Us lui dirent.
(7) Mot étranger : hycf"Tr = àstràpiov.
(8) Cf. supra, note 5.
(9) M. à m. : ces hommes.
(10) M. à m. : leur dit le maître de l'âne.
MÉLANGES. 109
au maître de l'âne. Il dormit et passa la nuit, {sans chercher l'âne).
Quant à l'âne, il alla vers le voisinage de [la maison) du parent [de son maître) et vers sa porte. Une hyène ren- contra l'âne. Elle songea à le mordre. {Mais) (F. 42 v° b) saint Cyriaque r{en) empêcha. Il remplit la fonction de berger, afin que la hyène ne le mordît pas.
Il fit jour. Le maître de l'âne alla le chercher. Il trouva Vâne et la hyène, s'accordant comme des compagnons. Le maître se réjouit fort. Il s'en alla, après avoir chargé Fane, {et) retourna à sa maison. Il raconta tout ce qui était arrivé et ce que (1) saint Cyriaque enfant avait fait pour lui.
Que sa prière et sa bénédiction soient avec son servi- teur... (2) (F. 43 r" a) pour les siècles des siècles! Amen.
(A suivre.)
Sylvain Grébaut.
Neufmarché (Seine-Inférieure), le 11 mai 1916.
(1) M. à m. : comment.
(2) Cf. p. 106, note 2.
BIBLIOGRAPHIE
Rev. Samuel A. B. Mercer, The Ethiopie Lilurgy, Us Sources, develop- ment and présent Farm, Londres, Mowbray, 1915, 8°, 488 pages. Prix I $ 50, franco : 1 $ 65.
Le Rév. Charles Reuben Haie, évêque coadjuteur de Springfield, aux États-Unis, a laissé des fonds au séminaire de Théologie de Chicago pour imprimer les cours qui y seraient professés sur divers sujets ecclésiasti- ques, à condition d'intituler cette collection « The Haie Lectures ».
Le présejit volume appartient à cette collection. M. Mercer, après quel- ques généralités (1-13) sur la liturgie, étudie (36-139) les plus anciennes formes de la liturgie chrétienne et son développement jusqu'au début du V« siècle dans le Nouveau Testament, la Didachè, les Pères Apostoliques, pour aboutir à la liturgie grecque de saint Marc que l'auteur reconstitue et édite (117-137) comme la fojrme probable de la liturgie éthiopienne pri- mitive; il expose ensuite (139-294) les développements de la liturgie éthio- pienne. Tous les manuscrits conservés, qui ont souvent été écrits pour l'usage de quelques particuliers, présentent des différences avec la litur- gie actuelle. Pour obtenir un texte authentique, l'auteur, par l'intermé- diaire du consul anglais à Addis-Ababa, a demandé au métropolite de l'Abyssinie, Abonna Mathieu, de lui adresser une copie du texte usuel. C'est la partie principale de ce texte, à savoir Vordo comn^unis et l'ana- phore des douze apôtres, que M. Mercer reproduit à l'aide de la photogra- phie (391-466) et traduit en anglais (295-373).
Des notes sur le texte éthiopien (375-390) et des tables complètent l'ou- vrage.
C. Angel Gonzalez Palencia, Bectificacion de la mente, tràtado de logica por Abusait de Dénia; Texte arabe, traduction espagnole et étude préli- minaire, 8°, 138 et 54 pages, 4 pesetas, Madrid, 1915 (édition de la section des études historiques de la Société pour le développement des études et des recherches scientifiques).
Abousalt Omeya ben Abdelaziz ben Abisalt est né à Dénia, port situé sur la Méditerranée, entre Valence et Alicante, en 460 de l'hégire (1067- 1068 de notre ère) ; il est mort en 1 134 : c'est donc un auteur d'origine espagnole^ contemporain d'Algazel (1058-1111) et immédiatement anté- rieur à Averroès (1126-1198).
La plus grande partie de sa carrière s'est déroulée en Egypte, en
BIBLIOGRAPHIE. 111
Syrie et en Tunisie : il a cultivé la poésie, l'histoire, la médecine, l'astrono- mie et la philosophie.
M. P. nous retrace sa carrière et les études philosophiques à son époque; ensuite il décrit, édite et traduit le manuscrit de la Logique, conservé à TEscurial sous le numéro (Uô. C'est un résumé de VIsagoge de Porphyre et des quatre premiers livres de VOrganon d'Aristote, qu'Abousalt a sans doute connus par une version arabe.
Abousalt, philosophe, médecin et astrologue, n'était pas tendre pour ses confrères, d'après les anecdotes consignées par lui et transcrites par Gré- goire Bar-Hébraeus dans son Histoire des dynasties, Dyn. rx, éd. Pococke, texte, p. 375, trad.,p. 246.
« Lorsque j'entrai en Egypte en l'année 510 (1116), dit Abousalt, j'y trouvai un médecin d'Antioche nommé George, à qui on donnait le nom de pliilosophe avec autant d'à-propos qu'on donnerait au corbeau le nom d'Aboul-Bida (le père de la blancheur). » Après ce piquant début, il entreprend le médecin juif égyptien Aboul-Chair Salama ebn-Rahmoun, « tellement malheureux que trois entraient simultanément chez le malade, à savoir le médecin Aboul-Chair, le cercueil et l'ensevelisseur ». Il termine par l'astrologue Rezq-AUah, chef dés astrologues égyptiens, et lui fait raconter qu'un jour il avait tiré Fhoroscope d'une femme égyptienne et lui avait annoncé une perte d'argent. « Tu as bien raison, lui dit cette femme, je viens de perdre l'argent que je t'ai donné. »
Ces anecdotes, conservées par Bar-Hébraeus, nous font regretter la perte de la Risala al-Mîsria (Description de l'Egypte) dont elles sont extraites. En attendant qu'un heureux hasard nous en rende un manus- crit, remercions M. P. d'avoir édité le traité de logique.
Miscellanea de estudio y testas Arabes :
R. Besthorn, El anonimo de Copenhague y el de Madrid.
Prieto Vives, La Reforma numismatica de los Almohades.
Gonzalez Palencia, Noticia y extractos de algunos manuscrites arabes y aljamiados de Toledo y Madrid.
M. Alarcon y C. A. Gonzalez Palencia, Appendice a la edicion Codera de la « Tecmila » de Aben al-Abbar.
M. Alarcon, Carta de Abenaboo en arabe Granadino (estudio dialectal). 8°, xvi-752 pages, 15 pesetas, Madrid, 1915 (édition de la Section des études historiques).
M. Besthorn (p. 3-9) compare deux manuscrits arabes anonymes dont il ne donne pas les cotes, conservés l'un à Copenhague et l'autre à Madrid, relatifs tous deux aux événements survenus en Espagne de 1170 à 1263. Ces deux manuscrits, très importants pour l'histoire de l'Espagne arabe, offrent tant de différence qu'il est à désirer de les voir éditer séparément, sans chercher à les fondre dans une unique édition.
M. P. Vives étudie la numismatique des États arabes hispano-africains du xii'= au XV'' siècle, au temps des califes Almohades (1130-1269) et des Benimerines (1196-1423).
112 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN.
Il reproduit plus de cent pièces, et donne la transcription des légendes avec des variantes fournies par les monnaies simulaires (p. 11-114).
M. Palencia décrit (p. 115-145) dix manuscrits qui contiennent le Coran, un traité de droit, des hadiths, des sujets religieux et une traduction arabe des évangiles. Les manuscrits sont en général du xvf siècle.
Le dernier document, reproduit et étudié, né comprend que neuf lignes ; son intérêt provient de ce qu'il est écrit dans le dialecte arabe vulgaire de Grenade (p. 691 à 752).
Mais la partie principale de ce volume (p. 147-690) est formée de textes arabes qui complètent une publication antérieure de M. Codera. Ce savant — le doyen actuel des arabisants espagnols — a édité dans sa Bibliotheca Arabico-Hispana, t. V et VI, des biographies arabes de savants espagnols d'après deux manuscrits de Madrid, n'"' 1675 et 1678. Ces deux manuscrits étaient incomplets et ne donnaient parfois que des résumés.
La découverte d'un manuscrit plus complet, meilleur et plus ancien (.xui^ siècle), conservé au Caire dans la Bibliothèque particulière de Soliman pacha, a permis à MM. Alarcon et Palencia de compléter l'édition de M. Codera. Ils donnent in extenso les biographies nouvelles ou qui présentent de trop nombreuses variantes (p. 149-413) et ajoutent ensuite les principales variantes relatives aux autres biographies (p. 414-611). Des tables (p. 613-690) terminent ce travail considérable.
F. Nau.
Le Directeur-Gérant F. Charmetant.
Typographie l'irmin-Didot et C". — Paris.
LA DISCUSSION D'UN MOINE ANTHROPOMORPHITE AUDIEN
AVEC LE PATRIARCHE THÉOPHILE D'ALEXANDRIE
EN l'année 399 (Fin) (I).
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